SUZETTE , ADRIEN
süzette. Oh! je partagerai aussi toujours avec toi. Mon pauvre Adrien , qui m’aurait dit que je te verrais un jour si à plaindre !
adrien. Ah! ma chère Suzettc! c’est bien crue aussi de tout perdre dans une nuit !
I suzette. Consolç-toi, mon ami. Ne te souviens-tu 46 ■ j
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pas combien nous avons été heureux ici, quand nous étions encore plus petits que nous ne le sommes , tiens , pas plus hauts que ce buisson làbas? Eh bien! nous le serons encore. Crains-tu que rien te manque , autant que j’en aurai?
adrien, lui ‘prenant la main. Non, je ne le crains pas. Mais c’était moi qui devais un jour te mettre à ton aise , te marier lorsque tu serais grande , et prendre soin de tes enfants comme des miens.
suzette. Eh bien! ce sera mon affaire, au lieu d’être la tienne : quand on s’aime , c’est toujours la même chose. Je te donnerai les plus belles fleurs de notre jardin ; tous les plus beaux fruits que je pourrai cueillir, je te les apporterai ; je te donnerai aussi mon lit, et je dormirai à terre auprès de toi.
adrien, se jetant à son cou. Mon Dieu! mon Dieu! ma chère Suzette ! combien je dois t’aimer !
suzette . Tu verras aussi comme j’aurai soin de ta petite Julie ! Je serai toujours entre vous deux. Quand on s’est nourri du même lait , n’est-ce pas comme si l’on était frère et sœur?
adrien. Oui, tu seras toujours la mienne ; et je ne sais laquelle j’aimerai le plus, de Julie ou de toi. Je te présenterai à mon papa et à maman, pour que tu sois aussi leur fille. Mais, mon Dieu! quand reviendront-ils?
suzette. Pourquoi t’inquiéter? Tu sais bien que mon père les a mis hors de danger?
L’INCENDIE
Adrien. C’est que mon papa est comme le tien. 11 aura aussi voulu sauver à son tour ses amis. Il se sera peut-être rejeté au milieu des flammes. Je tremblerai toujours pour lui jusqu’à ce que je le revoie. J’entends du bruit derrière la colline. Oh ! si c’était lui !