‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 111 sur 264 · Un vendeur de thériaqiie · texte numérisé non relu

Un vendeur de thériaqiie

oudit bois, et d'un glaive ou darde * que il portoit, le féry traitement par derrières, et l'actaint ou cousté du bras destre, dont il le navra. De quoy ledil exposant fu moult esbahi, et pour ce, se prist fort à cheminer, pour doubte d'icellui Adam. Lequel le suivoit tousjours, ledit glaive ou darde entesé pour le férir. Et pour paour de mort, ycelui exposant choisi un caillou à terre, lequel il gecta contre ledit Adam. Duquel caillou il le enversa à terre, et doublant que se il redreçoit, qui ne l'occisist dudit glaive ou darde, ou de sa dague que il portoit; laquelle ledit exposant lui osta, et l'en féry, dont il mourut. Et le laissa illecques, ou tira un pou dedenz le bois, sans lui oster riens du sien. Pour occasion duquel fait ledit exposant, pour doubte de rigueur de justice s'est absentez du pais, etc.

Paris, mai 1381.

(Aich. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 119, pièce 44.)

Boulangers.

Paris, avril après Pâques 1382.

Charles, etc. Savoir faisons àtouz présens et avenir. Que oye l'humble supplicacion de Jehan Senliz, dit Heurtreu, boulengier, demourant en la ville de Lavanne*, chargié de femme et de vi enfans, contenant :

Que comme le jour de la fesle Nostre-Dame en Mars derrenièreuient passé, ledit suppliant, qui aacoustumé d'aler quérir et acheter bief par les foires et marchiez

i . Glaive y demi-pique, javelot. — 2. Lavannes [Marne),

pour faire et exercer sondil mestier de boulengerie, se feust partiz de son liostel de ladicte ville de Lavanne , et avec lui son varlet et n voitures, es quelles avoit v sacs vuis et i plain de fromment, pour aler en la ville de Cliasteau en-Porcien, en laquelle avoit lors foire et très grant marchandise de bief. Et en allant son chemin, eust icellui suppliant deschargie ledit sac, qui estoit plain de fromment, pour icellui faire moldre au molin de la ville d'Isle, et lequel fromment ledit suppliant avoit prins et chargié en sa maison comme dessus est dit. Lequel suppliant venu en la dicte ville de Chaslel, eust fait sa marchandise et son emploite; tant qu'il emplisl sesdiz v sacs de fromment, et se ilz ne furent louz plains si ne s'en failloit il guères, et les mist en la halle aublefduditlieude Chastel, dele/et emprès autres sacs deblef. Et tanlost après ledit suppliant, qui avoit grant désir de s'en retourner de bonne heure en son hoslel, où il puet avoir dudit Chastel v lieues ou environ, non recordant ne souvenant de son sac plain de bief qu'il avoit laissié audit molin d Isle en venant, et |)Our la haste qu'il avoit de s'avancier et soy délivrer, pour la grant presse et foule de gens qui lors estoit en ladicte haie, cuidant qu'il eust tous les vr sacs qu'il avoit acoustumez de mener, empliz de bief, eust par inadvertance et mesprison chargié et mis sur sesdictes voilures n autres sacs plains de fromment qui estoient d'encoste les siens , avec iiii des siens. Esquelz n sacs povoit avoir environ vi sextiers et demi de fromment à la mesure de Chastel. Et eust laissié l'un des siens, ouquel il povoit avoir environ X quartels de fromment. Et s'en feust ainsy partiz et alez de ladicte ville de Chastel, lui et sondit varlet et

ses voitures, en amenant lesdiz vi sacs de bief. Et ainsy comme il s'en venoit son chemin, un appelé Colart Plaquarl, demourant en la ville d'Avanson, Teust acousuy et attaint delez la ville de Saint-Leu, en disant audit suppliant qu'il avoit chargié n sacs de fromment qui estoient dudit Colart et de compaigons qu'il avoit, et qu'il avoit laissié d'autre en lieu. Et lors icellui suppliant resgarda en sa charrette qu'il menoit , et tant les cordes dont lesdiz n sacs estoient liés, comme par les saings dont ilz estoient saingniés , vit et apperçeut qu'ils n'estoient pas siens. Et tantosl ledit suppliant et ledit Colard s'en alèrent en ladicte ville de Saint-Leu, et là deschargèrent lesdiz 11 sacs de bief, en un certain hostel de la congnoissance d'icellui Colart, disant qu'il paieroit voulentiers la voiture audit suppliant. Et depuiz est avenu que les gens de nostre amé et féal cousin, le conte de Porcien se sont transportez en ladicte ville de Saint-Leu par devers la justice du lieu, et ont reprins le dit bief et ramené au dit lieu de Chastel, en disant que icellui bief estoit audit Colart et autres ses parsonniers, si comme l'en dit. Pour lesquelles choses ledit suppliant, qui est simples bonis et bon marchant, etc.

(Suit la rémission.)

Donné à Paris, ou moiz d'avril après Pasques, Tan de grâce mil cccni" et n et le second de nostre règne. Par le conseil estant à Paris.

P. DE TRIG]>rY.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. t20, pièce 206.)

Condition des apprentis,

Paris, septembre 1382.

Charles, etc. Savoir faisons à touz présens et avenir. K nous avoir esté exposé par Jaquet Paille, espiciée,

demourant à Paris :

Comme environ un mois a, il eust un varlet ou apprentiz à sondit mestier, appelle Thibaut Risette, demourant avec lui en sa maison. Lequel ex[>osant, pour aucune chose, féry ledit varlet sur la teste , d'un baston ou pendoient clefs, tant ciue il lui fist deux plaies ou trois petites, tant du baston comme des dictes clefs. Et se parti ledit varlet de Tostel dudit exposant, et se fist appareiller par l'un des voisins de la rue où demeure ledit exposant. Et depuis ledit varlet accorda audit exposant. Et ont esté en bonne paix et amours, et pardonna ycellui varlet à sondit maislre, toute l'injure et bateure qu'il lui avoit faicte, et de ce fist quittance audit exposant par devant deux notaires de nostre Chastellet de Paris. Après laquele bateure, ledit varlet demoura à Paris par xii jours ou environ, et ala boire et mangier plusieurs foiz chiez ledit Jaqiiet Paille, son maistre. \uquel varlet ledit exposant donna congié d'aler à Reims veoir ses amis, et de retourner, se il lui plaisoit. Et ou cas qu'il ne retourneroit, il lui cjuictoit son servise, jassoit ce qu'il ne l'eust pas accompli. Après lesqueles choses, le dit varlet se mist à chemin pour aler à Reims, à pié ou autrement, par le temps qui estoit chaud, et lui arrivé

GEINS DE MÉTIERS. d59

à Reims ou près d'illesques, accoucha malades, et est aie de vie à trespassement. Et pour ce, double ledit exposant, etc. . . .

Donné à Paris, ou mois de septembre l'an de grâce mil CGC un" et deux et le second de nostre règne. Es requestes de l'ostel.

Gautier d'Orgemont.

(Arch. del'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 121, jiièce 131.)

Mœurs des ouvriers. — Tailleur qui vole sa pratique,

Paris, janvier 138o.

Charles, etc. Faisons savoir à tous présens et avenir. INous avoir receu l'humble snpplicacion de Gérart Piart, povre varlet cousturier, contenant :

Que naguerres, lui, moult pensis comment il fineroit de la taille où il estoit imposez , Thévenin Bourdon s'adreça à lui ; et pour finer de ladicte taille, lui ofriz ledit Gérart, vendre deux aunes de drap que il avoit achetées pour faire une cote hardie à sa femme. Et tant traictièrent ensemble, que ledit cousturier lui vendi ledit drap, et d'icellui lui devoit faire une houpelande ou autre habit, parmi xxxv s. par. ou environ, pour drap et pour façon. Et lui aulna le drap devant lui et rompi la lisière, prist sa mesure, et gecîa la manière de l'abit qu'il devoit faire pour ledit Thévenin d'autre drap, et puis lui dist qu'il lui feroit bien sa besongne, et lui feroit dudit drap bon abit, selon ladicte mesure. Toutes voies, pour cuidier satisfère audit Thévenin d'autre drap, et pour eschiver le couroux

de sa femme, qui est jeune, laquelle il a espousé puis XV ou XVI mois et si a jà eu uu enfant il ala querre autre drap sur la couleur d'icellui qu .1 avo.t ams. vendu et dont il avoit promis faire ledit hab.t, et considéré que ledit autre drap estoit plus large du premier vendu, n'en prist que sept quartiers ou envuon , qui couslèrentxxvi s. ou environ, dont il fist une houpelande, selon ou jouxte ce qu'il avoit prise la mesure duditThévenin. Mai/, le dit Thévenin, que ce n estoit pas son drap qu'il avoit acheté , et ne le vouk pas prendre. Et après plusieurs paroles entre eulx dictes, fist ledit Tliévenin par un sergent séeler le premier drap par lui acheté , sans commandement du juge. Lequel séel, ledit Gérart, simple et ignorant, osta Et finalement alèrent les parties de relevée, pour leur débat, par adjournement, devant l'un des juges d embas du Chastellet de Paris. Et là, faicte répéticion du cas, ledit juge envoia ledit Gérard oultre le guichet du Chastellet de Paris, prisonnier. . . .

(Rémission.)

Paris, janvier 1383.

(Arch. de l'Erap. Très, des Cl.. Reg. H. 128, pièce 42.)

LXXXTTÎ

Querelle entre des ouvriers h AbbeuiUe. Payement

de hieîwenue.

Paris, août 1400.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l'humble supplicacion de Climent .lourdan, contenant :

Que comme environ la Teste de Saint-Riquier proucbainement venant aura deux ans, ledit suppliant, qui est vanier , et un sien compaignon , feussent alez demourer en la ville d'Abbeville pour y ouvrer de leur mestier. Et environ trois semaines après, y ala demourer semblablement un nomme Thomassin Gornel, qui est audit mestier. Auquel ledit suppliant et autres compaignons d'icellui mestier demandèrent sa bien venue. Et sur ce assemblèrent jusques au nombre de onze personnes, en la maison et taverne de Maliieu Canivet, en l'enseigne de l'Escbiquier, audit lieu, environ l'eure de vespres, là où ilz burent ensemble. Et assez lost après, ou propre jour , vindrent boire en ladicte taverne trois autres compaignons tailliers, et queutilliers et se assirent en une cbambre joignant et assez près du lieu où ledit suppliant et ses compaignons buvoient. Et

ainsiquelescinqd'icellecompaignie, qui estoient jeunes enfans, dont estoit l'un ledit suppliant, se esbatoienl à danser, sans aucniement penser ausdiz tclliers, environ l'eure de jour faillv, iceulx telliers esmeurent très grant noise et débat l'un à l'autre, et tellement se démenèrent que les autres six de ladicte compaignie, ou aucuns d'eulx, alèrent entre deux, et relevèrent la table que les diz trois telliers avoient abatue; et ce fait s'en retournèrent à leur escot. Et incontinent Icsdis telliers non contens de [ce] renouvelèrent de rechief moult grant noise et débat entre eulx, et tant, que ledit suppliant et tous ses compaignons y alèrent. Et à la mesure qu'ilz entroient en ycelle cbambre, Tun desdiz telliers, nommé Jeban Ouffier, queutillier, qui tenoit un pot d'estain en sa main, dont il ruoit et frappoit grans coups sur aucuns de la compaignie dudit suppliant. II il

Et tellement se meslèrent ensemble lors, que ou dit débat et assemblé, ledit Jeban Ouffier f« férus d un coustel parmi le corps, par aucuns de la compa.gn.e où ledit suppliant estoit; mais on ne sçet lequel se fu, pour ce qu'il estoit nuit, et ne véoit on goûte. Duquel cop mort sensuy assez tost après en la personne dudit Jehan Ouffier, etc. . . •

(Rémission, adressée au bailli d'AbbeviUe.)

Donné à Paris, ou mois d'aoust , l'an de grâce mil cccc et de nostre règne le xx".

Par le Roi, à la relacion du conseil.

P. DE La Mote.

(Arch. del'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 185, pièce 184.)

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