MARINS
Prises en mer.
Paris, 1" janvier 1405.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l'umble supplicacion de Jehan Ramequin, contenant :
Que comme nagaires il se feust mis sur la mer, en une barge appartenant à nostre amé et féal conseiller et chambellan le sire de Heugueville , maistre de noz arbalestriers, pour faire guerre et porter doumage aus ennemis de nous et de nostre Royaume, et eust esté
présent à prendre une nef, portans vivres et autres marchandises, qui aloit ou pais de nozdis ennemiz d'Angleterre, en laquelle il avoit deux jeunes femmes du pais de Flandres ou d'Alemaigne. Laquelle nef, avecques les biens qui dedens estoient etlesdictes femmes, eussent esté admenées en nostre ville de Harefleu, et lesdictes femmes mises en ycelle ville. Lesquelles, tantost après, se trairent en ung hostel en ycelle ville de Harefleu. Et pour ce qu'elles congnoissoient ycelui exposant, lui dirent ou firent savoir qu'il alast parler à elles. Lequel y ala, en la compaignie d'un appelle Gabriel le Pescheur , trompeté de ladicte barge , et trouva lesdictes deux femmes et deux Flamans ou Alemans avecques elles, et une autre femme, qui se dormoit sur un lit. . . .
(Querelle des matelots avec les Allemands, dont l'un est tué.)
Paris, !«' janvier 1505.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 160, no 131.)
Chirurgien qui tue un vendeur de thériaque avec lequel
il courait le pays.
Paris, mai 1381.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de Jehan Merlin, cirrurgien de rompt ure et de taille :
Que comme environ la miaoust derrenièrement passée ot un an , il se feust accompaigniez d'un
ti iachier ' , nommé Adam le Lièvre , pour aler par pais pour leur pain gaignier de leurs sciences ou mestiers. Et en certain jour feust avenu, en cheminant, que ilz s'embatirent près d'une rivière vers Cariât, où les ennemis de nostre Royaume estoient. Et pour eulz porter oultre ladicte rivière , eussent iceulz exposans et Adam, ou l'un d'eulz, marchandé à un homme qui savoit les guez et passaiges d'icelles. Et se feust fait porter ledit exposant le premier oultre ladicte rivière, et ledit Adam le Lièvre ne se daigna faire porter, pour despit d'un pou de tenson ou riote que ilz avoient eu enseml)le, comme compaignons et gens qui cheminent ensemble ont aucune foiz. Mais passa de soy mesmes ledit Adam le Lièvre la dicte rivière. Dont ledit exposant lui dit qu'il faisoit que fol que il ne se faisoit passer, quant il estoit communal en la despence. De quoy ledit Adam prist à murmurer. Et le attendi , ledit exposant, jusques à ce qu'il feust passé, afin que ilz s'en alassent ensemble, et lui dit : « Ores, cheminons en nom de Dieu. » Après lesquelles paroles , ledit Adam lui dist : « Va t'en devant si tu veulz. » Lequel exposant chemina tant que il trouva une fontaine , de laquelle il but, et menga d'une miche que il portoit, et pria audit Adam le Lièvre que il beust d'icelle fontaine et mengast de la miche, et puis s'en alassent. De laquelle chose il ne voult riens faire. Mais lui dist encores, qu'il s'en alast, et que avecques lui n'iroit point. Lequel exposant s'achemina tant que il monta une grant montaigne et entra en un bois, ouquel ledit Adam le Lièvre le poursui, tant que il l'aconsui