TOREAU
(Orig. parch. scellé sur double queue, le sceau perdu. — Arch. de PEmp. Carton K. 57, pièce 11.)
344 PIÈCES mÉDITES.
Déclaration de Saint-Oueii, émanée des seigneurs du parti d'Orléans.
Saint-Ouen, 9 octobre 1411.
A vous nos trèschiers seigneurs et espéciaulx amis les Recleur, maistres et suppos de l'Université de Paris, nous, cy dessoubz nommez pour tous les autres cy assemblez^ esciivons au Roy nostre souverain seigneur en la manière qui s'ensuit :
A. vous nostre souverain seigneur le Roy. Nous, voz trèsliumbles loyaulx subgiez et serviteurs cy dessoubz nommez pour tous les autres cy assemblez, lesquielx et nous, nous recommandons à vous tant et si trèsbumljlement comme plus povons. Et vous plaise savoir, nostre souverain seigneur, que nous avons entendu que aucuns ont rapporté à vous et à nostre trèsredoubté seigneur monseigneur de Guienne, que monseigneur d'Orléans et noz autres seigneurs de voslre sang qui sont ensembles ont eue et ont entencion et voulenlé d'ocuper et empescber voslre seigneurie, laquelle chose ne fut oncques pensée ne dicte. Et se nous avions congneu en quelcjue estât que ce feust qu'ilz eussent une pensée ou voulenté à ce, n'eussions un seul moment arresté ne deraouré avec eulx ne les servis. Mais, nostre souverain seigneur, nous, congnoissans le grant oultrage fait de la mort de monseigneur d'Orléans vostre frère, père de monseigneur d'Orléans qui à présent est, vostre filz et neveu, par laquelle mort vostre couronne et seigneurie sont tant blécez que tous voz vraiz subgiez devroient crier à
haulte voix vengence, pugnicion et justice soyent faictes de ceulx qui tant se sont forfais envers vous, et qui tant vous ont navré et eulx en mectre en fait. Nous , cognoissans aussi le droit que monseigneur d'Orléans, vostre filz et neveu, a de vouloir venger la mort de monseigneur son père, lequel après la voie de lait par fauke de justice, laquelle faulte de justice a esté et est par aucuns de voz conseillers et servans, menistres et favorables de cellui qui tant vous a offensé, le sommes venuz servir. Car nous savons que ' pour vous oster de servage et radresser vostre seigneurie et pour vengence de la mort de son père ilz ont empris ce fait. Et tous ceulx qui vous donnent à entendre le contraire et qui l'ont publié, sont faulx, mauvais et desloyaulx envers vous. Car nous sommes et serons tant que nous vivrons voz vraiz subgiez et obéissans. Nostre souverain seigneur, nous prions le benoist filz de Dieu qui toujours vous ait en sa saincle garde et vous doint très bonne vie et longue. Escript à Saint- Oyn soubz les seaulx de nous, Jehan, conte de Roussy et de Braine, Jehan, sire de Hangest, maistre des arbalestriers de France, Geffroy le Meingre dit Bouciquaut, le seigneur de Montbason, Amé de Sarrebruche, Guillaume le Bouteiller, Gadiffer de la Sale, Geffroy de Malestrait , seigneur de Combour, Jehan, sires de Fontaines, Guillaume, sire de Braque-^ mont. Hue d'Amboise, sire de Chaumont, François d'Aubiscourt, François de l'Ospital, le Baudrain de la Heuze, Guillaume Bataille, Robert de Bonay, Loys de Culant, Loys de Bourredon, Jehan de Dreux, le Galois d'Achy, Raoul, sire de Gaucourt, Guillaume de Trie, Pierre de Mornay dit Gauluet et le sire de Guitry.
346 PIÈCES mÉDITES.
Sy povez voir et congnoistre, et aussi fait chascun, nostre bonne voiilenté et propos. Escript audit lien de Saint Oyn le ix* jour d'octobre, l'an mil cccc et onze. Jehannet de Garencières en Mansart d'Esne*.
(Orig. parch. auquel il reste encore sept sceaux armori.iux en cire rouge sur double queue, — Très, des Ch. Carton J. 339, pièce 28.)
Nomination de Pierre des Essnrts à la charge de prévôt de Paris.
Septembre 1411.
Et ledit jour (samedi 1 2) messire Pierre des Essars chevalier a esté reçeu prévost de Paris par vertu de certaines lectres royaulx présentées et leues, ou lieu de messire Brunei de Saint-Cler qui oudit office avoit résigné en la présence du Roy ou de son grant conseil, comme affermèrent au conseil de la chambre de parlement en la présence desdis seigneurs, messire Blancbet Braque, le Galoiz d'Aunoy et messire Anthoine de Craon, chevaliers.
On lit à la marge : Unde orta sunt infinita dampna et mala.
(Reg. XIII du Cens., fol. 172'o.)