M. DE VÀLCOURT, MARIANNE, DOROTHÉE
Marianne. Eli bien! mon papa, vous voilà déjà de retour de votre promenade?
m. de valcoürt. Je cherche mon maudit chapeau. Je ne sais où je l’ai laissé.
dorothée, cherchant des yeux. Tenez, tenez, le voici. 0 Elle le lui présente.)
m. de valcoürt. Tu ne pouvais pas avoir l’avisement de me le porter?
dorothée. Il faut que je sois aveugle, pour ne l’avoir pas vu.
Marianne. Qui peut penser à tout?
m. de valcoürt. Effectivement, il y a tant de choses qui t’occupent!
Marianne. C’est que le pauvre Frédéric m’est revenu dans la tète.
m. de valcourt. N’entendrai-jc jamais que ce nom siffler à mes oreilles?
Marianne. Eli bien ! mon papa , n’en parlons plus. Ne voudriez-vous pas aller continuer votre promenade avant le serein ?
m. de valcourt. Non , je ne veux plus sortir. ( Marianne et Dorothée se regardent en branlant la tête d'un air mécontent.) Il est trop tard. Aussi bien on vient de me dire que mon ancien cocher est en bas , et qu’il veut me parler.
MARIANNE et DOROTHÉE. Pétrel?
m. de valcourt. Quelque dommage qu’il m’ait causé,* le mal est fait, et il en a été assez puni. Je veux savoir ce qu’il a à me dire.
Marianne. 11 pourrait bien attendre que vous fussiez revenu de votre promenade.
m. de valcourt. Non, non ; j’en serai plus tôt débarrassé. Dans le fond.... ( Marianne et Dorothée se parlent en secret. A Marianne ) Lorsque votre père , [à Dorothée ) lorsque votre oncle vous parle , il me semble que vous devriez l’écouter. Dans le fond.... ( Dorothée veut s’esquiver.) Où allez-vous, Dorothée ?
dorothée, embarrassée. C’est que j’ai besoin de descendre.
m. de valcourt. Eh bien! dites à Pétrel de monter. ( Dorothée sort. )