‹ Choix de petits drames et de contes tirés de BerquinChapitre 90 sur 102 · LE COLONEL , LE CAPITAINE , LE SERGENT · texte numérisé non relu

LE COLONEL , LE CAPITAINE , LE SERGENT

le colonel. Que signifie tout ce vacarme?

le prévôt. C’est le bailli qui vient ici vomir des grossièretés contre ces honnêtes paysans.

le colonel, au bailli. Etes-vous ce méchant homme? Restez. J’aurai deux mots à vous dire. ( Au capitaine.) Lequel des deux est le père? (en montrant du doigt Marcel et Thomas. )

le capitaine, lui présentant Marcel. Le voici, mon colonel.

le colonel. Je vous félicite , mon ami. Vous pouvez sentir de l’orgueil d’avoir un tel fils. ( Il s’avance vers George. ) Permettez que je vous souhaite toute sorte de prospérités. ( En l’embrassant. ) Monsieur , vous ôtes mon égal. Je donnerais toutes les actions de ma vie pour celle que vous avez faite aujourd’hui. ( Au prévôt. ) Il est libre. ( Prenant une épée des mains du sergent. ) Vous ôtes capitaine. Le

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roi, qui vient d’apprendre avec transport votre dévouement généreux , vous élève tout d’un coup à ce grade , sur les bons témoignages que le régiment entier a rendus de vous. ( En lui présentant une bourse. ) Recevez ceci de sa part , pour servir à votre équipage. Vous serez admis ce soir même à faire votre cour à Sa Majesté. ( George veut lui baiser la main. )

le colonel. Que faites-vous? Non, monsieur.

Souffrez plutôt que je vous embrasse.

le capitaine, l’embrassant aussi. Vous savez, mon camarade , quelle part je prends à votre avancement. Je suis fier de vous avoir eu dans ma compagnie.

maiicel et Geneviève , tombant aux genoux du colonel. O monseigneur , que Dieu vous récompense !

le colonel , en les relevant. Ce n’est pas à moi , mes enfants, c’est au roi, c’est à votre fils, que vous devez tout. ( George se jette dans les bras de ses parents , et les embrasse tour à tour ; puis s’interrompant tout à coup ; Je vous demande pardon , mon colonel.) . i

le colonel. Que dites-vous , monsieur ? Ah ! vous méritez bien de goûter les plus doux plaisirs de la nature ! Vous en remplissez si héroïquement les devoirs !

thomas. Qui m’aurait dit pourtant que je me verrais en passe de famé un capitaine ? Car c’est moi

qui ai arrangé tout cela. ( Au bailli. ) Je crois à présent , monsieur le bailli , que vous ne serez pas

déshonoré de prendre mon neveu sous votre protection. ( Le bailli lui lance un regard furieux , et veut sortir. )

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le colonel, l’arrêtant. Un instant, s’il vous plaît. Le roi est instruit de votre barbarie. Il fera rechercher avec soin si vous n’avez pas abusé de votre pouvoir. Et malheur à vous si vous ôtes coupable î Sortez maintenant.

la terreur , à George. Monsieur le capitaine.... george , l'embrassant. Ne m’appelle que ton ami. ( Il V embrasse encore. ) Je veux l’ôtre toujours.

le COLONEL, à George. Voulez-vous permettre, monsieur , que j’aille vous présenter au régiment ? Il vous attend sous les armes. ( Il lui offre la main ; George la prend , et tend l’autre au capitaine. Il marche entre eux , les regarde tour à tour les yeux baignés de larmes. Marcel et Geneviève baisent les habits du colonel , et lèvent leurs regards vers les deux. )

Geneviève. O Dieu de justice, rends à notre bon roi les honneurs qu’il accorde à mon fils !

marcel. Et faites-lui connaître toutes les bonnes actions , pour lui donner le plaisir de les récompenser.

LE CONGÉ

PERSONNAGES

Le prince LOUIS, du sang royal.

UN OFFICIER de la suite du prince.

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