I. Soissons fut prise le 21 mai
GLERRE. 115
femme et d'une jeune fille qu'ilz ont, preste à marier, laquelle fille il a sçeu estre de bonnes meurs, gouvernement honneste et bonne pucelle; pour obvier et éviter à la désercion et à la destrucion d'eulz, mesmement que avant ladicte rébellion et désobéissance ledit suppliant estoit homme notable, de bonne vie et honneste conversacion , et sa dicte femme bonne preude femme; et ait en voulenté et propos, et du gré et consentement desdiz père et mère et fille , prendre par mariage et à sa femme ladicte fille, s'il nousplaisoit ausdiz suppliant, femme et fille, remectre et par onner l'offense par eulx faicte et commise envers nous pour cause desdictes rebellions et désobéissances. Delaquelle chose faire pardonner et remectre ilz nous ont très humblement supplié et requis. Pourquoy, nous ces choses considérées, etc....
(Le Roi accorde le pardon et y ajoute, en considération du mariage, la remise des confiscations encourues.)
Donné en nostre ost devant Soissons, ou moys de may, l'an de grâce mil imc et xiiii. Et de nostre règne lexxxmi0.
Par le Roy en son Conseil,
J. DE VlLLEBRESME.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 167, pièce 220.)
Episode de la prise de Soissons. — Ecuycr gracié au moment ou il allait être exécute.
Guise, juin 1414.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Guillaume de Crannes, escuier, contenant :
Comme despieça il ait servi Jehan de Bourgoingne, nostre cousin, ou fait de ses guerres et autrement, en la compaignie et sous le commandement de feu Enguerran de Bournonville, et mesmement ou voyage et armée cpie ledit de Bourgoingne a naguères fait à l'encontre de nous et de notre bonne ville de Paris, en venant devant icelle nostre ville, à puissance et armée, contre noz commandemens et défenses à lui faictes. Et depuis ait, icellui de Crannes, esté dedens nostre ville de Soissons avec ledit de Bournonville et autres, qui contre noz plaisir et voulenté l'ont détenue et occupée. Et a esté en plusieurs courries et pilleries qui par eulx ont esté faictes en plusieurs lieux et villes, et pardevant plusieurs chasteaulx et forteresses du pays d'environ. En aucunes desquelles ils ont mis et bouté le feu, et es autres pillié et rançonné et fait plusieurs autres maulx et dommages irréparables. Et il soit ainsi que au jour que nostredicte ville de Soissons fut par nous et noz gens recouvrée et prise d'assault, ledit suppliant ait esté trouvé et pris dedens l'église de Nostre-Dame dudit lieu, par nostre aîné et féal chevalier et chambellan, Henri Lalemant, ou
autre de noslre compaignie, et mené en noz prisons à Laon. Esquelles il a esté prisonnier certaine espace de temps, et jusques à ce que, après sa confession, il fut condempné à estre descapité. Et pour ce faire fut mené au lieu et place accoutumés, et livré à l'exécuteur de nostre justice. Après lesquelles choses ainsi faictes, nous, à la prière et requeste de nostre très chier et très amé cousin, le conte d'Alençon, et de plusieurs autres chevaliers et escuiers, pardonnasmez audit suppliant le fait et cas dessusdiz, et ordonnasmez et mandasmez haslivement que on ne procédast aucunement à l'exécucion de la personne dudit suppliant. Et pour ce faire y ala nostredit cousin d'Alençon, lequel fist les dictes deffenses, et ramena ledit suppliant avec lui, ainsi que ordonné l'avions. Pour occasion desquelles choses. . . .
Donné à Guise, ou moys de juing, l'an de grâce mil iiiic et xiiii, et de nostre règne la xxxmf,
Par le Roy, monseigneur le conte d'Alençon et autres présens.
J. de la Poterie.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 167, pièce 144.)
Rémission pour un habitant du Bourg (V Aisïie-les-Soisso?isK accusé cV avoir servi le parti bourguignon.
Au camp d'Arras, septembre 1414.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeui'umble supplicacion de Michiel Petit
naguère et demourant ou Bourc d'Aisne lez Soissons, contenant :
Comme il soit né et nom du pays de nostre très chier et très amé oncle, le duc de Berry , et vint demourer jeune enfant, qui n'avoit que xvi ou xvm ans, avec l'abbé de Saint-Mard, dernier trespassé. Et y ait demouré douze ans ou environ. Qui se maria à une povre damoiselle, et sont chargiez de plusieurs petiz enfans. Et a tout son temps fait à toutes heures bonne chière à noz gens et officiers, de tout son povoir, sans ce qu'il feustoncques contre nous, et nostre très chier et très amé ainsné fils, Loys, duc de Guienne et Daulphin de Viennois, en quelque manière que ce soit, en favourisant, aidant, conseillant ne confortant le duc de Bourgongne, ne aussi au conseil de la ville depuis long temps, sinon au conseil général, où tout le commun d'icelle esloit. Ne oncques ne parla ne deist chose contre ne ou préjudice de nous, ne d'aucun de notre sang et lignage. Ne consentant de mettre garnison dans ladicte ville, et fut bien courroucié quant elle il fut mise. Car ilz lui firent dommage à ses garnisons de plus de cent et cinquante livres. Et quant il en parloit on lui disoit qu'il estoit armignac. Ne but oncques, menga ne fréquenta avec Enguerran de Bournonville. Mais, lui estant aucunesfois à la garde de la porte de Croy, laissoit entrer noz gens, s'ils y vouloient entrer, à toutes heures, et mesmement le prévost forain de Laon. Dont il a esté par plusieurs fois en grant dangier et péril de sa personne. Ne fut oncques, armé ne désarmé, hors de la ville de Soissons ne dedens, pour prendre, piller ne rançonner gens, pour acuser homme ne acheter aucune chose. A gardé la porte par contrainte, son jour, corn-
me les autres, armé dehaubergon et de brassellez. AU? sur les murs de nuyt et de jour faire le guet, qu'il ne faisoit pas voulentiers, car cen'estoit ne n'est son estât. Et en ce faisant ne feist ne deist oncques mal ne desplaisir à personne, de nostre costé ne d'autre. Car se il n'eust fait ledit guet on l'eust déserté du corps, veu la grant présumpcion que on avoit contre lui, pour ce qu'il estoit né du pays de Berry. Et le jour que on print le Bourc et lui estant sur les murs d'icellui, ne le deffendi aucunement, mais lui, sa femme et enfans s'en alèrent en la ville de Soissons.Et au jour de la prinse d'icelle, il estoit armé par contrainte, et monta sur les murs de la ville étala jusques au chastel pour parler à un prisonnier qui estoit du pays dont il estoit. Et quant il fut dedens le chastel, il regarda vers le pont et vit que la ville estoit prinse. Et par une eschelle se dévala dedens les fossez, esquelz il fut prins prisonnier par un escuier de nostre ost, et misa rançon. Pour laquelle paier, et aussi pour la prinse de ladicte ville où il perdi tous ses biens
(Suit la rémission adressée au bailli de Vermandois et aux « commissaires ordonnez de par nous sur le fait, gouvernement et police de nostre ville de Soissons. » )
Donné en nostre ost devant Arras, ou moys de septembre l'an mil mic et xmi. Et de nostre règne le xxxiin6.
Par le Roy, à la relacion du conseil.