Bellencombre {Seine-Inférieure
Que comme le mardi avant la feste du Sacrement derrenièrement passée, ledit Estienne eust donné à disner à un nommé Pierre Rousselin, prestre, pour lors demourant en ladicte paroisse et tenant les escoles audit lieu. Sur la fin duquel disner, icellui prestre se feust parti pour s'en aler, et eust dit à ladicte Robine, femme dicellui Estienne, que il vouldroit bien parler à elle se il lui plaisoit. Et après aucunes paroles dictes entre eulx, icellui prestre s'en feust aie assez près d'illec, en l'ostel d'un tavernier, nommé Guillaume Leclerc, demourant en ladicte ville de Bellencombre, et feust descendu ou célier dudit hostel. (Duquel célier ladicte femme le suy, et y entra par une fenestre bien basse qui estoit devers la court. Et tantost que ilz furent là, y feust descendu un nommé Guillaume Levasseur, jeune homme de l'aage de xx ans ou environ, lequel eut tiré du cidre en pot ou en choppine, et s'en feust parti sans parler à icelle femme, qui c'estoit muciée derrière une queue. Et bien tost après retourna oudit célier, faignant qu'il aloit quérir du sidre ou du vin. Et lors ledit prestre lui demanda qu'il quéroit. Et aussi ladicte femme, voyant que elle ne se povoit plus celer, se escrya à grant effroy, et dist en adréçant la parole audit prestre : « Si tu ne le tues, nous sommes perdus. » Dont elle n'est pas recorde que ainsi le deist, pour le grand effroi en quoy elle estoit. Et néantmoins, quoique elle deist, icelluy prestre, qui avoit liayne précédant audit jeune homme, si comme l'en dit, incontinent tira un coustel et en féry ledit Guilîeinin le Vasseur, un tout seul cop au dessus de la poitrine, entre le col et l'espaule. Dont, dedens xv jours après ensuivant ou environ, il ala de vie à
trespassement. Pour lequel fait ladicte femme s'esl absentée du pays, etc. . . .
(Arch. de l'Einp. Très, des Ch. Reg. JJ. 162, pièce 389.)
*GX
Adultère. — Le coupable, trouvé dans la ruelle du lit, est blessé mortellement par le mari, et meurt le lendemain.
Paris, 7 novembre 1408.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir oye la supplicacion de Colin Couleson (?), povre homme, chargié de femme et d'enfens, et varlet servant de Colart d'Audemare, escuier, contenant :
Que comme le dymenche, xve jour du moys de juillet derrain passé, à trois heures après disner ou environ, ledit suppliant se feust parti de l'ostel dudit escuier pour aler en sa maison. Et en y alant eust advisé en un jardin un merisier chargié de merises, ouquel jardin ledit suppliant entra, et monta sur ledit merisier, et illec cueilly des merises plain son chapperon. Lesquelles merises ledit suppliant porta en sa maison, en la parroisse d'Estouteville emprès Buchy1. Et il soit ainsi, que si tost que ledit suppliant entra en son jardin , ses en fans commencèrent à dire : « Vécy mon père. » Et tantost après ledit suppliant entra en sadicte maison, et donna à sesdiz en fans une partie desdictes merises, et l'autre mist en un plat d'estain. Et quant ledit suppliant ot baillié desdictes