‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 47 sur 199 · Et saisit la pique · texte numérisé non relu

Et saisit la pique

cliey point à terre, mais demoura tout droit et siffla à la main ainsi que ung bergier, et tantost après il ala de vie à trespassement. Pour occasion duquel cas. . . .

(Rémission adressée au bailli d'Amiens.)

Paris, novembre 1415.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 168, pièce 419.)

Débat sur le prix de Vhuille. — Exaction de sergents. Paris, décembre 1421.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir esté humblement exposé de la partie des parens et amis charnelz de Jehannin Garet, povre jeunes homs, de laage de xxn ans ou environ, sergent à verge en nostre Chastellet de Paris, disant :

Que le xmie jour du mois de novembre derrenier passé, au commandement de nostre procureur oudit Chastellet, ycellui Jehannin Garet se transporta à la porte Baudoyer, à Paris, pour enquérir et savoir comment et à quel prix Guillaume Doulcet, chandelier et vendeur de menues denrées, demourant à ladicte porte Baudoyer, vendoit la pinte ou chopine de huile qu'il avoit en sa maison. Et en y alant, trouva et encontra en son chemin, près de ladicte porte Baudoyer, Pierre de Mireville et Guillaume le Goûteur, sergens à verge en noslredit Chastellet, lesquelz il appella et leur dist et récita le cas pour lequel il estoit là envoyé par nostredit procureur. Aussi fîst il à un appelle Le

Grenetier, voisin dudit Guillaume Doulcet, pour leur aidier à advérer et ataindre le cas. Et après ce qu'ilz feurent deuement informez par le moyen dudit Grenetier, que ledit Guillaume Doulcet, au moins sa femme et varlet, avoient vendu de ladicte huile au pris de m s. p. la pinte, combien que ledit Doulcet eust esté content et d'acord avec noslredit procureur de non vendre oultre ii s. vi. d. p. la pinte, jasoit ce que aux huilliers de ceste ville de Paris eust esté par noslre prévost de Paris permis de vendre la pinte ni s. p. et non plus, prindrent ledit Guillaume Doulcet et son varlet, et les menèrent pardevers nostredit procureur, ainsi quechargié avoit audit Jebannin Garet. Et jasoit ce que ledit Guillaume et sa femme en leur dit hostel et depuis, par ycellui Guillaume, en le menant oudit Chastellet, et aussi par un sien voisin nommé Le Vigneron, qui lui tint compaignie, feust offert par plusieurs et diverses fois, par belles et doulces paroles, audit Jebannin Garet et à un des autres sergens dessusnommez, qu'il z voulsissent prendre de l'or et de l'argent qu'ilz leur présentèrent manuelement, et par tant taire ledit cas advenu, sans les mener devers nostredit procureur, toutevoyes n'en vouldrent ilz riens recevoir, ne eulx cesser qu'ilz ne menassent devers nostredit procureur, oudit Chastellet. Mais bien leur dirent en les menant qu'ilz leur feroient le mieulx qu'ilz pourroient, et que qui leur feroit plaisir, qu'ilz ne retenissenl pas la peine des compaignons1. A quoy ledit Guillaume Doulcet respondi, que s'ilz povoient tant faire que ledit nostre procureur les délivrast, il leur donroit très bien à

\ . Autrement dit ils lui demandèrent une gratification.

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disner et une bonne paire de chausses à chascun. Et a tant fut mené ledit Guillaume Doulcet, seul, par devers nostredit procureur, en sa chambre oudit Chastellet. Auquel nostre procureur, ledit Jehannin Garet fist son rapport véritablement de ce qu'il avoit trouvé. Lequel nostre procureur demanda à ycellui Doulcet pourquoy il n'avoit tenu et fait ce dont il avoit esté d'acord avec lui, c'estassavoir de non vendre son huille plus de n s. vi. d. p. la pinte. Lequel Doulcet lui respondi que justice avoit ordonné et permis de vendre la pinte ni. s. p., et pour ce l'avoit fait, non adverti de ce, quant il avoit esté d'acord avec ycellui nostre procureur de vendre son huille n. s. vi d. la pinte. En disant à nostredit procureur, qu'il estoit d'acord de la vendre ledit pris de n s. vi. d., puisque promis lui avoit et qu'il lui plaisoit , non obstant que justice eust ordonné et permis la vendre ni s. p. la pinte. Et pour ce lui ordonna nostredit procureur, de son consentement, de la vendre n s. vi. d. la pinte, tant que celle qu'il avoit dureroit, et à tant l'en envoya. Et après ce qu'ilz furent hors dudit Chastellet, ledit Guillaume remercia lesdiz sergens et leur dist qu'il leur donroit à disner, et feroit ce qu'il leur avoit promis. Et de fait ledit Guillaume donna de l'argent à sondit voisin pour acheter à disner. El disnèrent ensemble, et ledit Grenetier avec eulx, en une taverne où fut despendu vin s. p. de forte monnoie, que ledit Guillaume voult paier et paia de fait, jasoit ce que ledit Jehannin Garet et autres dessusnommez se offrissent paier leur escot. Et avec ce fut baillié par ledit Vigneron, de par ledit Guillaume, n escus d'or audit Jehannin Garet, en disant que ledit Guillaume

les leur donnoit pour la peine qu'ilz avoient prinse pour lui. Et les receut ledit Jehannin Garet, en entencion de les distribuer entre lui et lesdiz sergens. Mais il est advenu que aincois que il l'ait fait, ledit Guillaume Doulcet ou sa femme se complaingnirent, le lundi ensuivant, à nostredit procureur de ce que dit est. Et pour occasion de ce que dit est, lesdiz Pierre de Mireville et Guillaume le Goûteur furent emprisonnés en nostre Chastellet de Paris, et ledit Jehannin Garet, doubtant rigueur de justice, s'est absenté et mucié, etc. . . .

(Suit la rémission adressée : « A nostre amé et féal conseiller et premier président en nostre parlement , maistre Philippe de Morviller, commis sur la police de nostre bonne ville de Paris, » — et au prévôt de Paris.)

Paris, décembre 1-421.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 171, pièce 477.)

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