L'Epiphanie, le 6 janvier
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certain jour, bien lart, et \indrent audit lieu de Ville Roy, en Fostel de Jehan Durant, pour soupper ensemble. Et pour ce qu ilz n'avoient pas assez vin, ledit suppliant et un appelle Jehan Durant, prindrent une lanterne et une bouteille, et alèrent en lostel dudit suppliant et de sa mère, querre du vin. Et en eulx retournant, oyrent certaine noise vers le pont dudit lieu de Ville Roy, et alèrent veoir que c'estoit, et trouvèrent Synion Auboust, Guillemin Durant et Thomas Gopetin, lesquelz ilz avoient laissez oudit hostel de Jehan Durant, qui leur dirent (pi'ilz avoient illecques atrappez trois hommes à chevaulx desdictes gens d'armes, et qu'ilz en avoient gectë deux en la rivière, qui estoient mors, et Vautre s'estoit eschappè. Dont ledit suppliant fut tout effrayé, et dist que c'estoit mal fait et que mal pourroit bien venir, et qu'il vaulsist mieulx qu'ils s'en feussent déportez ou qu'ils eussent tout tué. Adont ledit Symon Auboust dist audit suppliant, qu^il aidast audit Gopetin à tenir et garder les trois chevaulx desdictes gens d'armes et les vestemens des deux qui estoient gectez en ladicte rivière. Lequel suppliant, qui est jeune homme, d'environ l'aage dessusdit, qui n'osa désobéir, pour double d'estre batu ou tué, ayda à mener les diz chevaulx audit Gopetin, en un aunoy assez près d'ilecques. Et assez tost après, vindrent autres gens d'armes, et trouvèrent lesdizsupplians et Gopetin oudit aunoy, gardans lesdiz chevaux et vestemens, mais ledit Gopetin s'enfouy, et ledit suppliant demoura, qui fu moult durement batu et playé par la teste, par les jambes et autres parties de son corps; et l'en vouldrent mener lesdictes gens d'armes. Mais il se eschappa, et gecta en ladicte
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rivière, tout ainsi navré qu'il estoit. Pour occasion duquel fait. . . •
(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris.) Paris, mars 1^15.
(Arcli. de i'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 169, pièce i7t.)
Moulins détruits par la guerre.
Creil, 24 février 1417.
Gharles, parla grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu la supplicacion de nostre chier et bien amé. Bureau de Dicy, nostre premier escuier de corps et maistre de nostre Escuierie, contenant:
Que comme il soit seigneur de Vaulx lez Gorbueil ayant illec haulte justice, moyenne et basse, avecques plusieurs beaulx droiz appartenans à ycelle seigneurie, entre lesquelx lui compelte et appartient un moulin, appelle le Moulin Galan, estant sur sadicte terre et seigneurie. Et ayons entendu que tous les moulins séans sur la rivière d'Essonelez Gorbueil, qui sont appeliez moulins bastars, ont esté tous destruiz et gastez par la venue que derrenièrement a faicte le duc de Bourgongne, ses gens et alliez, rebelles etdésobeissans à nous et à nostre seigneurie devant ledit Gorbueil, excepté ledit moulin dudit Bureau. Lesquels moulins bastars a cause de leurs droiz, pevent avoir chascun deux fermiers et deux boulengiers, ou deux fermiers et un boulengier, pour aler mouldre ausdiz moulins bastars, qui
424 RÈG?iE DE CHARLES VI. sont cerfz et subgiez aux nostres, audit lieu de Corbueil. Et quant noz dis moulins sont si plains et engorgiez d'eaues qu'ilz ne pevent mouldre, les fermiers de noz diz moulins pevent faire mouldre leurs subgiez ausdiz moulins bastars, par nous paiant moulture, ou à nosdiz fermiers. Laquelle chose on ne peut faire au moulin dudit Bureau, pour ce qu'il nVst pas moulin bastart des nostres, ne privilégié en ce. Et pour ce nous ait requiz que nous vueillons octroyer sondit moulin estre de la condicion des autres dessus nommez. Nous, considérans les bons et agréables services que nous a faiz par moult long temps ledit Bureau de Dicy, en plusieurs et maintes manières, et fait chascun pour, et espérons que encore face ou temps avenir, et qu'il a esté nourry entour nous joesnes enfant, etc
(Suit l'octroi de la faveur demandée.)
Creil, 24 février Uil.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce i2b.)
Laboureur de Dury en Beauvoîsis réduit à habiter une carrière ai^ec sa femme et ses enfants^ par crainte des gens de guerre,
Creil, 23 mars 1^17.
Charles, par la grâce de Dieu, roi de France. Savoir faisons a tous présens et avenir. Nous avoir reçeu Tumble supplicacion des parens et amis charnelz de Guillemin Hure, povre laboureur, chargié de femme et de trois pelis enfans, né et demeurant à Dury en la paroisse de Buryen Beauvoisis, contenant :
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Comme depuis demi-an ença ou environ, ledit Guillemin Hure se feust transporté en une carrière ou caverne de pierre qui est joingnant ou assez prez dudit Bury. En laquelle carrière ou caverne et à l'entrée d'icelle, ledit suppliant avoit faicte une manière de logis pour retraire soy, sa femme et enfant, avec un petit de mesnage qu'il avoit, pour la double des gens d'armes qui couroient ou pays. En laquelle carrière ou caverne un nommé Jehan Drouet, dudit lieu de Dury, se voltlogier, etc
(Il s'ensuit un combat où Drouet est tué. La rémission est adressée au bailIi de Senhs, avec cette clause : « Parmy ce qu'il tendra prison fermée par 1 espace d'un mois, dont les xv jours seront au pain et à l'eaue. ») Creil, 25 mars 1417.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, no 127.)
Don à Jean de Poligny, dit Chapelain, garde des coffres et joyaux du Roi, des biens confisqués sur Jacques Lempereur^ armagnac.
Paris, 29 mai 1418.
Charles, par la grâce de Dieu, roy de France. Savoir faisons à touz présens et advenir. Que comme il soit notoire que Jaques Lempereur, naguères nostre eschançon et conseiller, a tenu le parti du comte d'Armionac et de ses aliez, adhérens et complices, sédicieux et perturbateurs de paix, en les aidant, favorisant, conseillant et confortant de tout son povoir à Tencontre de nous et de nostre très cher et très amé cousin le duc de Bourgongne. Et par ce ait commis crime delèzeinajesté, et forfait et confisqué tous ses biens quelzcon-
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