L'abbaye de Grestain, au diocèse de Lisieux
ycelluide Bailleul, accompaignié d'un sien page, en la paroisse de Gonneville, en l'ostel d'une femme vesve, qui avoit esté femme d'unseurnomméleDadiant. Et de fait, icellui de Bailleul prist des biens de ladicte femme pour le vivre etsubstentacion de lui et de son dit page; prist aussi en l'ostel dicelle femme deux paelles d'arain1, lesquelles de fait, etoultre la voulenté de elle, il emporta ou fist emporter par son dit page, combien que ce feust une grant partie du meuble d'icelle femme. Et pour ravoir icelles paelles, y celle femme poursuy ledit de Bailleul et son dit page. En faisant laquellepoursuite,laciictefemmetrouvaleditCiuillaume Harecoux, duquel estoit marraigne, et lui dist ces paroles ou semblables : « Mon filleul, Jehan de Bailleul vient de mon liostel et y a pris sa réfection ou repast, et non obstant a pris à mon hostel et robe deux paelles d'arain, qu'il emporte. Si te prie, se tu peus, que tu y mectes remède. » Et lors ledit de Harecoux voulant faire plaisir à sa dicte marayne, comme tenus estoit de faire, ala pardevers ledit Bailleul, et lui dist qu'il voulsist rendre et restituer, et il feroit bien et auraosne, et se il ne le faisoit, l'en en feroit plainte telle qu'il en auroil punicion. Lequel de Bailleul, non content dicellesparolles, respondi audit de Harecoux, qu'il n'en feroit riens pour lui, et que c'estoit un faulx et desloyal villain. Et de fait, icellui de Bailleul, meu de félon courage, frappa ledit de Harecoux d'une fourche lierre2, tellement et si fort que ledit Harecoux fut tout estourdi. Etlors icellui Harecoux, courroucié et esmeu dudit cop que ledit de Bailleul lui avait donné, et