‹ Choix de petits drames et de contes tirés de BerquinChapitre 59 sur 102 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

ADRIEN , toujours évanoui ; GODEFROI , appliquant son oreille au nez d’Adrien.

godefroi. Non, non; il n’est pas encore mort; il renifle. Oh! s’il était mort, j’irais me jeter dans le premier puits. (Il lui crie dans l’oreille.) Adrien! Monsieur Adrien!... Si je savais comment le faire revenir ! ( Il lui souffle sur le visage. ) Bah ! j’y perdrais mes poumons.... C’était bien bête aussi de ma

L'INCENDIE

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part ; mais c’est encore plus bête de la sienne. Je lui disais de ne pas s’effrayer. Tous ces enfants de grands seigneurs sont comme des boules de savon qui crèvent de rien.... Adrien! Monsieur Adrien! Il ne m’entend pas. Ma femme est morte , et j’en ai eu bien du regret ; mais mourir parce qu’un autre est mort, il n’y a pas de raison à cela. [Il le secoue encore. ) Il ne revient pas cependant ! ( Il tourne la vue de tous côtés.) Ah, bon! voici une fontaine! je vais y puiser de l’eau dans mon chapeau. Je lui ferai une aspersion qui le fera bien revenir. (Il court à la fontaine. En même temps , arrive d’un autre côté M. de Cressac, donnant le bras à sa femme , et tenant Julie par la main. Godefroi l’aperçoit , et, de frayeur , laisse tomber son chapeau plein d'eau. Il s’arrête un moment , confus et stupéfait; puis il court à toutes jambes vers l’autre côté de la colline , en s’écriant:) Ah! Dieu me pardonne! s’il va trouver son fils mort, me voilà à tous les diables.

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