DIEU TE VOIT
essayer s’il saurait aussi coucher en joue et ajuster.
« Le bout de son fusil était tourné par hasard vers le jardin de M. Dubois. Au moment où il allait fermer l’œil gauche pour viser, un caillou lancé par Silvestre vint le frapper droit à cet œil. Gaspard, d’efïroi et de douleur, laissa tomber son fusil. Le coup partit, et aye! aye! on entendit des cris dans les deux jardins.
« Gaspard avait reçu une pierre dans l’œil. Silvestre reçut toute la charge du fusil dans une jambe. L’un devint borgne , l’autre boiteux ; et ils restèrent dans cet état toute leur vie.
fabien. Ah ! le pauvre Silvestre ! le pauvre Gaspard ! que je les plains !
m. de la ferrière. Us étaient effectivement fort à plaindre. Mais je suis encore plus sensible au malheur de leurs parents, d’avoir eu des enfants indociles et disgraciés. Dans le fond, ce fut un vrai bonheur pour ces deux petits vauriens d’avoir eu cette mésaventure.
fabien. El comment donc , mon papa ?
m. de la ferrière. Je vais te le dire. Si Dieu n’avait de bonne heure puni ces enfants , ils auraient toujours continué de faire le mal lorsqu’ils se seraient vus seuls ; au lieu qu’ils apprirent par cette expérience que tout le mal que les hommes ne voient pas , Dieu le voit et le punit.