‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 19 sur 264 · Enregistrées au Parlement le 18 février · texte numérisé non relu

Enregistrées au Parlement le 18 février

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120 PIÈCES IlSÉDITES.

meos pro posse meo , obligo me et omnia bona mea presencia et futura et hereclum meorurn. In quorum testimonium présentes litteras manu propria scripsi, et sigillo meo consueto sigillavi, anno Domini m° ccc" nonagesimo tercio, mense februario.

{Très, des Ch. Reg. JJ coté O, fol. 29, n^ 12.)

Attaques cV Enguerran de Monstrelet contre monseigneur de Fieffés.

11 mai 1394.

Lundi xi^ jour de may mil ccc mi" xiiii. Sens.

Entre le procureur du Roy et mons. de Fieiïes demandeurs d'une part, et Thomas de Rosières dit Froissart, escuier, défendeur d'autre part : Dient les demandeurs, que environ le moys de septembre derrenièrement passé, ledit de FiefTes clievauchoit sur les champs, lui et son page seulement, et lors Enguerran de Monstrelet, acompaignié de plusieurs ses complices, sans aucunes desfiances précédans, couru sus audit de Fieffés; mais icellui de Fieffés s'en fouv et ne eust lors point de villenie. Et peut estre que la cause de ceste hayne est telle. C'estassavoir que dem ans a ou environ, ledit de Fieffés avoit plusieurs belles et notables robes et vestemens, dont il perdi une grant partie qui lui furent embJez. Et par souspeçon, aucuns des varies et serviteurs dudit Enguerran furent prins et confessèrent avoir prins lesdictes robes. Et en hayne de ce, ledit Enguerran a juré qu'il deslruira ledit de Fieffés. Et a fait ledit Enguerran plusieurs armées et

chevauchiées. Et derrenièrement, environ le Noël derrenierement passé, ledit Enguerran, acompaignié dudit Froissart et de pluseurs varies et autres ses complices, trouva ledit de Fieffés sur les champs qui chevauchoit à un sien hostel pour veoir ses héritages, et incontinent que ledit Enguerran Tapperceut, il et sesdiz complices, assaillirent ledit de Fieffés, lequel, pour ce (ju'il n'estoit mie assez fort pour se défendre contre eulx, s'en fouy et se bouta en un hostel enmi les champs. Et tantost lesdiz complices assaillirent ledit hostel, et pour ce qu ilz ne porent entrer dedans ledit hostel pour injurier ledit de Fieffés, ilz boutèrent le feu en icellui hostel au bout de leurs lances que ilz avoient. Et en après, trouvèrent des chevaulx dudit de Fieffés, lesquelzilz tuèrent de leurs espées, ledit Froissart aidant et confortant. Dit que le bailli d'Amians, en qui juridiction les crimes et maléfices ont esté perpétrez et commis, n'en a fait aucune punicion, et pour ce, par impétracion royal, informacion a esté faicte et la cause venue en la court de céans. Si conclut à rencontre desdiz Enguerrand de Monstrelet et Froissart, que ilz soient condempnez en corps et en biens, ou en autres telles amendes que la court ad visera. Et en amendes honorables, à genoulz et en chemise, cy, et au lieu; et en amendes profitables envers le Roy, chascun en mil livres, et envers ledit de Fieffés, chascun en deux mil hvres, et chascun pour le tout, et prison, et rendre au dit de Fieffés ses chevaulx, ou prisiiii*^ frans.

Respont Froissart en personne et propose son alibi, en disant après serement fait de dire vérité, que le jour que sa partie adverse propose le fait avoir esté perpé-

tré, ledit Froissart estoit alez avecques un escuier du pays pour estre présent à faire un certain marchié de héritages. Et dit et afferme que il ne fu onques en lieu ou l'en feist anuy ne desplaisir en quelconque manière au seigneur de Fieffés. INe onques ne fu aidant ne confortant de luy faire anuy ne desplaisir. Et oultre propose la déclinatoire en disant qu'il est clerc en habit et tonsuré.

Apoinctié est que les parties sont contraintes ; si feront leurs faiz par préfixion à landemain de la Saint Jehan prochainement venant. Et ledit Froissart respondra en personne aux articles de partie adverse. Et cependant ledit Froissart est receu par procureur, parmy ce qu'il comparra en personne en la court de céans à la récepcion de l'enqueste.

{^rch. de l'Emp. — Reg. XIII du Crim., fol. 209.)

Le trésor du roi à la tour du Louvre.

7 septembre 1394. '

Au fol. 19 d'un petit cahier de 20 feuillets de parchemin, qui contient un état des deniers comptants du roi, on lit :

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