‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 18 sur 199 · Abret (Jllier). — 3. Vêïnlat (Allier · texte numérisé non relu

Abret (Jllier). — 3. Vêïnlat (Allier

amis et les vostres du mariage de Alips de Vendac, vostre fille, et de moy. A quoy tient-il que ledit mariage ne se face? Car j'ay entendu que vostredicte fille, qui est cy présente, le veult bien. » Et lors ladicte Alienor respondi : « Monseigneur d'Oliergues, plusieurs foiz vous ay dit et encores vous dy, que se vous me faisiez quictier devers monseigneur de Bourbon de certaines promesses que je lui ay faictes, et lever la main de ma terre, je seroie bien contente dudit mariage et plus que de homme qui soit, mais autrement je n'y consentiray point. » Et lors ledit exposant parla à ladicte Alips de Vendac, en lui demandant si elle le vouloit bien pour mary. Laquelle respondy que oyl. Et lors furent fiancez de main de prestre , comme il est acoustumé de faire en tel cas. Et ce fait, fut menée ladicte Alips à Saint-George, en l'ostel ou cliastel de ladicte Alienor, où elle avoit acoustumé à demourer. Et là la laissa ledit exposant, et s'en ala faire ses besoingnes, là où il avoit à faire. Et deux jours après, avecques lui et en sa compaignie Jehan de la Chassaigne, Cagnon, son frère, Guillaume de la Baume, Lyonnet de Vassel, Anthoine de Bouconvergues, Chatart de Boissonneure, Loys de Boisson, Pierre de Choriacet Guillaume de Burières, escuiers, vint audit lieu de Saint-George en armes, et illecques dist au portier dudit lieu, que l'en le fist parlera ladicte Alienor. Laquelle vint à la porte, et dist qu'elle estoit en nostre sauvegarde. Et ledit exposant lui dist qu'il vouloit avoir Alips de Vendac, sa femme. Laquelle Alienor respondil qu'il nelauroit point. Et après plusieurs paroles, ledit exposant dist qu'elle estoit sa femme fiancée, comme dessus est dil, el que sans faulle il entre*-

NOBLESSE. Gî

roit dedans, el se elle vouloit venir avec lui, il l'ern nieneroit. Et dist aulx gens qui estoient dedens ledit chastel, qu'ilz lui ouvrissent la porte. Lesquelz n'en vouldrent riens faire. Et fist tant, ledit exposant, avec les autres dessus diz ses complices, que la force en fut à eulx. Et entrèrent dedens ledit chastel et prindrent ladicte Alipz, de sa bonne voulenté et consentement, et l'emmenèrent avec sa damoiselle ou chastel de Mozun. Et illecques, en la présence de plusieurs notables hommes, ledit exposant espousa ladicte Alips, et furent faictes les solempnitez que saincte Église a coustume de faire en mariage. Pour occasion des quelles choses, et de l'infraction de ladicte sauvegarde, noz gens et officiers aient fait mectre les terres, chasteaulx et autres biens dudit exposant en nostremain. Et depuis, s'est traict pardevers nous , en nous humblement suppliant , actendu que paravant il avoit fiancée ladicte damoiselle Alips, et que il l'emmena de son bon gré , plaisir et voulenté , et que lesdictes choses il n'a mie faictes ou contempt de nous ne de justice, ainsi qu'il nous a affermé, mais seulement afin que ladicte damoiselle ne fust transportée autre part, que sur ce lui vueillons impartir nostre grâce et lui remectre le cas dessusdit. Pour quoy, nous, les choses dessusdictes considérées, et les bons , notables et agréables services que ledit seigneur d'Oliergues nous a faiz en maintes manières le temps passé, fait chascun jour, et espérons que doie faire ou temps avenir, et pour certaines autres causes et considéracions a ce nous mou vans, à ycellui, de nostre certaine science avons quictié, remis et pardonné, quictons, remettons et pardonnons de grâce espécial, par ces présentes, le

l'ait et cas dessusdit, s'il est ainsi, et aussi ladicle infraction de sauvegarde, avecques toute peine , amende et offense en quoy il pourroit estre encouru envers nous et justice pour occasion dudit fait. Et pareillement l'avons quictié , remis et pardonné , quittons remettons et pardonnons de grâce espécial par ces mesmes présentes comme dessus, à tous les autres dessus nommez ses complices et à chascun d'eulx, satisfaction faicte à partie, se aucune en y a, premièrement et avant toute œuvre, en tant que mestier en seroit. Et sur ce imposons silence à touz jours mais à nostre procureur de nostredit pais d'Auvergne et à tous autres. Si donnons en mandement par ces présentes à noz séneschal, receveur, procureur, et à tous noz autres justiciers et officiers de nostredit pais d'Auvergne présens et avenir ou a leurs lieutenans et à chascun d'eulx, si comme à lui appartendra, que de noz présente grâce, quittance, rémission et pardon faeent, seuffrent et laissent ledit seigneur d'Oliergues, sesdiz complices et chascun d'eulx, joir et user plainement, paisiblement et perpétuelment, sans sur ce leur donner ou souffrir estre donné aucun empeschement ou destourbier. Et se leurs corps ou biens , ou d'aucun d'eulx estoient pour ce prins, saisiz, arrestez ou en iceulx mis empeschement, nous voulons qu'ilz leur soient mis, incontinent ces lettres veues, à pleine délivrance, en levant et ostant ladicte main mise et tout autre empeschement mis pour ladicle cause , lequel nous en ostons par ces présentes, nonobstans quelconques lettres subreptices,impétrées ou à impétrer, et ordonnances, mandemens ou défenses au contrreire. En tesmoing de ce, nous avons fait mectre nostre séel à ces présentes.

Donné à Paris, en nostre hostel de Neelle, le 111e jour de janvier, l'an de grâce mil quatre cens et douze. Sur le repli : Par Monseigneur le duc, Vous présent.

Le Beuf.

(Orig. parch. scellé sur double queue du grand sceau pédestre du duc de Berri eu cire rouge. — Arch. de l'Emp. Série M. f. Bouillon.)

Rémission pour un écuyer qui avait tué un moine, lequel avait refusé de ferrer son cheval.

Paris, janvier 1382.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Que comme nagaires Jacquemin Aubry, escuier, feust party de son hostel pour nous venir servir es parties de Flandres. Et ainsi comme ilpassoit par Signy l'Abbaie1, son cheval se feust déferré, et pour ce eust prié à un nommé frère Pierre, convers, et un des chevaulx (sic lis : maréchaulx) de ladicte abbaye, que son cheval lui vousist referrer, et il le paieroit bien et voulentiers. Lequel eust répondu moult orgueilleusement, en disant : « Entre vous gentilz hommes faictes trop les maistres, « et qui me croiroit, il ne seroit pas ainsi m ou paroles semblables. Et ledit escuier lui respondi assez amiablement : « Tu le pourroies à tel dire qui te donrroit une buffe. » Et ledit mareschal lui dist : « Ta mère ne porta onques si hardi enfant. » Lequel Jaquemin après ce lui eust donné une buffe. Et tantost ledict convers fust alez à sa forge et eust pris un barriau de fer et en

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