‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 14 sur 199 · I . Des mois en blanc · texte numérisé non relu

I . Des mois en blanc

pays, prins, pillié et robe plusieurs noz subgez, chevaulx , bestail et autres biens, et les emmenoient; iceulx escuiers et aucuns autres gentilz hommes, gens de trait et autres, par l'ordonnance et au commandement de nostre dit chambellan et capitaine, en espérance de rescourre et recouvrer lesdis prisonniers, bestail et autres biens, et aussi pour prendre et ruer jus les dessusdis pillars et malfaicteurs , eussent couru après iceulx malfaicteurs, lesquelz ils ne peurent rataindre, obstant ce que ilz s'estoient jà retrais, ou trop eslongnez. Et il soit ainsi que iceulx Anthoine et Robert, retournez audit lieu de Ribemout et estans à l'entrée ou audevant de l'ostel de Jehan, dit Alement Cliché, eedit jour, environ cinq heures après midi, feu Pierrre Lasnier, en son vivant demourant à Luchy, de la paroisse dudit Ribemont, qui estoit, si comme l'en dit, homme assez sédicieux et rioteux, estant aussi illec ou assez près, eust dit en la présence de plusieurs qui ilec estoient, et adressant ses paroles, si comme il sembloit, aus dessusdis Anthoine et Robert, qui riens ne lui demandoient ne mesfaisoient, et en leur contempt et mesprins, moult arrogamment et par grand ire , plusieurs oultrageuses paroles et injures. C'est assavoir entre les autres : « que ilz ne valoient riens et n'estoient pas dignes de monter à cheval, et que il fauldroit que lui et autres gens du pays et de pareil estât que lui, se meissent sus pour tout tuer, et ruer jus tèles manières de gens. » Eticelles paroles réitéra par plusieurs fois, ou paroles semblables en effect. Auquel defunct, ung gentil homme, appelle Aubert du Mez, lui dist tout courtoisement, que il se déportast de dire teles paroles qui sentaient aucunement mouvement de

Jaque rie. Lequel defuncl respomli très-arrogamnaent

que il ne s'en déporterait jù. El lors icellui Aubert lui dist en riant : « que il sembloit estretout yvre, et que quant il se mectroit sus, il seroit voulentiei s son capitaine. » Auquel Aubert icellui Anthoine dist par manière désbatement et en riant : « quel capitaine de brigans ! » Mais incontinent ledit defunct, non contant encores desdis oultrages et injures, recommença de rechief et plusarrogamment que devant, à injurier les dessusdis Anthoine et Robert. Et tant, que iceulx Robert et Anthoine, qui estoient encores tous eschaffez et courouciez de la peine et travail que ilz avoienl eu en Taisant ladicte course et poursuite , et que iceulx pillarset malfaicîeurs leur estoient ainsi eschappez; après ce qu'ils eurent dit audit défunct, que se il ne se déportent, ilz le courceroient; doubtans aussi que icellui défunct, qui tenoit en sa main une bourlecle ou massue, les en férist ou villenast, et qu'il persévéroit tousjours en ses oultrageuses paroles, surprins de chaudecole, le férirent. C'est assavoir ledit Anthoine dune espée qu'il avoit, et ledit Robert d'une petite hachecte qu'il tenoit, tant du dos que du taillant, plusieurs cops, orbes et autres. De laquelle batteure et navreure, combien qu'il feust pou navré de plaies ouvertes, icellui défunct ala de vie à trèspassement, en\iron trois jours après. Pour occasion duquel cas

(Suit la rémission, adressée au bailli de \ Yrmandois et au bailli de Ribt mont, à la condition de payer par chacun des impétrans cent sols parisis à l'IIôtel-Dieu de Paris.)

Paris, avril 1420.

(Arcb. del'Emp. Très, des Ch. Reg. II. 171, pièce 201 )

Défi envoyé par un ècuyer à la ville de Tulle, pour se venger (Fuji vol commis à V encontre de sa mère.

Paris, février 1417.

Charles, parla grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplication de nostre bien amé, Jaques de Malaret, escuier, contenant :

Que pour cause et occasion de ce, dès long temps, que nous estions devant la ville de Bourges1, Daulphine de Flayac, mère dudit suppliant et vesve de feu Jehan de Malaret, jadis chevalier, et père d'icellui suppliant, avoit esté destroussée dune haquenée et de plusieurs autres choses, et que l'en disoit communément que les habitans de la ville de Tulle, ou pais de Lymosin, ou aucuns d'eulx, avoient fait la dicte destrousse, ledit suppliant, comme dolent et courroucié et non sans cause d'icelle destrousse, et de la vilenie et grand injure que en ce l'en avoit fait à sa dicte mère, se disposa de vengier la dicte vilîenie. Et de fait, escrit et fist escrire certaines lettres adrécants auxdis habitans de Tulle, esquèles estoit contenu entre autres choses, que pour la cause dessusdicte, il les deffîoit. Après lesquelles choses, environ la feste de Saint Jehan -Baptiste, Tan mil 1111e et seize, ainsi que ledit suppliant chevauchoit parmi ledit pais

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