‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 39 sur 199 · De quel côté · texte numérisé non relu

De quel côté

dire : « Larron, est-ce là la manière de emmener les chevaulx du seigneur de Miraumont? » Et lî un d'iceulx gens d'armes respondi audit meunier : « Mais tu mesmes es larrons. Car tues maunier. » Et fu ledit maunier batu très vilainement et durement, et sondit cheval emmené. Et pour ce, ledit suppliant véant l'offense faicte en sa terre et seignorie, monta sur un cheval, sans autre compaignie, pour y pourveoir. Et en alant, encontra un nommé Jaquet le Vivier, son homme, qui venoit de dehors sur un cheval, et sans demander où il aloit, ala avec ledit chevalier. Et en alant rancontra ou vint d'aventure avec lui un autre, nommé Jehan de Drutat, et chevauchèrent ensemble pour trouver lesdictes gens d'armes et ravoir ledit cheval. Et prestement que ilzles eurent trouvez, ledit suppliant, qui estoit agrié et courrocié, dist à cellui qui emmenoit ledit cheval dudit maunier, qui estoit accompaignié de dix compaignons ou environ, ces paroles ou semblables en substance : « Ribaux, vous avez dérobé le cheval de mon maunier. Vous ne le mènerez guères loing. » Et lors cellui qui estoit sur ledit cheval, nommé Colin le Selier, descendi à pié et mist la main à son espée. Et adonc ledit suppliant tira un coutel à un taillant qu'il avoit, et approcha dudit Sellier, lequel avoit un arc à escarpe. Sur lequel ledit suppliant cuida frapper dudit coutel. Mais ledit Selier tournoit autour dudit cheval, et tant que ledit suppliant le féry un coup assez près de l'aisselle, et en ycellui jour ledit Selier ala de vie à trespas. Pour occasion duquel cas ainsi advenu, ledit suppliant, lequel est de présent en nostre service soubz et en la compaignie de nostre très cher et amé cousin, Jehan de

Luxembourc, chevalier, notablement monté et armé, à l'encontre de noz ennemis et adversaires, où il a exposé et expose chascun jour corps et biens, a esté appelle à nos droits, etc. . . .

(Rémission adressée aux baillis d'Amiens et de Vermandois.)

Paris, avril avant Pâques 1421.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 172, pièce 34.)

LVÏ

Rémission pour un bourgeois de Soissons, à la considération

de Jean Pijon, qui avait bien servi le Roi à la reprise de

Soissons, et qui avait l'intention d épouser la fille du

suppliant.

Au siège de Soissons, mai 1414.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu Tumble supplicacion de Mahiet de Corcy7 bourgois et habitant de la ville de Soissons, contenant :

Que comme à la prinse et assault d'icelle ville de Soissons1, laquelle estoit, ou au moins les habitans d'icelle, rebelle et désobéissant à nous, Jehan Pijon, qui bien et longuement et loyaulment nous a servy en noz guerres, et mesmement en nostre présente guerre et armée, soit, à ladite prise faire, entré enl'ostel dudit suppliant. Lequel, ledit Jehan Pijon, prinst son prisonnier, ainsi que faire le povoit pour cause desdictes rebellions et désobéissances. El toutes voyes ledit Jehan Pijon, meu en pitié dudit suppliant et de sa

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