‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 17 sur 199 · Gué de Longroy (Eure-et-Loir · texte numérisé non relu

Gué de Longroy (Eure-et-Loir

estoit, indignez et courroucez du cas avenu à ladicte journée; et par espécial ledit Jehan Chevreau, de la prise dudit Pierre des Essais, son maistre, se transporta tantost après heure de mynuyt, avecques aucun des dessus- nommez et autres dudit pays qui de ce avoient parlé ensemble, en intention de destrousser ledit compaignon au lieu et village de Viee, à lieue et demie dudit lieu de Galardon, où estoit logié ledit compaignon, en l'ostel d'un povre homme d'ilec. Ainsy y estoit logée la povre femme, qui de son consentement estoit couchée avecques autres compaignons dudit pays. Et oudit hostel entrèrent par l'uys de derrière, environ minuit. Et tantost après, descendi d'une chambre haulte dudit hostel, ledit compaignon qui y estoit couchié, avecques deux jeunes clers du pais. Au devant duquel ala ledit Jehan Chevreau, lequel tira une espée qu'il avoit et l'appuya contre la poictrine dudit compaignon, disant que s'il se remuoit, il le tueroit. Et d'ilec le menèrent, lui et les autres, en un petit bois près d'ilec, où ils lui despouillèrent un jaseran qu'il avoit vestu, et lui firent promectre que pour ce ne l'encuseroient, sans lui faire aucune autre force, injure ou violence. Et en ce point le laissèrent, et emportèrent ledit jaseran, qui povoit valoir environ dix frans. Sur lequel a esté baillié audit Jehan Chevreau environ dix solz parisis pour sa part. . . .

(Rémission adressée au bailli de Chartres.)

Donné à Paris ou mois d'aoust, l'an de grâce mil cccc et seize et nostre règne le xxxvi. Par le Roy, à la relacion du conseil

Mojvïfort.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 169, pièce 354.)

: . i . RÈGNE DK CHARLES VI.

Enlèvement d'une damoiselle fait à main armée. Paris, février 1400.

Charles, etc., savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Ernoulet Waubert, dit le Brun de La Fontaine, povre jeune homme, contenant :

Que comme six ans a ou environ, ledit suppliant, lui estant familïier et serviteur de Jehan, dit le Bastart de Vendeuil ; icelui bastart, accompaigné de plusieurs compagnons jusques au nombre de vingt quatre ou environ, garnisd'espées et autres armeures, feussent alez en la ville de Lusency l. Et ou moustier d'icelle ville, par le commandement dudit bastart, eussent prins par force Gère des Essars, damoiselle, dame dudit lieu de Lusency, à présent femme de Dans de May, escuier, nostie pannetier. Et contre son gré et volenté et à force, l'apportèrent jusques à un port d'eaue qui est audit lieu de Lusency. Et là passèrent oultre ladicte eaue, et puis coppèrent les cordes dudit batel ou bac, par lequel ils avoient passée ladicte damoiselle, et la menèrent, tant de jour comme de nuit, jusques à une maison qui est à une lieue de Coucy. En laquelle maison, le bailli de Valoiz, acompaignié de pluseurs compaignons vint pour rescourre ladicte Damoiselle. Mais il ne pot, et convint que lui et ses gens se départissent d'illec, pour ce que aucuns de ses dictes gens furent

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batus et navrez par ledit bastart et ses complices. Et après ce,icelui bastart et ses complices, entre lesquelx estoit le dit suppliant, menèrent icelle Damoiselle jusques au Castel en Cambresis l. Auquel lieu ledit bailli de Valoiz les poursuy, et en la présence de la justice dudit lieu rescouy ladicte Damoiselle, et la ramena. Et pour ceste [cause] furent par ledit bailli ou autres, aucuns des complices dudit bastart prins, et pour leurs démérites exécutez. Four occasion duquel fait icelui povre suppliant , doubtant rigueur de justice , s'est absentez du pays, etc. . . .

(Suit la rémission adressée au bailli de Vermandois.)

« Parmy ce que ledit suppliant offerra à ung jour de feste solempnele, à heure degrant messe, en l'église où ladicte Damoiselle fu prinse, en la présence d'elle, une torche pesant quatre livres de cire. Et si demourra un mois prisonnier au pain et à l'eaue, en prison fermée. . . .

Donné à Paris, ou mois de janvier, l'an de grâce mil cccc et de nostre règne le xxie.

Par le Roy, l'évesque d'Aucerre, le sire de Préaux et messire Pierre de Villaine présens.

P. Vivien.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 155, pièce 381.) I , Cateau-Cambrésis {Nord).

58 REGxNE DE CHARLES VI.

Enlèvement de la fille d'un chevalier.

Mardi, 16 janvier 1402.

Messire Jehan de la Roche-Artus, chevalier, et Bernart de Laigny, dient : que Jehannette, fille dudit chevalier a esté par certains malfaicteurs ravie et oslée audit Bernart de Laigm , qui est sergent d'armes et qui l'avoit en garde et la ramenoit d'Estampes à l'oslel de sondit père ; et bâtirent iceulx malfaicteurs ledit de Laigny, et ont congneu charnellement ladicte fille contre son gré et sa voulenté. Et pour ce, par vertu d'un mandemant royal et informacion précédent, ladicte fille a esté admenée pardevers la court, et aucuns desdis malfaicteurs prins et adnienez prisonniers ou Chastellel. Si requièrent lesdis chevalier et Bernart, que ladicte fille soit examinée par aucuns de nos seigneurs pour en ordonner comme déraison.

Le procureur de nions, le duc de Berry, conte d'Estampes, dit que le prévost d'Estampes interroga la fillette, que avoit amenée au pais un compaignon nommé Jehan de Grandie , se elle s'en vouloit aler avec ledit Bernart, que on dit estre sergent, et à l'ostel de sondit père, laquelle respondiquenon, et qu'elle savoit bien que se ledit Bernart l'emmenoit , il la bailleroit aux moinnes de Sainl-Pharon de Meaulx. Et a ledit prévost fait grant diligence en ceste matière, et sont ses prisonniers, ses subjetz et prins en sa justice, et si n'y a nul cas privilégié, et a ses informacions. Si requiert que tout lui soit renvoie, et il fera raison aux

parties. Finablement ladicte sera examinée par aucuns de messeigneurs, et aussi le père , se mestier est. Et au surplus ordonnera selon raison.

(Arch. del'Emp. Reg. XV du Crim. X. 8847, fol. 99; voir aussi fol. 104.)

Rémission accordée par Jean, duc de Berri, à Agne de la Tour, seigneur d'Oliergues, qui avait enlevé et épousé Alice de Vendue contre le gré de sa mère.

Paris, 3 janvier 1412.

Jehan, fiïz de Roy de France, duc de Berri et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Boulogne et d'Auvergne, lieutenant de monseigneur le Roy en nosdiz pais de Berry, Auvergne et Poitou. A tous ceulx qui ces lettres verront, salut. De la partie de nostre amé et féal chevalier et chambellan, messire Agne de La Tour, seigneur d'Oliergues * nous a esté exposé:

Que ou moys de septembre derrenier passé, il passoit par nostredit pais d'Auvergne, avecques lui plusieurs gentilz hommes armez, ainsi que le temps le requérait pour lors, et trouva en son chemin Alienor de Vichy, dame d'Abret 9 et de Saint-George, avecques elle Alipz de Vendac 3, fille de feu Guillaume de Yendac, lors damoiselle, et à présent dame d'Oliergues, avec elles plusieurs escuiers et damoiselles. Et quant ledit escuier les apperceut, ala parler à ladicte Alienor, en lui disant : « Dame, autreffoiz a esté parlé par mes

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