Mont-Eglise [Manche
dont ledit Jelian n'avoit lors, pour son mouvement et chaleur, aucune recordacion ; et ne sçevent lesdiz supplians se pour ledit fait il est bannis par son absence. Si nous ont humblement supplié, etc
(Rémission adressée au bailli de Cotentin.)
Donné à Paris, au mois d'aoust mil cccc, et le xx de nostre règne.
P. de Sauls.
(Arch. de l'Enip. Très, des Ch. Reg. JJ. 155, pièce 176.)
XGVIII
Rémission pour lui valet des chevaux du duc cV Orléans,
coupable dlioinicide.
Paris, janvier 1405.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçue l'umble supplicacion des amis charnelz de Martin Dimenche, varlet de chevaux de nostre très cher et très amé frère, le duc d'Orléans, prisonnier, détenu en nostre Chastellet de Paris, contenant :
Comme depuis dix ans ença ou environ, une lieue de nuits ledit Martin, ayant la garde des grans lévriers de nostredit frère, eust enfermé lesdiz lévriers en une chambre de la Conciergerie de nostre hostel lez Saint-Pol, en laquelle chambre Jehan de Dreux,
i . Locution qu'on rencontre assez fréquemment dans les lettres de rémission, et qui équivaut à une heure de nuit.
pour lors escuier d'escuierie de nostredit frère, estoit logiez. En yceile chambre feust seurvenu par plusieurs fois, un nommé Jehan de Vaulx, pour lors serviteur dudit Jehan de Dreux, et à chascune fois que ledit de Vaulx entroiten ladicle chambre, il la laissoit ouverte. Par quoy lesdiz lévriers s'en partirent et eslongnèrent bien loing, et tant que pour eulx trouver il esconvinl audit Martin grandement despendre du sien, pour double qu'il avoit d'encourir l'indignacion de nostredit frère. Et il soit ainsi, que quant lesdis lévriers furent trouvez et de rechef enfermez en la chambre dessus-dicte, ledit Marlin pria audit Jehan de Vaulx que ladicte chambre nevoulsist laisser plus ouverte. Mais ce non obstant, ycelui de Vaulx la laissa ouverte. Et pour ce, ycelui Martin lui dist que c'estoit mal fait. Et sur ce, se meurent entre eulx plusieurs paroles, et tant que ledit de Vaulx commença à faire et battre ledit Marlin. Lequel Martin, doublant qu'il ne feust plus avant navré ou injurié par ycelui de A aulx, s'en fouv à garand es estables de ladicte Conciergerie, es quelles il trouva un coustel, qu'il prist en sa main. Et pour ce que ledit de Vaulx le poursuy es dictes pour le balre ou injurier, ycelui Martin, de ce esmeu, et eschauffé de chaudecoîe pour cause de ce que ycelui de Vaulx s^esforcoit de plus en plus de le navrer, dona audit de Vaulx un seul cop dudit coustel, sur la teste. Duquel cop mort s'ensui en sa personne. Pour occasion duquel fait, ledit Alartin fu prins et mis en noz prisons dudit Chastellet, etc
Paris, janvier 1405.
Es requestes de l'hostel.
(Arch. de i'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 160, pièce 182.)
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RÈGiSE DE CHARLES VI.
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XGIX
Meurtre commis à Poissy.
Paris, octobre 1408.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu Tumble supplicacion de Guillemin Bourgoiz, povre jeune homme, foulon, demeurant à
Poissv, contenant :
Que comme le jour de Pasques fleuries derrenièrement passées, environ heure de vni heures de nuit, eust eu plusieurs paroles entre Marion, pour lors chamberière et serviteresse de Jehan Cane, prestre, vicaire de l'esglise INoslre-Uame de l^oissy, d^uie part, et la femme dudit suppliant d'autre, pour ce que ledit suppliant et sa dicte femme disoient et accusoient la dicte Marion qu'elle les avoit accusez devers le prévost de Poissy. Pour raison de laquelle accusation \h avoient esté grandement intéressez et dommagiez. Laquelle Marion respondy que non avoit, et que onquespuis qu'ilz estoient venuz demourer en la rue, il n'y avoit eu que noises et tençons, et que c'estoit un homme de néant et qui riens ne valoit; en le appelant larron, et qu'il ne s'oseroit faire veoir en son pays ne n'y oseroit aler, et qu'il avoit esté tourné au pilory. Après lesquelles paroles, ledit Guillemin respondit à ladicte Marion, (lu'elle ne valoit riens de ce dire, et qu elle mentoit comme faulse putain, maquerelle prestresse qu elle estoit. Et lors, tantost après les dictes paroles dictes, ledit suppliant s'en ala en son hostel pour coucher ; lequel estoit pour lors tenant et joignant
CRIMES ET DÉLITS. iqj
de l'ostel où demouroit ladicte Marion. Et ledit suppliant ainsi aie à son dit hostel, en sa chambre, tout nu en sa chemise, oy et entendi que ladicte Marion disoit qu'elle se iroit plaindre de lui au prévost de Poissy. Et la femme d'icellui suppliant estoit en bas, et tenoit son huys entre cloz,,et respondi à ladicte Marion et aux autres gens qui estoient illec, que pour Dieu ilz s'en alassent coucher. Et en disant lesdictes paroles, arriva feu Jehan Real, qui demouroit en la rue en lostel joignant d'icellui suppliant, qui dist et respondi à la femme dudit suppliant, que elle mesmes s'en alast coucher, et que onques puis quelle et son dit mary estoient venuz demourer en ladicte rue et oudit hostel, ilz n'avoient eu que noises et tençons. En reprenant ou soustenant les paroles semblables ou en substance que avoit dictes icelle Marion, ou partie d'icelles. t>our quoy, ledit suppliant, qui ouy les dictes paroles, comme meu et eschauffé, par temptacion de l'ennemy, se parti de son hostel, tout nu en sa chemise, tenant un coustel en sa main, et ala en la rue où estoit icellui Real, auquel il donna et frappa dudit coustel un seul cop sur la teste. Duquel cop ledit Real ala de vie à trespassement, m ou quatre jours après, ou environ. Pour quelle cause ledit suppliant s'est absenté de nostre Royaume, etc....
Paris, octobre 1408.
(Arch. (le l'Enip. Très, des Ch. Reg. JJ. 163, pièce 67.)
Rémissio?i pour une sermnte du commandeur du Maguillet, en Berri, qui, de dépit d'avoir été renvoyée par son maître, avait tué sa rivale d'un coup de couteau.
Paris, octobre 1417.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Mous avoir oy Tunible supplicacion de Jehanne Foucaude, poure chambrière, contenant :
Que le mercredi, xiif de septembre derrenièrement passé, ladicle suppliante, qui estoit cliambrière de frère Pierre Guyneux, commandeur du Maguillet, au lieu de CulantS ou bailliage de Saint-Pierre le Moustier, et ledit commandeur, orent paroles ensemble; et tant que icellui commandeur mist hors ladicte suppliante de son hostel. Et ledit jour, à soleil couchant, icellni commandeur mena en son hostel Jehanne de ïouraine, au sçeu de ladicte suppliante, et la mist en sa chambre, où il avoit acoustumé de coucher. Et quant ladicte suppliante apperceut le fait, elle ala après, comme dolente et courrouciée, et trouva (pie sondit maistre et ladicte Jehanne estoient Vun sur l'autre en ladicle chambre. Et quant ladicte suppliante les apercent ainsi estre, elle ferme l'uys de ladicte chambre sur euk et actendi qu ilz eussent fait leur voulenté. Et après yssi de ladicte chambre ladicte Jehannecte, et s'adreça ladicte suppliante à elle, et lui dist qu'elle ne povoit nier qu'elle ne feust putain. Laquelle Johannecte