‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 87 sur 264 · Buxières-lez- Bel mont [HaiUr-Marrir · texte numérisé non relu

Buxières-lez- Bel mont [HaiUr-Marrir

d'icelUn* lieu, et en autres lieux environ. Pourlaquèle chose avoir, ledit feu de Rogemont fist et fist faire plusieurs requestes et somacions audis doven et chapitre, sur Jesqueles il ne pot avoir aucune response valable desdiz doyen et chapitre. Et pour ce, icellui de Rogemont, considérant que lesdiz doyen et chapitre, à tort et contre raison, détenoient,occupoient et ne lui vouloient rendre sesdiz héritages, accompaignié de plusieurs gens, tant nobles comme autres, et tant de nostre royaume comme de la conté de Bourgongne, et des pais de Lorraine et d'Alemaigne, ses compaignons , aliez et complices en ceste partie, couru et fist courir en plusieurs villes et vilages apparlenans ausdiz de chapitre, estans en nostre dit royaume. Esquelles villes furent sesdiz compaignons, complices et ahez; et par eulx prins plusieurs hommes et raenconnez plusieurs bestes grosses et menues, dont icellui de Rogemont, sesdiz complices, compaignons et aliez, firent leurs voulentez. Et en oultre, ausdiz doyen et chapitre, fist et fist faire ledit de Rogemont plusieurs autres grans guerres et dommages. Esqueles guerres et dommages faisans, furent et ont esté mors plusieurs personnes, tant d'une partie comme d'autre. Et en oultre, pour ce qu'il vint à la cognoissance dudit feu de Rogemont, que en ladicte ville de Lengres estoient venuz plusieurs personnes, gens d'armes, comme Jehan d'Aunoy, pour lors bailli de Chaumont, et autres, qui tenoient le parti des Armignas, et qui estoient contraires à la bonne ville {sic) enlencion et voulenté de nostre très chière et très amée compaigne la Royne, et de nostre très chier et très amé cousin le duc de Bourgongne, icellui de

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Rot-emoiil, sesdiz compaignons, complices et alie/, vindrent devant ladicte ville et cité de Lengres en offrant aux bourgois et habitans de lad.cte v.lle et cité, qui tenoient nostre parti et le part, de nos re dicte compaigne, de leur aidier et secourir contre lesdiz doyen et chapitre, leurs aliez et complices. Lequel de Rogemont et sesdiz compaignons estans devant ladicte ville de Lengres, plusieurs dommages, injures et villenies leur furent dictes et faictes par lesdiz de chapitre et leurs aliez. Parquoy mort s en ensuy vy en plusieurs personnes, tant d'un coste comme d'autre. Et pour occasion desdiz débaz, ledit de Rogemont et sesdiz compaignons firent plusieurs maulx et dommages aus.liz doyen et chapitre, et a iceulx de ladicte ville, tant en prises de bestes, de biens, raencons de leurs hommes et subjez, comme autrement. Et lantost après, et durant la vie dudit Rogemont, fut faittraictié, et passé certain accort entre ledit feu de Rogemont, tant pour lui comme pour sesdiz compai- <^nons, gens, serviteurs, complices et aliez d'une part, et lesdiz doyen et chapitre, et aussi lesdiz bourgois et habitans de la dicte ville de Lengres, pourtant comme àchascun d'euk povoit toucher, d'autre part. Pour et ouquel accort, entre et autres choses, estoit et est contenu que lesdictes parties demourèrent et demourroient en bon accort ensemble, de et sur les choses dessusdictes, et demourroient quictes 1 une envers l'autre de toutes pertes et dommages quelxconnues, moyennant ce que ledit de Rogemont emportait l'héritage qu'il demandoit , et mil escuz d une nart, et x.i' francs d'autre. Et il soit ainsi que de nouvel ledit de Rogemont, lui estant en la compaigme

NOBLESSE. 47 de nostre dicte compaigne et de nostredit cousin, soit aie de vie à trespassement. Et pour ce que en sa vie il n'a pas vérifié ledit accort fait eu son vivant entre lui et lesdiz de Lengres, et desdictes euvres, de fait obtenu de nous grâce, ladicte exposant se double que nostre procureur ou aucuns de noz baillis, prévosts, juges ou autres ofTiciers, ou temps avenir, pour occasion des entreprises, guerres et aultres choses dessus dictes, ne peussent ou voulsissent poursuivre contre elle à cause de sondit mary, et contre lesdiz compaignons, gens, serviteurs, complices et aliez de sondit mary, qu'il avoit en son vivant. Laquèle chose pourroit estre en son grant grief, dommage et préjudice, et aussi de tous lesdiz complaignans, gens, serviteurs, complices et aliez, que avoit lors avec lui icellui de Rogemont, se par nous ne lui estoit sur ce pourveu de remède, grâce, pitié et miséricorde, si comme dit ladicte exposant requérant humblement iceulx. Pour ce est-il , que nous , considéré ce que dit est , et que ladicte exposant, est femme vesve, et se sondit mary en son temps a fait aucunes choses où il chiee pugnicion ou amende, elle n'en doit point porter selon raison la pénitence, voulans aussi lousjours estre piteux et niiséricors envers les femmes, à icelle exposant, etc

(Suit la rémission adressée au bailli de Sens et d'Auxerre.)

Donné à Paris ou mois de juillet, l'an de grâce mil cccc et dix-huit et de nostre règne le xxxvni'. Ainsi signé.

Par le Roy,

G. Barrau.

(Arch. de l'Emp, Très. ,les Ch. Reg. JJ. 170, pièce 171.)

RkGNE DK CHARLES VI.

Rémission pour Philippe de Filliers, chemlier et chambellan du Roi, seigneur de Lacy et d'Ermenomnlle.

Paris, 5 décembre 1403.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir Nous avoir receu l'umble supplicacion des amis cbarnelz de nostre amé et féal chevalier et chambellan, Philippe de Villers, seigneur de Lacy et d^Erme-

nonville, contenant :

Comme le lundi, vint et deux jours d'octobre derrenierement passé, ledit Philippe de VilUers, qui ce jour avoit disné à Lusarches, en Vostel et en la compaignie de nostre amé et féal chevalier, Raoul de Gaucourt, seigneur dudit Lusarches en partie ; et après disner (eussent alez en l'ostel du Cerf, où demeure Jehan Savare, et avec eulx feu Guillaume Billart, pour lors procureur et receveur de nostre amé et féal chevalier et chambellan, Jehan Bétas, seigneur en partie dudit Lusarches, et plusieurs autres. En la présence desquel/, ledit Philippe de Villiers eust dit, que en ladicte ville et ou terrouoir d'icelle, il avoit xx et quatre arpens de coustumes, dont il ne devoit que quatre solzparisis par an, et on lui en demandoit de chascun arpent quatre deniers. A quov respondi ledit de Gaucourt, que il n'y avoit que douze arpens, qui dévoient cbascun quatre deniers; ledit de Villiers disant au contraire. Pour lequel débat les registres furent apportez, où l'en trouva que ledit de Villiers n'y avoit (lue douze arpens. Mais disoit toujours et maintenoit y avoir vingt et quatre

arpens. Pour (fuoy, ledit Raoul de Gaucourt se esmeut. Et eust plusieurs parolles entre eulx, et tant que ledit de Gaucourt eust dit, qu'il lui cousteroit avant cinq cens frans, que ledit de Villiers lui ostast riens de son héritaige. Après lesquelles parolles ledit Guillot Billart se feust bouté ou débat, disant audit de Villiers, que aussi n'osteroit-il riens de l'éritaige audit Bétas, son maistre. Pour lesquelles parolles, ledit de Villiers, qui riens ne disoit à ycellui Billart ne lui adréçoit ses parolles, et ne parloit ou entendoit parler que de son droit et de sa chose, couioucé et indigné, eust appelle ledit Billart, « sanglant villain! treiste jaques ! » Ledit Billart disant que non estoit, par plusieurs fois. Et par plusieurs fois l'en eust desmenti ledit Philippe, soy eschaufiant toujours en ses parolles, et appellant ledit Billart, « villain, treistre jaques, chien mastin, filz de putain, )) et en le démentant et menassant. Lequel Billart eust aussi dit audit de Villiers, qu'il avoit menti, en lui disant qu'il estoit en nostre sauve garde, tant comme famillier et officier dudit Bétas, nostre chambellan, et comme nostre fermier du Quatriesme aiant cours audit Lusarches. A quov icellui de Villers eust respondu « que nous en estions bien parez. » Et lors ledit Billart dist haultement « que aussi bien estions nous parez de lui comme dudit Philippe. » De quoy ledit Philippe, qui est noble homme, de grant lignée et grandement hérité ou pais, soy voyant ainsi vitupéré et injurié des parolles d'icellui Billart, qui estoit \in^ petit homme, de bas estât et de petite renommée, et en la présence de tant de gens, eust féru du poin*» ycellui Billart et mis main à lui, et avecques ce eust sachié son espée en volenté de l'en férir, si empeschié n 4

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50 RÉGIS E DE CHARLES Vï.

n'eust esté par ledit de Gaucourt et autres assistens. Et après, sans autre chose faire, feust ledit de Yilhers monté à cheval, et s'en fust alez en son chastel d'Ermenonville, en menassant ycellui Billartdele couroucier avant qu'il feust deux ou trois jours. Lequel de Vdliers, ainsi couroucié et eschauffé desdictes injures et parolles a lui dictes par icellui Billart, eust, icelle mesme nuit ou le lendemain avant qu'il feust jour, renvoie audit Lusarches, sur ses deux chevaulx, Colinet du Quesnel, escuier, et Simonnet de Lorris dit Secoiz ? naqaires ses serviteurs et familiers, garnis d'espées et pennars, en leur commandant et chargant de batre et navrer ledit GuiUot Billart. Lesquelx, pour leur fait acomplir feussent descendus tous embranchiez, et se feussent mis en esguet, le landemain jour de mardi, xxni^ jour dudit mois d'octobre, au matin en avant le jour, en l'ostel d'un mareschal ou fèvre dudit lieu de Lusarches, prez de l'ostel dudit feu Guillot Billart ; et eussent dit à la fille dudit fèvre qu'elle alast savoir se ledit Guillot Billart estoit a l'ostel, et qu'elle lui deist qu'il venist parler à eulx. Laquelle y ala, et leur rapporta qu'il estoit à l'ostel, et qu'il viendroitvoulentiers à eulx. Et ce fait, montèrent à cheval et alèrent àl'uis dudit Billart ou bien prez, et quant ilz vindrent prez dudit Billart, l'un d'eulx donna audit Billart d'une espée sur la teste, dont il eust grant plaie et grant effusion de sang. Et aussi fut féru d'un grant pennart en la jambe, au-dessoubz du gencuil, tant qu'elle fut prez que coppée. Et pour ce que icellui Billart se escria, haro ! au murtre! yceulx Colinet et Symonnet s'en feussent fuis audit chastel d'Ermenonville par devers ledit de Villers, leur maistre, (jui les eust receus et tenus.

Desquelles bateures et navreures ycellui Guillot Billart est alez de vie à trespassement. Pour occasion duquel fait, ledit de Villiers, doubtant rigueur de justice, se soit absentez dudit pais, etc

(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris et au bailli de Senlis avec la clause de l'amende civile pour Raoul de Gaucourt.)

Donné à Paris, le v^ jour de décembre, l'an de grâce mil cccc et trois et le xxiiif de nostre règne.

Par le Roy, en son grant conseil, où mons. le duc de Bourbonnois, messire Pierre de Navarre, le Connestable, le conte de Tancarville et plusieurs autres estoient.

Fréron.

(Arch. de l'Emp. Très, ries Ch. Reg. JJ. 158, pièce 149.)

XXITT

Rémission pour Pierre de Saveuses^ frère bâtard de feu Morelet de Saçeuses^ chevalier^ qui ai>ait tué un homme^ lequel avait insulté à la mémoire de son frère,

Paris, 20 juillet 1407.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de Pierre de Saveuses, bastart, filz de nostre amé et féal chevalier conseiller et chambellan , le sire de Saveuses,

Que feu Morelet de Saveuses, chevalier, frère dudit exposant, a esté à l'assemblée et desconfiture qui nagaires fut à Merc ^, ou service et compaignie de nostre très

\. -L'aflaire de Merck, qui eut lieu en 1405. Voy. notre Monstrelet, t. I, p. 100.

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52 HÈGNE DK CHARLES VI.

cher et très amé cousin, le conte de Saint-Pol, lors capitaine de Picardie, à Tencontre de noz ennemis les Angles. A laquelle assemblée ledit chevalier, pour sa vaillance, en ses armes faisant, fu occis et mis à mort par lesdiz nos ennemis, avecques plusieurs autres de sa compaignie. Laquelle chose ainsi venue à la congnoissance de Gilotle Vasseur, demourant en la ville de Heudebercamp, par hayne qu'il avoit à ycelui feu chevalier, dist publiquement par manière de rabais, moquerie et desrision « qu'il estoit délivrés de un de ses ennemis; dont il estoit moult joyeux. » Et ces choses ainsi dictes, en persévérant de mal en pis en sesdictes moqueries et desrisions, disoit et continuoit ycelles : « que ce n'estoit que orgueil et beubant d'icelui feu chevalier au temps qu'il vivoit, et que après sa mort noz sergens venoient de jour en jour adjourner et exécuter la femme et enfans dudit feu chevalier pour les debtes qu'il avoit acrutes pour aler en ladite assemblée et ailleurs; et ses enfans ne dévoient point faire le maistre, et qu'ilz n'avoient pas vaillant une potée de pois. » Lesquelles paroles ainsi dictes par ledit Gilot, venues à la congnoissance dudit exposant, frère dudit chevalier, fu moult courroucé etesmeu, lui recordant de la mort de son dit feu frère, avec la perte, prouffit et honneur que pour ce il a perdu, environ un an et demi après la mort de son dit feu frère, lui, thenant son chemin de Bailleul ou Mont à Pas, et en sa compaignie Huet d'Ambreville, apperçeuren tiédit Gilot le Vasseur entre Heudebercamp et le bois de la Baseche. Et lui, recordant des paroles et injures dictes par ycelui Gilot, alèrent à lui et tirèrent leurs espées et une demie lance, et le frappèrent en la teste et en plusieurs lieux de son

KOBLESSE. 53

corps, dont mort s'en ensuy en la personne d'icelui feu Gilot. Pour lequel fait, ledit exposant s'est absenté

du pays, etc

Donné à Paris le xx' jour de juillet, Tan de grâce mil mi*= et sept et de notre règne le xxvn%

Par le Roy,

G. Fortement.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 161, pièce 339.)

Rémission pour un seruiteur de Pierre des Essars.

Paris, août 1416.

Charles, etc, savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé humblement de la partie des parens et amis charnelz de Jehan Chevreau, natif de la ville de Gien sur Loire, aagié de xxviii ans ou environ, à présent prisonnier en nos prisons de Chartres, contenant :

Comme après la journée derrenièrement tenue en nostre pays de Picardie * par plusieurs nos parens et vassaulx à Tencontrede nostre adversaire d'Angleterre, à laquelle journée fut Pierre des Essars, escuier, duquel estoit et encores est serviteur ledit Pierre Chevreau, qui à ladicte journée fut avecques ledit Pierre des Essars, son maistre. Lequel Pierre, son maistre, demoura prisonnier de nostredit adversaire d'Angleterre ou de ses gens. Et ledit Jehan Chevreau qui estoit avecques lui, comme varlet gardant ses chevaulx, s'en retourna

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