Signature autographe de Louis I", duc d'Anjou, régent
PIÈCES IIN'ÉDITES.
Instructions de révêque de Langres et de messire Jean de Rye, envoyés vers le comte de Foix.
Iijstnictions baillées par le Roy et son Conseil à l'évesque do Lengres ' et à messire Jehan de Rye, sur le fait de leur légacion^... toichant le conte de Foix'.
Premièrement, ilz salueront ledit conte de par le Roy ausi comme ilz le sauront bien faire, et 11 présenteront les lettres de créance de par le Roy.
Item^ li diront la grant amour, affection et confiance que le Roy darrain passé avoit à lui et ausi à cestui de maintenant, et le doit bien avoir, actendu le lignaige et l'affinité estant entre eulx et leurs prédécesseurs.
llein^ li diront que le Roy a grant volunté de garder, conserver ladicte bonne amour et affection estant entre eulx, et pour ce qu'il sceyt bien que ledit conte avoit grant amour et affection singulière à son père, que Dieu absoille, et apparoit bien pour les bons et grans services qu'il li avoit faiz ou temps passé, il envoyé les messaiges dessusdiz par de là, pour lui prier que la personne du Roy, de monseigneur de Valoys, et les besoignes de lui et de son royaume et ses pais, il les voussit avoir à cuer, et ledit pais de Langue- Doc voussit aidier et conforter en la menière qu'il appartient.
\. Bernard de la Tour. — 2. Un mol eÉFacé. 3. Gaston III, dit Pliôbus.
Item^ affin que l'amour soit plus grant entre eulx, pour ce que le Roy à présent ne puet aler au pais par delà, il envoyé les messaiges dessusdiz au dit pais de Langue-Doc pour requérir tous les grans signeurs, tant contes, vicontes, barons et autres, qu'il vignent faire homaige au Roy ausi comme il doivent faire. Et pour ce qu'il est le plus grant de touz et celui auquel le Roy a plus grant fiance, il leur a commandé que ilz se adrécient à lui, quar par lui se doivent tous les autres gouverner et prendre bon exemple en lui. Si lui prieront qu'il viengne faire son homaige au Roy comme il appartient. Et sur ce soit, moustrez le povoir que lesdiz messaiges auront sur ce, s'il le requier.
Item y se ledit conte vouloit prendre dilacion de faire ledit homaige, ilz le requerront de faire la féauté ausi comme ilz sera ou povoir. Et ou cas qu'il ne vouldroit faire ces choses gracieusement, ilz le requerront par instrumant publique secrètement.
Item, face ou ne face l' homaige ou féauté, ilz procéderont es autres choses toichant monseigneur de Berry, et lui diront comment le Roy par grant délibéracion, actendu la jonesce de lui qu'il ne pourroit gouverner tout son royaume, il a commis le gouvernement du pais de Langue-Doc à son oncle monseigneur de Berry, ausi comme il a loy de faire par tous ses pais. Et disant comment le Roy a commandé audit monseigneur de Berry que tout le plaisir, amour et faveur qu'il lui pourra faire, lui face, ne autrement ne le vouldroit le Roy, ne souffriroit qu'il le feist. Et pour ce, lui prie que audit monseigneur de Berry vuille donner conseil, aide et confort et à lui obéir
comme à lui meismes et comme à cellui auquel il a plus grant fiance que à nul autre quant à ce, de par delà c'est assavoir à son dit oncle, quar il est si prouchains de lui f|u'il le doit bien avoir plus que à nul autre.
Item^ que le Roy a commandé à monseigneur de Berry, et ausi l'entend monseigneur de Berry à faire, que se aucunes choses estoient à faire entre lui et le conte d'Armaignac, qu'il se pêne plus fort de faire le plaisir du conte de Foix que de l'autre, afin que on ne puisse dire que faveur ou affinité l'esmove au contraire. Et ausi le fera tant qu'il aura la charge du pais.
Item^ li diront que ledit monseigneur de Berry est tielz signeur et si prouchains du Roy qu'il ne vouldroit faire chose qui ne feust selonc raison et justice, par espéciale es choses qui lui seroient commises de par le Roy, pour faveur d'autrui ne affinité de lignage.
Par mémoire de réplicacion se besoing est.
Item^ que ou cas qu'il ne voudroit obéir à ces choses, ilz lui diront que quant ces choses feurent ordonnées il n'estoit nulle espérance de guerre entre les contes de Foix et d'Armaignac, et n'est encoir, considéré la paix dont il ont la copie pardevers eulx, et les aliénées du mariaige.
Item^ li diront que on se doit bien mervoillier de ces choses qu'il entreprant , tant des chasteaux et bonnes villes du Roy qu'il a establies et receuz plusieurs seremens des communes et autres du pais.
Item^ s'il ne le puent esmovoir pour riens de son entencion, ils demourront par delà et feront à savoir
au Roy et à nosseigneurs les d'Anjou, de Berry et de Bourgoigne toute l'entencion dudit conte.
Item^ auront puissance de requérir barons, communes et tous autres de fère serement de féauté et de fère commandement de obéissance à monseigneur de Berry comme lieutenant du Uoy.
Item^ parleront en chemin au cardinal d'Amiens, auquel ilz pourteront lettres de créance de parle Roy, sur les choses qui feurent traictées par lui avecques le conte de Foix au vivant du père du Roy. Et se ledit cardenaul ne le vouloit dire pour cause du serement, soit empêtrée sur ce dispensacion du Pape.
Item, seront toutes ces choses dictes au Pape, auquel il porteront lettres de créance. Loys\
(Orig. pareil. — Arch. de FEmp. Carton K. 53, pièce n° 6 bis.)
Ordre de Charles VI au lieutenant du bailli de Rouen et
de Gisors^ d assembler les notables des trois ordres dans
son ressort^ pour arriver à l'exécution de l'ordonnance
touchant la défense du royaume ; avec la convocation du
lieutenant.
Saint-Denis, 8 février 1381.
Guillaume Marguerie, lieutenant général du bailli de Rouen et Gisors, et commissaire du Roy nostre sire en ceste partie, au viconte de Pont-de-l' Arche ou à" son lieutenant, salut : Hui avons receu les lettres du Roy nostre diz sire contenant ceste forme :
Charles, par la grâce de Dieu , roy de France. Au