LA MÈRE ET LA FILLE
Comme il est saisi !
THÉODORE
Écoutez-moi , mais surtout promettez-moi d'être tranquilles; voici le fait. J'étais occupé dans cette pièce voisine à lire les papiers publics, lorsque toutà-coup un grand bruit s'élève dans la rue. j'y vole : que vois-je? une foule immense devant l'auberge de madame, des gens de loi, tout leur sinistre cortège. . . Au même instant, ces mots, sentence, fuite, saisie, frappent mon oreille. Les cruels vous poursuivent jusqu'ici.
AUGUSTE
Juste ciel !
LA MÈRE
O mes enfants !
CAROLINE
Voilà mes pressentiments.
THÉODORE, frappant du pied d'impatiener, cl pleurant. Eh ! non, non. Si j'avais des malheurs à vous apprendre, serais-je si tranquille?
CAROLINE
Vous tranquille, monsieur! eh ! vous êtes en larmes.
THÉODORE
Mais, c'est votre faute, mademoiselle ; pourquoi pleurez-vous tous? remettez-vous et écoutez-moi jusqu'au bout.
AUGUSTE
Écoutons, écoutons, ma mère.
THÉODORE
\a milieu de cette troupe maudite était notre brave hôtesse^ qui criait à tout le monde : « Arrêtez, ar- » rêtez , que faut-il à la justice, à l'injustice? de l'ar- » gent, des sûretés, toute ma maison? Parlez, mon » mari est instruit de îout , il se charge de tout , il » répond de tout. » L'époux arrive, sa femme se jette dans ses bras et lui crie : « O mon cher, mou bon » mari , ne souffrez pas qu'on outrage chez vous la » veuve d'un brave officier, qui ne vécut que pour » nous défendre , qui mourut en nous défendant, et » et dont les enfants nous défendront encore. Payons, » mon ami, c'est une dette sacrée, payons au nom de » la patrie. »