SCÈNE PREMIÈRE
BRAS -CROISÉS, soldat, et le PRÉVÔT du régiment.
On entend dans le lointain un bruit de musique militaire.
bras-croisés, se réveillant. Que le diable emporte ces maudits tambours ! Je me suis fait mettre au cachot pour dormir à mon aise, et voilà une aubade qui vient me réveiller. (Il prête l'oreille.) Mais quoi! n’est-ce pas une exécution?
le prévôt. Tu ne sais donc pas le malheur du pauvre George ?
bras-croisés. De George * dis*tu? cela n’est pas possible.
le prévôt. Cela n’est pourtant que trop vrai. 11 a déserté hier au soir.
bras-croisés. Lui ? le plus brave soldat de la coin* pagnie ! Il y a longtemps que je ne fais que passer et repasser le guichet , je ne l’ai jamais vu une seule fois en prison.
le prévôt. Il n’est personne qui ne soit étonné
de cette aventure. Quand on l’a rapportée au colonel, il n’a jamais voulu le croire. Tout le régiment en est resté confondu. Les grenadiers sont allés demander sa grâce au conseil de guerre ; mais il l’a refusée pour l’exemple. On n’a pu obtenir qu’une modération de la peine; et il en sera quitte pour faire un tour par les verges. Cela doit être fini à présent. ( On frappe à la porte. ) le prévôt. Qui est là?
la terreur , du dehors. Ami ! La Terreur. ( Le prévôt ouvre la parte. La Terreur entre en sanglotant. )