Le 23 mai
2. Gometz-le-Châtel , ou Saint-Clair, en Hurepoix (Seine-et- Oise).
touz ensamble, un appelle Denis, né de Tilemont en Breban , et Hennequin Vaux, né de Lindres emprès Tillemont, vindrent oudit hostel, et s'efforcèrent de prandre et ravir ladicte Jehannète. Et adont fu ledit Guiot, qui est sergent dudit lieu de Gomiez, envoie q uerre pour faire défense de par le seigneur dudit lieu aus dessusdiz, qu'il ne meffeissent ou feissent force à ladicte Jehannète. Lequel y vint , et trouva que ledit Hennequin tenoit une dague nue, de laquelle il défendoit que ladicte Jehannète ne feust rescousse. Et lui dist ledit Hennequin, que c'estoit une putain, que aultrefois il avoit veue. Et lors ledit Guiot, qui est jeunes, simples et ignorant, et qui avoit paour que ledit Hennequin ne le férist de ladicte dague, jà soit ce que en sa présence ladicte Jehannète criast, dist tèles paroles : « Que dyables! mettez vous tant à faire? levez la et l'emmenez tantost et vitement, à ce que on n'en ait plus noise, » Senz autre chose dire ou faire. Et depuis a poursuy et aidié à prandre les diz Denis et Hennequin, lesquelz sont prisonniers pour ce. Et pour occasion de ce, soit ledit Guiot prisonnier, et doubte rigueur de justice, etc. . . .
(Rémission adressée au prévôt de Paris.)
Donné à Paris, ou mois de juing, l'an de grâce mil ccc un" et dix, et le xe de noslre règne. Par le Roy, à la relacion du conseil,
P. de Disy.
GXXVIIl
Outrage aux mœurs.
Saint-Germain en-Laye, janvier 1399.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion des amis charnelz de Robin Roussel, de la ville de Rosny1, povre jeune homme laboureur, contenant :
Que comme naguerres, ainsi qu'il estoit alez boire en l'ostel Guillaume Riquedent, en la ville de Blatru2, ouquel hostel il but et souppa avec ledit Riquedent et avec sa femme. Et quant ilz eurent souppe, ilz se prindrent à parler et à esbatre, en disant l'un à l'autre qu'ilz avoient plus grant membre l'un que l'autre, et gaiga ledit Riquedent pour un pot de vin qu'il avoit plus bel membre que ledit Robin. Et tant, que ledit Robin monstra le sien premièrement, et quant il i'eust monstre, dist audit Riquedent qu'il monstra le sien, ou qu'il avoit perdu un pot de vin. Lequel Riquedent ne le voult monstrer. Et pour ce ledit Robin se prist à la robe dudit Riquedent par esbatement, afin qu'il ne s'en alast et qu'il monstrast son dit membre. Laquelle chose despleut audit Riquedent, et se courça, en disant que se le dit Robin touchoit plus à lui, qu'il feroit que fol. Et lors ledit Robin, qui fu bien courcié de la honte qu'il avoit eue d'avoir monstre son menbre, et aussi de ce que l'autre se cour-