SI LES HOMMES .NE TE VOIENT PAS
bois s’en était aperçu , et lui en avait fait de vives réprimandes, en le menaçant de le châtier s’il y revenait jamais. Mais, par malheur, cet enfant ignorait , ou n’avait pu se persuader qu’il ne faut pas faire le mal , même lorsqu’on est seul , parce que Dieu est toujours auprès de nous, et qu’il voit tout ce que nous foisons. Un jour que son père était sorti, croyant n’avoir pas de témoin, et qu’ainsi personne ne le punirait , il remplit sa poche de cailloux, et se mit à les lancer de tous les côtés.
«Dans le môme temps, M. Vemeuil était dans son jardin avec Gaspard son fils.
« Gaspard avait le défaut de croire , comme Silvestre , que c’était assez de ne pas faire le mal devant les autres, et que lorsqu’on était seul, on pouvait foire tout ce qu’on voulait. Son père avait un fusil chargé, pour tirer aux moineaux qui venaient manger ses cerises, et il se tenait sous un berceau pour les guetter. Dans ce moment , un domestique vint lui dire qu’un étranger l’attendait dans le salon. Il laissa le fusil sous le berceau , et il défendit expressément à Gaspard d’y toucher. Gaspard se voyant seul, se dit à lui-même : Je ne vois pas le mal qu’il y aurait à jouer un moment avec ce fusil. En disant ces mots, il le prit, et se mit à faire l’exercice comme un soldat. Il présentait les armes , il se reposait sur ses armes : il voulut