I. Charles VI arriva rlevant Bourses le 11 juin J4ï
kk RÈGNE DE CHARLES \ I.
de Lymosin, accompagné de trois ou quatre de ses
varlets —
Il rencontre un nommé Martin deSourris, habitant de Tulle, il le fait conduire dans un bois par ses valets et lui prend neuf cents francs en lui disant : «Je vous ai destroussé pour ce que ceulx de Tulle destroussèrent jà pieçà madame ma mère. » Pour ce fait il est cité en Parlement et obtient sa grâce, pour les services que lui et les siens ont rendus « et que deux de ses frères sont trespassez en la bataille qui dernièrement a esté faicte en Picardie contre noz ennemis d'Angleterre '. »
(La rémission adressée aux gens du Parlement, au bailli de Saint- Pierre le Moustier et au sénéchal de Limousin, est datée de Paris, février 1417.)
(Arch. de l'Einp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce 3.)
Guerre entre Jean de Rougemont , chevalier, et le chapitre de Langres.
Paris, juillet UI8.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. De la partie de Marguerite de Chauvery, dame de Buxières, vesve de feu Jehan de Rogemont, en son vivant chevalier, nous avoir esté exposé :
Que comme à icelle exposant, à cause de sa seigneurie et héritage qu'elle a en la ville de Guernans3 près dudit Buxières3, lui compétast et appartenist le rachat de certaines dismes, droiz et héritages que tenoient pour lors les doyen et chapitre de l'église de Leugres, audit lieu de Guernans, finaige et territoire
I. La balaillo d'Azincourt (25 octobre 1415). "2. Gicnaiii (Haute-Marne).
l. Buxïères-lez-Belmotil [Haâte- Marne)'.
d 'icellui lieu, el en autres lieux environ. Pour laquèle chose avoir, ledit feu de Rogemont fist et fist faire plusieurs requestes et somacions audis doyen et chapitre, sur lesqueles il ne pot avoir aucune response valable desdiz doyen et chapitre. Et pour ce, icellui de Rogemont, considérant que lesdiz doyen et chapitre, à tort et contre raison, détenoient,occupoient et ne lui vouloient rendre sesdiz héritages, accompaignié de plusieurs gens, tant nobles comme autres, et tant de nostre royaume comme de la conté de Bourgongne, et des pais de Lorraine et d'Alemaigne, ses compaignons , aliez et complices en ceste partie, couru et fist courir en plusieurs villes et vilages appartenais ausdiz de chapitre, estans en nostre dit royaume. Esquelles villes turent sesdiz compaignons, complices et aliez; et par eulx prins plusieurs hommes et raenconnez plusieurs bestes grosses et menues, dont icellui de Rogemont, sesdiz complices, compaignons et aliez, firent leurs voulentez. Et en oultre, ausdiz doyen et chapitre, fist et fist faire ledit de Rogemont plusieurs autres grans guerres et dommages. Esqueles guerres et dommages faisans, furent et ont esté mors plusieurs personnes, tant d'une partie comme d'autre. Et en oultre, pour ce qu'il vint à la cognoissance dudit feu de Rogemont, que en ladicte ville de Lengres estoient venuz plusieurs personnes, gens d'armes, comme Jehan d'Aunoy, pour lors bailli de Chaumont, et autres, qui tenoient le parti des Armignas, et qui estoient contraires à la bonne ville (sic) enlencion et voulenté de nostre très chière et très amée compaigne la Royne, et de nostre très chier et très amé cousin le duc de Bourgongne, icellui de
dG RÈGNE DE CHARLES VI.
Rogemont, sesdiz compaignons, complices el alie/, vindrent devant ladicte ville et cité de Lengres, en offrant aux bourgois et babitans de ladicte ville et cité, qui tenoient nostre parti et le parti de nostre dicte compaigne, de leur aidier et secourir contre lesdiz doyen et chapitre, leurs aliez et complices. Lequel de Rogemont et sesdiz compaignons estans devant ladicte ville de Lengres, plusieurs dommages, injures et villenies leur furent dictes et faictes par lesdiz de chapitre et leurs aliez. Parquoy mort s'en ensuyvyen plusieurs personnes, tant d'un costé comme d'autre. Et pour occasion desdiz débaz, ledit de Rogemont et sesdiz compaignons firent plusieurs maulx et dommages ausdiz doyen et chapitre, et à iceulx de ladicte ville, tant en prises de bestes, de biens, raençons de leurs hommes et subjez, comme autrement. Et tantost après, et durant la vie dudit Rogemont, fut. faittraictié, et passé certain accort entre ledit feu de Rogemont, tant pour lui comme pour sesdiz compaignons, gens, serviteurs, complices et aliez d'une part, et lesdiz doyen et chapitre, et aussi lesdiz bourgois et babitans de la dicte ville de Lengres , pour tant commeàchascun d'eulx povoit toucher, d'autre part. Pour et ouquel accort, entre et autres choses, estoit et est contenu que lesdictes parties demourèrent et demourroient en bon accort ensemble, de et sur les choses dessusdictes, et demourroient quictes Tune envers l'autre de toutes pertes et dommages quelconques, moyennant ce que ledit de Rogemont emportoit l'héritage qu'il demandoil , et mil escuz d'une part, et xuc francs d'autre. Et il soit ainsi que de nouvel ledit de Rogemont, lui estant en la compaignie
de nostre dicte compaigne et de nostredit cousin, soit aie de vie à trespassement. Et pour ce que en sa vie il n'a pas vérifié ledit accort fait en son vivant entre lui et lesdiz de Lengres, et desdictes euvres, de fait obtenu de nous grâce, ladicte exposant se doubte que nostre procureur ou aucuns de noz baillis, prévosts, juges ou autres officiers, ou temps avenir, pour occasion des entreprises, guerres et aultres choses dessus dictes, ne peussent ou voulsissent poursuivre contre elle à cause de sondit mary, et contre lesdiz compaignons, gens, serviteurs, complices et aliez de sondit mary, qu'il avoit en son vivant. Laquèle chose pourroit estre en son grant grief, dommage et préjudice, et aussi de tous lesdiz complaignans, gens, serviteurs, complices et aliez, que avoit lors avec lui icellui de Rogemont, se par nous ne lui estoit sur ce pourveu de remède, grâce, pitié et miséricorde, si comme dit ladicte exposant requérant humblement iceulx. Pour ce est-rl, que nous, considéré ce que dit est, et que ladicte exposant, est femme vesve, et se sondit mary en son temps a fait aucunes choses où il chiee pugnicion ou amende • elle n'en doit point porter selon raison la pénitence, voulans aussi tousjours estre piteux et miséricors envers les femmes, à icelle exposant, etc —
(Suit la rémission adressée au bailli de Sens et d'Auxerre.)
Donné à Paris ou mois de juillet, l'an de grâce mil cccc et dix-huit et de nostre règne le xxxvni". Ainsi signé.
Par le Roy,
G. Barrau.
(Arch. del'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce 171.)
XXÏI
Rémission pour Pliilippe de Villiers, chevalier et chambellan du Hoi, seigneur de Lacy et d'Ermenonville.
Paris, 5 décembre 1403.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l'umble supplicacion des amis charnelz de nostre amé et féal chevalier et chambellan, Philippe de Villers, seigneur de lacy et d'Ermenonville, contenant :
Comme le lundi, vint et deux jours d'octobre derrenierement passé, ledit Philippe de Villiers, qui ce jour avoit disné à Lusarches, en l'ostel et en la compaignie de nostre amé et féal chevalier, Raoul de Gaucourt, seigneur dudit Lusarches en partie ; et après disner (eussent alez en l'ostel du Cerf, où demeure Jehan Savare, et avec eulx feu Guillaume Billart, pour lors procureur et receveur de nostre amé et féal chevalier et chambellan, Jehan Bétas, seigneur en partie dudit Lusarches, et plusieurs autres. En la présence desquelz, ledit Philippe de Villiers eust dit, que en ladicte ville et ou terrouoir d'icelle, il avoit xx et quatre arpens de coustumes, dont il ne devoit que quatre solzparisis par an, et on lui en demandoit de chascun arpent quatre deniers. A quoy respondi ledit de Gaucourt, que il n'y avoit que douze arpens, qui dévoient chascun quatre deniers; ledit de Villiers disant au contraire. Pour lequel débat les registres furent apportez, où l'en trouva que ledit de Villiers n'y avoit que douze arpens. Mais disoil toujours et maintenoit y avoir vingt et quatre
arpens. Pour quoy, ledit Raoul de Gaucourt se esmeut. Et eust plusieurs parolles entre eulx, et tant que ledit de Gaucourt eust dit, qu'il lui cousteroit avant cinq cens frans, que ledit de Villiers lui ostast riens de son héritaige. Après lesquelles parolles ledit Guillot. Billart se feust bouté ou débat, disant audit de Villiers, que aussi n'osteroit-il riens de l'éritaige audit Bétas, son maistre. Pour lesquelles parolles, ledit de Villiers, qui riens ne disoit à ycellui Billart ne lui adréçoit ses parolles, et ne parloit ou entendoit parler que de son droit et de sa chose, couroucé et indigné, eust appelle ledit Billart, « sanglant viilain! treiste jaques ! » Ledit Billart disant que non estoit, par plusieurs fois. Et par plusieurs fois l'en eust desmenti ledit Philippe, soy eschauffant toujours en ses parolles, et appellant ledit Billart, « viilain, treistre jaques, chien mastin, filz de putain, » et en le démentant et menassant. Lequel Billart eust aussi dit audit de Villiers, qu'il avoit menti, en lui disant qu'il estoit en nostre sauve garde, tant comme famillier et officier dudit Bétas, nostre chambellan, et comme nostre fermier du Quatriesme aiant cours audit Lusarches. A quoy icellui de Villers eust respondu « que nous en estions bien parez. » Et lors ledit Billart dist haultement « que aussi bien estions nous parez de lui comme dudit Philippe. » De quoy ledit Philippe, qui est noble homme, de grant lignée et grandement hérité ou pais, soy voyant ainsi vitupéré et injurié des parolles d'iceliui Billart, qui estoit ung petit homme, de bas estât et de petite renommée, et en la présence de tant de gens, eust féru du poing ycellui Billart et mis main à lui, etavecques ce eust sachié son espée en volenté de l'en férir, si empeschié ii 4
n'eust esté par ledit de Gaucourt et autres assistens. Et après, sans autre chose faire, feust ledit de Villiers monté à cheval, et s'en fust alez en son chastel d'Ermenonville, en menassant ycellui Billartdele couroucier avant qu'il feust deux ou trois jours. Lequel de Villiers, ainsi couroucié et eschauffé desdictes injures et parollcs à lui dictes par icellui Billart, eust, icelle mesme nuit ou le lendemain avant qu'il feust jour, renvoie audit Lusarches, sur ses deux chevaulx, Colinet du Quesnel, escuier, et Simonnet de Lorris dit Secoiz ? nagaires ses serviteurs et familiers, garnis d'espées et pennars, en leur commandant et chargant de batre et navrer ledit Guillot Billart. Lesquelx, pour leur fait acomplir feussent descendus tous embranchiez, et se feussent mis en esguet, le landemain jour de mardi, xxuie jour dudit mois d'octobre, au matin en avant le jour, en l'ostel d'un mareschal ou fèvre dudit lieu de Lusarches, prez de l'ostel dudit feu Guillot Billart; et eussent dit à la fille dudit fèvre qu'elle alast savoir se ledit Guillot Billart estoit à l'ostel, et qu'elle lui deist qu'il venist parler à eulx. Laquelle y ala, et leur rapporta qu'il estoit à l'ostel, et qu'il viendroit voulentiers à eulx. Et ce fait, montèrent à cheval et alèrent àl'uis dudit Billart ou bien prez, et quant ilz vindrent prez dudit Billart, l'un d'eulx donna audit Billart d'une espéesur la teste, dont il eust grant plaie et grant effusion de sang. Et aussi fut féru d'un grant pennart en la jambe, au-dessoubz du gencuil, tant qu'elle fut prez que coppée. Et pour ce que icellui Billart se escria, haro ! au murtre! yceulx Colinet et Symonnet s'en feussent fuis audit chastel d'Ermenonville par devers ledit de Villers, leur maistre, qui les eust receus et tenus.
Desquelles bateures etnavreures yçellui Guillot Billart est alez de vie à trespassement. Pour occasion duquel fait, ledit de Villiers, doubtant rigueur de justice, se soit absentez dudit pais, etc
(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris et au bailli de Senlis avec la clause de l'amende civile pour Raoul de Gaucourt.)
Donné à Paris, le ve jour de décembre, l'an de grâce mil cccc et trois et le xxmie de nostre règne.
Par le Roy, en son grant conseil, où mon s. le duc de Bourbonnois, messire Pierre de Navarre, le Connestable, le conte de Tancarville et plusieurs autres estoient.
Fréron.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 158, pièce 149.)
Rémission pour Pierre de Saveuses, frère bâtard de feu More/et de Saveuses, chevalier, qui avait tué un homme, lequel avait insulté a la mémoire de son frère.
Paris, 20 juillet 1407.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de Pierre de Saveuses, bastart, filz de nostre amé et féal chevalier conseiller et chambellan , le sire de Saveuses,
Que feu Morelet de Saveuses, chevalier, frère dudit exposant, a esté à l'assemblée et desconfiture qui nagaires fut à Merc h, ou service et compaignie de nostre très
1. L'affaire de Merck, qui eut lieu en 1405. Voy. notre Monstrelet, t. I, p. 100.
cher et très amé cousin, le conte de Saint-Pol, lors capitaine de Picardie, à l'encontre de noz ennemis les Angles. A laquelle assemblée ledit chevalier, pour sa vaillance, en ses armes faisant, fu occis et mis à mort par lesdi/. nos ennemis, avecques plusieurs autres de sa compaignie. Laquelle chose ainsi venue à la congnoissance de Gilotle Vasseur, demourant en la ville de Heudebercamp, par hayne qu'il avoit à ycelui feu chevalier, dist publiquement par manière de rabais, moquerie et desrision « qu'il estoit délivrés de un de ses ennemis; dont il estoit moult joyeux. » Et ces choses ainsi dictes, en persévérant de mal en pis en sesdictes moqueries et desrisions , disoit et continuoit ycelles : « que ce n'estoit que orgueil et beubant d'icelui feu chevalier au temps qu'il vivoit, et que après sa mort noz sergens venoient de jour en jour adjourner et exécuter la femme et enfans dudit feu chevalier pour les debtes qu'il avoit acrutes pour aler en ladite assemblée et ailleurs ; et ses enfans ne dévoient point faire le maistre, et qu'ilz n'avoient pas vaillant une potée de pois. » Lesquelles paroles ainsi dictes par ledit Gilot, venues à la congnoissance dudit exposant, frère dudit chevalier, fu moult courroucé et esmeu, lui recordant de la mort de son dit feu frère, avec la perte, prouffît et honneur que pour ce il a perdu, environ un an et demi après la mort de son dit feu frère, lui, thenant son chemin de Bailleul ou Mont à Pas, et en sa compaignie Huet d'Ambreville, apperçeurentledit Gilot le Vasseur entre Heudebercamp et le bois de la Baseche. Et lui, recordant des paroles et injures dictes par ycelui Gilol, alèrent à lui et tirèrent leurs espées et une demie lance, et le frappèrent en la teste et en plusieurs lieux de son
corps, dont mort s'en ensuy en la personne d'icelui feu Gilot. Pour lequel fait, ledit exposant s'est absenté
du pays, etc
Donné à Paris le xxe jour de juillet, l'an de grâce mil ihic et sept et de notre règne le xxvne. Par le Roy,
G. Fortement.
(Arch. de l'Emp. très, des Ch. Reg. JJ. 161, pièce 339.)
Rémission pour un serviteur de Pierre des Essars. Paris, août 1416.
Charles, etc, savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé humblement de la partie des parens et amis charnelz de Jehan Chevreau, natif de la ville de Gien sur Loire, aagié de xxvm ans ou environ, à présent prisonnier en nos prisons de Chartres, contenant :
Comme après la journée derrenièrement tenue en nostre pays de Picardie ' par plusieurs nos parens et vassaulx à l'encontre de nostre ad versaire d'Angleterre, à laquelle journée fut Pierre des Essars, escuier, duquel esloit et encores est serviteur ledit Pierre Chevreau, qui à ladicte journée fut avecques ledit Pierre des Essars, son maistre. Lequel Pierre, son maistre, demoura. prisonnier de nostredit adversaire d'Angleterre ou de ses gens. Et ledit Jehan Chevreau qui estoit avecques lui, comme varlet gardant ses chevaulx, s'en retourna