‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 98 sur 264 · Palaiseau (^e/«e-e^-0/je · texte numérisé non relu

Palaiseau (^e/«e-e^-0/je

Ainsi signé : par le Roy, les contes de Vertus et de Tripoly et autres, présens, Malliere.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ, 170, 11° 129.)

L église fortifiée de Pont-sur- Yonne se rend par composition au bailli de Sens.

Paris, mai iil8.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu ruml3le supplicacion de Jehan de Pouthières, de Pons sur Yonne, chargié de femme et d*enfans, contenant:

Que comme ou mois de février derrenièrement passé ou environ, pour ce que les habitans de ladicte ville de Pons et autres, ou plusieurs d'iceulx, occupoient et détenoient l'église ou nioustier fort de celle ville, à nostre desplaisance et contre noslre voulenté et commandement, nostre bailli de Sens et grant nombre de gens d'armes, feust aie devant icellui fort. Et après que nostredit bailli et aucuns estans oudit fort, entre lesquelz estoit ledit suppliant , eurent parlementé ensemble , iceulx estans dedans icellui fort se feussent rendu à nous. Et ce fait moiennant certaine composicion et somme d'argent qu'ilzpromisdrentrendreet paiera nostredit bailli, pour pis eschever , ledit suppliant et plusieurs autres estans dedens icellui fort, eussent esté menez audit lieu de Sens et mis en nos prisons, etc. .

(Le suppliant s'en échappa, descendit avec une corde des murs de Sens, mais fut bientôt repris.) Paris, mai 1418.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch, Reg. JJ, 170, pièce 100.)

XXXÏX

Solde des gens de guerre.

Paris, février 1419.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receue Tumble supplicacion de Berlhelemi deRapaule, du pays de Gènes, contenant :

Comme Nicolas de Frézule et ledit Berthemi, estans connestables d'arbalestriers et gens de traict à gaiges en nostre service soubz certains capitaines de gens d'armes et de traict, ledit Nicolas ait soubztrait plusieurs compaignons pour servir soubz lui et soubz son capitaine, et n'ait baillié que trois frans ou environ à Hennequin de Montéfalé de ses gaiges de certain mois qu'il estoil soubz lui en garnison à Saint-Denis en France, dont il avoit receu dix frans, et par ainsi en ait retenu sept frans ou environ, et ne lésait voulu rendre audit Hennequin, lui sur ce sommé et requis par plusieurs fois. Et qui plus est, ait mis et fait mectre en prison ledit Hennequin audit lieu de Saint Denis, et usé de menaces contre lui quant il lui a demandé sesdiz gages. Et quant audit Berthelemi, ledit Nicolas lui ait soubzlraict de ses compaignons plusieurs foiz et les ait fait servir soubz lui et envoyé en garnison à Conflans Saincte Norine ' ou ailleurs. Et pour ces dommages et desplaisirs, ont, lesdiz Hennequin et Berthemi, menacié de battre ledit Nicolas. Eteulx estans

\, Conflans-Sainte-Honorine {Seine-et-Oise) .

84 RÈGiNE DE CHARLES VI.

à Tramblay, au voyage et armée qui derrenièrement y a esté fait, ilz y ont trouvé ledit Nicolas près de la forteresse, le dimencbe xmf jour de janvier derrenièrement passé, à midi ou environ, et ylleucques, meuz de chault sang et par temptacion de l'ennemi, l'ont battu et blécié en plusieurs parties de son corps, dont mort s'est ensuye en sa personne quatre jours après ou environ. En nous bumblement suppliant

(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris avec la clause. — « Parmy ce qu'il sera deux mois prisonnier au pain et à Teaue ou paiera dix livres tournois à l'Ostel Dieu de Paris. » )

Paris, février 1419.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch, Reg. JJ, 171, pièce 88.)

Lettres de rémission pour un homme cT armes qui auait fait sa soumission.

Paris, août U22.

Charles, par la grâce de Dieu Roy de France. Savoir faisons à tous présens et advenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Colinet de Versagnes, contenant :

Comme il se soit tenu en la compaignie des gens d'armes et de traict estans es villes de Crotoy et de Gamascbes et du pays d'environ, es places tenant le party contraire à nous , oultre et pardessus noz commandements et deffenses, et ait en leur compaignie fait plusieurs chevaucbées et entreprises, sans ce qu'il n'ait pillé ne robe, en commectant désobéissance et vice de crime envers nous. Et il soit ainsi que naguères

lui estant en ladicte ville de Gamasches, se soit traict pardevers nostre trèscher et féal cousin, Jehan de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir, lors estans en armes sur les champs, lequel l'a reçeu en nostre service et obéissance, en faisant le serment de la paix faicte entre nous et nostre trèscher et trèsamé filz et héritier, le Roy d'Angleterre, Régent le Royaume. Et incontinent nostredit cousin l'ait ordonné estre en la garnison de Bauchien, oii il nous a tousjours servy, et soit encores prest de nous servir; lui repentant et congnoissant qu'il avoit failly et mesprins envers nous, en voulant laissier l'iniquité et pertinacité de nosdiz ennemis. Et combien que ad ce il ait esté receu, néantmoins il double que à l'occasion de ce que dit est, et que paravant il avoitestéen la ville deSaint-Riquier, dont il fut excepté du traictié fait à la reddicion d'icelle; de laquelle reddicion d'icelle ville faicte à nosdiz adversaires, il est pur et innocent et sans conlpe, ne oncques à congrégacion, assemblée ou paroles qui feussent fai( tes ou dictes de la dicte reddicion à nosdiz adversaires, ne fut présent ne consentant. Maiz est vray, que au jour que ladicte reddicion se fist à nosdiz adversaires, il estoit à sa garde, au crestel, moult arrière de la porte où nosdiz adversaires entrèrent, noz officiers le voulsissent arguer, etc. . . .

Paris, août 1422.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch, Reg. JJ, 172, pièce 139.)

Mention d'une blessure faite par le canon. Rouen, avril U22.

Henri, parla grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu Tumble supplicacion de Marguerite de Pinon,damoiselle,aagéedexviii ans ou environ, femme de Micliiel Bouyer, escuier , de l'aage de xxv ans ou environ, à présent prisonnier à Meaulx, contenant :

Comme depuis la prise d'icelle ville de Meaulx, icellui escuier, quiestoiten icelle,ait tousjours esté detenu prisonnier et tous ses biens perduzet ses héritages prins et mis en nostre main, et lelement (|u il ne leur est riens demouré, et pour ce est en voye de mourir de fain es dictes prisons, où il est griefment malade et mutillé en l'une de ses jambes d'un coup de canon en manière qu'il ne se peut aidier, ne ladicte suppliante sa femme n'a de quoy lui administrer son vivre. . . .

Rouen, avril U22 avant Pasques.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 172, pièce 489.)

Mœurs fies gens de guerre. {Commerce de cuirs. — Runge.)

Paris, 21 mai 138t.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie des amis Pierre de Saint-Yre, ou diocèse de Lymoges , demeurant à

présent en la ville de Vierson, povre marchant, chargiéde femme et de plusieurs petiz enfans, prisonnier en nostre chastellet d'Orliens :

Que comme, de ladicte ville de Vierson, il eust mené en la ville de Soyme', cuirs tannez pour vendre à détail, lesquelz il ne vendi pas touz. Et en s'en retournant, les gens et officiers du seigneur de Soyme, qui le poursuirent, lui eussent fait faire amende, et le grevé et exploitié de certaine somme d'argent, pour ce que il disoient, lui estre partiz sanz paierie truage. De quoy il ne devoit riens, pour ce que touz les habitans de la ville de Virson sont frans et exemps de paier truages et péages, et de ce ont usé et usent. Pour cause de laquelle amende il entra en courroux et marencolie. Et après ce, en ala vers Jargueau, ou il vendi ses denrées. Et de Jargueau se mist au chemin de Chartres, pour aler veoir aucuns de ses amis charnelz demourans en la dicte ville de Chartres. Auquel chemin encontra certains gens d'armes qui estoient sur le pais, les quelx lui estèrent trois franz qu'il avoit , et en espérance de recouvrer son argent d'eulx, il se mist en la compaignie d'un homme d'armes, appelle Jehan Giron, et s'en ala avec lui jusques à Baux en Gastinois. Ouquel lieu, en l'ostel où il furent logez, il trouva es mareschausies un drap de lit et une aulne et demie de toile, qui estoient aux variés des autres gens d'armes, lesquiex il prist et emporta. Et aussi là où ilz furent logez, à Batilli % une femme dudit lieu presta audit Jehan Giron, son maistre, deux draps de lit pour son

\ . Souesnie {Loir-et-Cher), 2. Ratilly {Loiret).

coucher. El au matin, ledit son maistre lui dist qu'il les rendist à ladicte femme, et les raençonnast de quatre ou cinq solz. Lequel les bailla à ladicte femme, qui les raençonna. Et en ot ledit Pierre trois solz, dont il bailla àsondit maistre cinq blans, et en retint pour lui quatre. Et depuis ce, quant sondit maistre et lui furent logez avec les autres gens d'armes à Venoy sur Loire, ledit Pierre, qui ne vouloit plus estre en la compaignie desdictes gens d'armes, pour les maulx et inconvéniens qu'il vëoit qu'il fesoient, se paity par nuyt de son dit maistre, et print et lui embla une jument roge pour soy en aler plus tost en son pays. Et ainsi comme il s'en aloit, garny et saisy des choses dessus dictes et de ladicte jument, il encontra le pré-

vost de Chasteauneuf sur Loy re, lequel le prist et le mena en noz prisons de Chasteauneuf, et lequestiona et mist en geheine. Hors laquelle illuiconfessales choses dessus dictes. Et depuis a esté mené es prisons de nostredit Chastellet d'Orliens, où il est en aventure de son corps, ainsi qu'il dient, se par nous ne lui est sur ce impartie nostre grâce. De laquelle avoir il nous a fait humblement supplier. Pour quoy, nous, eue considéracion, etc....

Donné à Paris le xxi' jour de may , Tan de grâce mil Gcc quatre vins et un, et de nostre règne le premier.

Par le Roy, à la relacion de mons. le duc d'Anjou et du conseil.

P. Manhac.

(Arch. de l'Enip. Très, des Ch. Reg. JJ. 119, pièce 47.)

Femme qui s'était réfugiée dans un fort, et que le capitaine abandonne par faiblesse a ses gens d'armes.

Melun, 25 mai 1382.

Charles, etc. Savoir faisons à touz présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de xMahyet de Marquivillier, escuier, capitaine ou garde de la forteresse de l'esglise de Lumeauen Beausse :

Que comme le xxvf jour du moys d'Avril derrenièrement passé, huit hommes d'armes ou environ, armés de cotes de fer, de pièces d'acier, de glayves et autres harnois, feussent venuz à heure de jour levant ou environ, en la ville de Boigneaux, qui est à demie lieue dudit lieu de Lumeau ou environ. En laquelle ville de Boigneaux ledit Mahyet estoit couchiez. Et là roboient tout ce qu'il pourroient prendre et avoir. Pour doubte desquelz ledit Mahyet seleva, et hastivement s'en ala audit fort, pour icellui et les biens des bonnes gens qui y estoient et ancores sont, garder et défendre. Mais quant il y fut, les dictes gens d'armes y furent alez. Et trouva ledit Mahyet, quant il fu audit fort, que les dictes gens d'armes avoient pris et de fait tenoient nu chevaux et plusieurs lars et autres biens des bonnes gens dudit lieu de Lumeau. Pour lesquelz avoir et recouvrer, le dit Mahyet ala devers les dictes gens d'armes, qui estoient en la taverne en la dicte ville de Lumeau. Et avec eulz estoit assise, buvant, mangant et faisant bonne chière, une femme appellée Alipz, que Pon dit estre chamberière ou amie

du prestre de Lingny en Beausse. Et en parlant et traictant aux dictes gens d'armes de ravoir les dix chevaux et biens qu'il avoient pris, la dicte Alipz se eschappa d'eulz et s'en ala bouter au dit fort de Lumeau. Et quant ledit Mahyet s'en fu aie ou dit fort, qui de ce ne savoit riens, et avoit fine et accorde aux dictes gens d'armes, il vit venir iceulz gens d'armes devant le dit fort, qui prindrent plusieurs femmes dudit lieu de Lumeau. Et comme gens sanz raison et courrouciez, dirent au dit Mahyet et aux gens estans ou dit fort, que l'on leur baillast la dicte Alipz, et qu'il l'avoienl amenée avec eulz, ou en vérité ilz violeroient et emmeneroient avec eulz les femmes qu'il tenoient de la dicte ville de Lumeau et toutes autres du pais qu'il pourroient prendre et trouver. Pourquoy, les bonnes gens du paiz et qui estoient oudit fort, et les dictes femmes qu'il tenoient, crièrent mercy, et prièrent audit Mahyet qu'il ne voulsist souffrir leurs femmes eslre vilenées pour la dicte Alipz, que les dictes gens d'armes avoient amenée avec eulz et qui estoit femme diffamée et que on maintenoit estre amie dudit prestre de Lingny, et que mieulx la leur valoit bailler que laissier vilener tant d'autres bonnes femmes. A la voix et prière desquelz, ledit Mahiet, pour obvier à plus grant inconvénient, et afin que lesdictes femmes ne feussent vilenées, et pour bien et loyauté, et qui ne cuidoit en riens meffaire pour les choses dessus dictes, ouvry ledit fort, et dist aux dictes gens d'armes que se il avoit en icellui fort riens qui feust leur, qu'il le preissent. L'un desquelz entra ou dit fort, et prist par la main la dicte Alipz. Elle crioit, et disant que point n'yroit avec lui, en demandant aide audit Mahiet pour

NORLESSE. 9<

elle garentir. Lequel Mahiet, cuidant bien faire, pour eschever la deshonneur des autres femmes dudit pais, et non pensant point se meffaire pour ce qu'il l'avoient amenée et l'avoit ledit Mahiet veue avec eulz comme dit est, se consenti que les dictes gens d'armes emmenassent la dicte Alips, et la leur laissa prendre et emmener ainsi, disant à ladicte Alips : « Alez ! mamie, levez sus, ne vous laissiez pastrayner. » Laquèle Alipz, retournée d'avec les dictes gens d*armes , s'est alée plaindre du dit Mahiet au gouverneur du bailliage d'Orliens, qui pour le dit fait a ledit Mahiet fait emprisonner en nostre (]hastellet d'Orliens. Et pour ce, se doute et est en aventure de griève punicion ou de perdre son corps, se par nous ne lui est sur ce faicte

grâce, etc

Ce fu fait et donné à Meleun, lexxmi^ jour de may, Tan de grâce mil ccc im" et deux et le second de nostre règne.

Par le roy, à la relacion mons. le duc de Bourgoigne.

J. DE Monte ACUTo.

(Arch. de l'Emp. Très, des Cli. JJ. 120, pièce 307.)

Rémission pour un paysan limousin qui avait tué un Anglais

qui {>iolait sa femme.

Paris, juin 1389.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Noïis avoir esté humblement exposé de la partie des

lit

amis charnelz de Pierre Polet, povre laboureur de bras, du pays de Limosin :

Que pour le temps que noz ennemis ont tenu le chaslel de Chalucel, ledit suppliant estoit demourant on un vilaige appelle Saint-Ladre, près de îa cité de Limoges, et estoit lors marié à une jeune femme de l'aagede quinze ans ou environ. Et pour icellui temps un Anglois ou autre, de la garnison dudit chastel de Chalucel, vint tout seul à cheval en l'ostel dudit suppliant, et quant il fu descendu oudit hostel, il trouva icellui suppliant et sadicte femme qui se chauffoyent à leur feu. Et lors, icellui anglois dit audit suppliant tels paroles ou semblables en substance : « Villain ! il me fault avoir ta femme. » Lequel lui respondi : « Monseigneur, ne la me vueilliez pas tolir. » Et adont ledit anglois print sa dicte femme devant son dit mary, et coucha avecques elle et la congnut charnelment contre son gré et en la présence de sondit mary, lequel fu de ce moult iriez. Et pour ce, print un baston et féry ledit Anglois par la teste, lui estant sur sadicte femme, tèlement que tost après mort s'en ensuy en la personne. Et ce faict, ledit suppliant et sadicte femme portèrent de nuyl ledit Anglois en un puis, et après deslia son cheval et le laissa aler, ne sçet quelle part. Pour occasion duquel fait, ledit suppliant et sadicte femme se sont partis du pais, et sont venus demourer en la terre des religieux de Laigny sur Marne, en un vilaige nommé Montevrain, où ils ont demouré environ l'espace de cinq ans. Pendant lequel temps la femme d'icellui suppliant est alée de vie à trespassement. Et là s'est ledit suppliant gouverné simplement, vivant de son labour, jusques ad ce que, pour soupeçon de ce que la justice

des diz religieux de Laigny lui a imposé qu'il avait geté des pierres aux fenestres de Maciot le Maire et tué deux de ses canes. Parquoy il a esté mis es prison d'iceulx religieux, es quelles il a confessé Tomicide dessus dit. Pour occasion duquel, etc.

(Suit la rémission adressée au bailli de Meaux.)

Donné à Paris, au mois de juing, l'an de grâce mil CGC iiii" IX et de nostre règne le x'.

Par le Roy, à la relacion du Conseil,

Frérots.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. JJ. i38, pièce 262.)

Pillards.

Nous avoir receu l'umble supplicacion des amis charnelz de Guillaume le Harecoux, contenant :

Comme trente six ans a ou environ, que les guerres estoient lors en plusieurs parties de nostre royaume, se feussent assemblez plusieurs gens d'armes de compaigne et de plusieurs diverses nacions, et eussent pris leur retrait ou reffuge en rab[)aye de Gratain. * Les quelx pour lors [estoient] moult crains et doubtez ou pais et es parties d'environ, pour les grans extorcions, excès et maléfices que ilz faisoient. Avec lesquelz se mist et accompaigna feu Jehan de Bailleul, qui estoit né dudit pais de Gratain. En icellui temps feust venu

i. L'abbaye de Grestain, au diocèse de Lisieux.

ycelluide Bailleul, accompaignié d'un sien page, en la paroisse de Gonneville, en l'ostel d'une feaime vesve, qui avoit esté femme d'unseurnomméleDadianl. Et de fait, icellui de Bailleul prist des biens de ladicte femme pour le vivre et substentacion de lui et de son dit page; prist aussi en l'ostel d icelle femme deux paelles d'àrainS lesquelles de fait, et oultre la voulenté de elle, il emporta ou fist emporter par son dit page, combien que ce feust une grant partie du meuble d'icelle femme. Et pour ravoir icelles paelles, ycelle femme poursuy ledit de Bailleul et son dit page. En faisant laquellepoursuite,ladictefemmetrouvaleditGuillaume

Harecoux, duquel estoit marraigne, et lui dist ces paroles ou semblables : « Mon filleul, Jehan de Bailleul vient de mon liostel et y a pris sa réfection ou repast, et non obstant a pris à mon hostel et robe deux paelles d'arain, qu'il emporte. Si te prie, se tu peus, que tu y mectes remède. » Et lors ledit de Harecoux voulant faire plaisir à sa dicte marayne, comme tenus estoit de faire, ala pardevers ledit Bailleul, et lui dist qu'il voulsist rendre et restituer, et il feroit bien et aumosne, et se il ne le faisoit, fen en feroit plainte telle qu'il en auroit punicion. Lequel de Bailleul, non content d'icelles parolles, respondi audit de Harecoux, qu'il n'en feroit riens pour lui, et que c'esloit un faulx et desloyal villain. Et de fait, icellui de Bailleul, meu de félon courage, frappa ledit de Harecoux d'une fourche lierre ^ tellement et si fort que ledit Harecoux fut tout estourdi. Etlors icellui Harecoux, courrouciéet esmeu dudit cop que ledit de Bailleul lui avait donné, et

aussi de ce que indeuement et sans cause il emportoit ou faisoit porter les paelles de sadicte marayne, se saisit d'un pel de haye, pour obvier à la mort; doublant que ledit de Bailleul, qui estoit homme d'armes ou brigant, ne le tuast, le frappa dudit pel un cop, par la teste tant seulement. Duquel cop mort s'en ensuy tanlost après à la personne dudit Bailleul, si comme l'en dit. Et à icellui fait, vinrent et se assemblèrent plusieurs gens du pais, qui doubtoient ledit de Bailleul et les autres gens d'armes dudit lieu de Gratain, avec lescjuelx il s'estoit accompaignié comme dit est, et afin que icelluy page n'en portast les nouvelles à iceulx gens d'armes ou autrement, fut icellui page, par les dictes gens, pris et mis à mort. Lequel page estoit mal renommé, et pour punicions d'aucuns maléfices qu'il avoit commis, avoit eu une oreille coppée, comme l'en dit....

(Suit la rémission adressée au bailli de Rouen.)

Paris, janvier 1399.

(Arch. de TEmp. Très, des Ch. Reg. JJ, 15^, pièce 511.)

Pil/arrh.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et ave nir. Nous avoir reçeu l'umble supplicacion des amis charnelz de Guillaume Sans Avoir, escuier, contenant :

Que environ la feste Saint- Jehan Baptiste' iiii*^ et

i. Deux poêles de cuivre. — 2. Fourche de fer.

i. Le 24 juin.

xiTi, ledit Guillaume feust aie ou service de nostre trèscher et amé cousin, le duc de Bourgogne, en la compaignie deGaulier de Ruppes, chevalier, de Jehan de Vienne et d'autres capitaines. Duquel temps, en chevauchant depuis Monstereau ou fouit d'Yonne jusques ou pays de Bourgogne, il prist vivres sur noz subgiez sanz paier. Et depuis s'est tenu oudit pays de Bourgogne et es marches d'environ, en garnison en phisieurs places, par l'ordonnance de nostre dit cousin ou de son capitaine, et jusques à ce que nous meismesle siège devant Arras^, pendant lequel temps il vint ou pays d'Artois, et fu en garnison en la ville de Douay tant que nous feusmes devant ladicte ville d'Arras, et fist plusieurs courses avec ceulx de ladicte garnison de Douay sur les gens de nostre ost, en servant, contre noz expresses deffenses, nostredit cousin de Bourgogne. Et après ce que ledit Guillaume sçeut que nostre très cher et très amé ainsné filz, le duc de Guienne, avait fait de par nous certaine ordonnance et appoinctement devant ladicte ville d'Arras avecques nostre dit cousin de Bourgongne, icellui Guillaume se parti dudit Douay et s'en ala en la compaignie dudit Jehan de Vienne , avec lecjuel il a depuis esté par longtemps, vivant sur noz pays et subgez, sans riens paier. Et mesmement, devant notre ville de Chahlies, es faubourgs de laquelle il a esté logé par nu jours ou environ. Et encores a toujours persévéré en ce, avec ledit Jehan de Vienne, jusques à ce qu'il, et plusieurs autres, ont esté prins et destroussez par nostre amé et

i. Le 19 juillet, le roi était logé au village de Wancourt, à deux lieues d'Arras. (Voy, Monstrelet, t. III, p. 23.)

féal chevalier et chambellan, le sire de Gaucourt, et autres de sa compaignie. Pour lesquelz cas, ledit Guillaume a esté amené prisonnier en nostre Chastellet de Paris, etc, etc....

Paris, décembre 1414.

Par le Roy, les contes d'Alençon et de la Marche, messire Regnault d'Aiigenne, le sire de Moy et autres présens.

J. DE ViLLEBRESME.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 168, pièce 61.)

Gens (Tannes qui combattent des brigands. Paris, janvier 1414.

Charles, etc.... Que comme ou mois d'octobre der-

renier passé ot un an, un certain capitaine, dont

lesdiz exposans ne sçevent le nom, vint en ladicte

ville (d'Aussoy et Varennes, en Gastinoisj à grant foison

de gens d'armes, où il fut logié environ trois jours. Et

il soit ainsi que en un petit hameau nommé La Couarde,

à un quart de lieue près de ladite ville d'Aussay, se

logèrent en un hostel dix ou douze chevaulx, et par

espécial en lostel de Robin Bernart. Lesquelz pillèrent

ledit Robin, deffonsèrent son vin, rançonnèrent sa

femme de quatre escus, rompirent et despecèrent poz,

paelles, formes et bans, et menacèrent de tuer icelui

Robin, et de bouter le feu en son hostel. Et pour

double de ce, icelui Robin s'en fouy de sondit hostel

et s'en ala mucer es buissons. Et en soy fuiant, en-

contra dix ou douze brigans, qui lui demandèrent où 11 7

il aloit, et il leur respondit qu'il estoit desrobé et destruit avec sa femme et ses enfans à toujours mais perpétuelment, par les gens d'armes qui estoient en son hostel. Et ce fait, ledit Robin sVn alamucier comme dit est. Et lesdiz brigans vindrent entre heure de myenuyt, es hostels des dessus nommez, et les firent lever malgré eulx et à force, en leur disant et renyant Dieu , que s'ils n'alassent avec eulx ils bouteroient le feu en lors bostelz et les tueroient. Lesquelz, pour double de mort et aussi de feu, alèrent avec eux audit lieu de La Couarde, et illec, après mynuyt, assaillirent les gens d'armes qui estoient logiez en l'ostel dudit Robin. Et se combatirent lesdiz gens d'armes et brigans , tant que il en ot deux mors des dites gens d'armes, et trois brigans, et un que lesdiz gens d'armes pendirent : Sans ce que les dessus nommez y mistrent oncques la main. . . .

Paris, janvier 14i4.

Pillards.

Paris, février 14io.

Charles, par la grâce de Dieu Roy de France. Savoir faisons à touz présens et avenir. Nous avoir reçeu l'umble supplicacion des parens et amis charnelz de Jehan de Bonnay, jeune homme, de mestier de mareschal, aagié de xxii ans ou environ, prisonnier en nos prisons à Senliz, contenant :

Que comme troys moys a ou environ, Jehan de

Bonnay se feust parti de nostre ville d'Amiens, où il demouroit et a demouré par Tespace de deux ans ou environ, en ouvrant et aprenant ledit mestier de mareschal, et se feust acompaignié avec aucuns compaignons souldoiers jusques au nombre de xnn ou quinze ou environ, qu'il se disoient venir vers nostre ville de Paris, en entencion d'estre retenus souldoiers pour servir en armes et gaignier, comme jeunes gens ont acoustumé depuis deux ou trois ans ençà. Et en venant leur chemy, entre Dempmartin et Senlis, trouvèrent un ou deux marchans dudit Senlis, conduisant dix beufs qu'ilz menoient audit Senlis. Auxquels marchans boucliiers, Jehan de Bonnay et un autre de lad. compaignie, nomé George le Marchant, se adressèrent, en disant qu'il leur convenoit avoir un desdiz beufs pour eulx vivre, ou parole en substance. Et tant que lesdiz bouchers, pour eschaper et sauver leurs diz beufs et denrées, par manière de composicion et rencon, etc.

(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris et aux baillis d'Amiens et de Senlis.)

Paris, février 1415.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 169, pièce 66.)

fi

Querelle entre gens d'armes au sujet d un prisonnier ,

Paris, octobre 1417.

Charles, etc. Savoir faisons à tousprésenset avenir. Nous avoir receu l'humble supplicacion de Jehan Li-

lî

Ui

gier, escuier de la compaignie Jehan Raoulet , contenant :

Comme depuis un mois ença, ledit suppliant et autres d'icelle compaignie, feussent alez faire une course vers Corbueil , où ils prindrent aucuns prisonniers Bourguignons, entre lesquelz en ot un à sa part ledit suppliant. 11 amena à Paris et mist en garde en la rue de la Cossonnerie, à Paris, en Vostel des Mailles. Duquel liostel survint un appelle Thévenin Pignières, qui autrefois avoit esté en la compaignie dudit Jehan Raoulet et encores estoit. Et pour lors y avoient aucuns compaignons qui buvoient. Et pendant que on mectoit une nappe pour boire , icellui Pignières monta en hault, en la chambre où estoit ledit Bourguignon prisonnier et la chambrière dudit suppliant. Auquel prisonnier icellui Pignères dist : a Ribaut, traistre Bourguignon estes vous là? Je renye Dieu se je ne vous penspar la gorge, » avec plusieurs autres paroles. A quoy ycelle chambrière lui dist, que ce n'estoit pas bien fait,veu qu'il estoit prisonnier, et en rabsence de son maistre. Et icellui Pignères renya Dieu de rechief, en disant qu'il la gecteroit par les fenestres en bas, en elle appellant putain ribaude. Et en ce faisant et disant, survint icellui suppliant qui de ce oy aucune partie, et lui dist gracieusement, que ce n'estoit pas bien fait. Et sans autre chose faire ne dire lun à r autre, descendirent en bas pour boire avecques [les] autres compaignons. Et quant ilz feurent assis, ledit suppliant lui dist, que se ses varies y eussent esté, il ne eust osé faire ne dire ce qu'il avoit fait et dit, ou moins tèles paroles ou semblables en substance. Et adonc icellui Pignères , homme de petit et bas estât,

respondi, « que si eust; et que lui et eulx eust il bien fait saillir et la putain avecques » en meclant la main à l'espée. Et pour ce, un des varies dudit Jehan Ligier, véant son maistre ainsi foulé dudit Pignères, tira son espée, dont il le cuida férir, mais ceulx de sa cornpaignie l'en détournèrent, et par espécial son m.aistre.' Adonc icellui Pignières sailli hors de Pescot où il estoit assis, et de rechief tira son espée toute nue et en voult férir ledit suppliant. Et lors, icellui suppliant et autres de sa compaignie, saillirent leurs espées pour en cuidier férir ledit Pignières. Lequel pour ce s'en fouy en l'ostel du Plat-d'Estaing, en icelle rue. Et ledit suppliant, se voyant ainsi foulé et villené de lui, ala après et le poursuy jusques lez le sueil dudit hostel du Plat-d'Estaing, tenant son espée, de laquelle il lui donna un cop sur la teste. Pour lequel cop trois jours après ou environ, icellui Pignières ne laissa oncques à boire, mengier, ne aler à Saint-Clou, à une course qui y fut faicte, de laquelle il s'en fouy; dont ceulx de sa compaignie furent mal contens. Et depuis, par courroux que l'en dit qu'il a eu , s'est accouchié au lit. Lequel par son petit gouvernement, oultraige et faidte de garde de sa personne ou autrement, xv jours ou environ après ladicte bateure, il est aie de vie à trespassement. Pour occasion duquel cas, ledit suppliant doublant rigueur de justice, etc. . . .

(Suit la rémission, dans les considérans de laquelle on lit : k Et si a esté nagaires en plusieurs courses et destrousses, tant à Orsoy, à Saint- Cloud, comme ailleurs, pour la luicion et deffense de nous et de nostre royaume. » )

Paris, octobre \i\7.

{Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce 58.)

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Pillarfls tués et noyés par des paysans.

Creil, mars 1417.

Charles, par la grâce de Dieu Roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu rhumble supplicacion des parens et amis cliarnelz de Jehannin Bergeron , povre homme laboureur, nagaires demourent à La Rebeyrete, en la parroisse de Saint-Andreu, en la conté de La Marche, aagié de vint et cinq ans ou environ, chargié de femme et de troiz petiz en-

fans, contenant :

Comme deux ans a ou environ , grant nombre de gens d'armes, routiers et autres, eussent passé oudit pays de La Marche, y pilUé, robe, fait, commis et perpetré tous autres maulx , inconvéniens et dommages que Fen saroit nommer. Par quoy, ledit .lehannin, et plusieurs autres du pays [qui] avoient esté pillez et desrobez par lesdictes gens d'armes, et les femmes d'aucuns d'eulx ravyes et forcées, meuz et eschauffez desdiz maulx et inconvéniens intoUerables à l'encontre d'icelles gens d'armes, lesquelz persévérant tousjours de mal en piz, se assemblèrent ledit Jehannin et un thas d'autres voisins dommagiez comme dit est , jusques au nombre de huit ou environ, et se armèrent, les uns de lances, espées, et les autres de basions, pour résister aucunement ausdictes gens d'armes, ou autrement leur faire passer et widier plus tost le pays. Va en alant après, à certain jour, par cas de fortune, en trouvèrent trois, pillans et robansau lieu des Essartz

GfERRE. 103

en ladicte conté de la Marche. Et meuz de ce que dit est, de fait coururent sur eux, et ainsi que ilz se raencontrerent, frappèrent de chaude meslée sur l'un d'iceus, qu'il tumba à terre, mourut illec et fut enterré audit lieu des Essartz, et lesdiz deux autres furent prins et enmenez par ceulx de la compaignie. Et après aucuns jours, ledit Jehannin oy dire que les aucuns d'icelle compaignie les avoit fait noyer. Sanz que icellui Jehannin y feust oncques présent, ne consentant. Pour occasion duquel cas, etc. . . .

Creil, mars 1417.

[Très, des Cit. Reg. JJ. 170, pièce 124.)

Combat entre des paysans et des gens d^ armes de la garnison du château de Poix en Picardie.

Paris, juillet 1418.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et advenir. Nous avoir reçeu l'humble supplicacion de Miquelot le Carpentier, jeune liomme, né de la ville de t^lessiers sous Pois \ prisonnier es prisons du beffroy d'Amiens, contenant :

Comme le jour Saint- Barnabe ' derrenier passé, ledit suppliant et autres, jusques au nombre de six compaignons, de la garnison du chastel et ville de Poix, à laquelle nostre amé Ector de Saveuses, escuier, conseiller de nostre très cher et très amé cousin le duc de Bourgongne, les^ avoit commis Jehan de Semin ca-

d. Eplessier-sous-Poix (Somme). — 2. Le H juin. 3. Les {sic). Lis. : lors.

j04 RÈGNE DE CHARLES VI.

pilaiiie duJit lieu, feussent yssus dudit chastel pour aler en fourrage, et feussent alez en une maison ou censé de gens de religion nommée Marendoueul S qui ^ est assez prez de Sommereux et de la Verrière ^ En laquelle maison avoit ung censier nommé Robin Crespin, que on disoit tenir le party de feu le conte d^Armignac et qui soustenoit ceulx de son aliance, si comme l'en disoit. Et eulx arrivez en ladicte censé, ilz s'efforcèrent d'avoir une beste aumaille « pour la provision des compaignons de ladicte garnison. Et pour ce que icellui Crespin n'estoit mie en icellui hostel, aucuns de ses gens l'alèrent quérir en ladicte ville de Sommereux, où il estoit. En laquelle ville on faisoit ce jour la solennité et feste dudit saint Barnabe, comme on a acoustumé à faire. Auquel Crespin lesdictes gens dirent, que tantost il s'en alast en son hostel, et que les faulx traitres bourguignons de ladicte garnison y estoient, lesquelx emmenoient ses vaches. Et incontinant ledit Crespin commença à crier tèles paroles ou semblables en substance. « Pour Dieu ! aide! les fàulx traitres bourguignons sont en ma maison, qui veulent emmener mes vaches. » Et combien que en ladicte ville ceulx de ladicte garnison n'eussent oncques fait desplaisir, néantmoins ilz se assemblèrent bien en ladicte ville jusques au nombre de soixante compaignons et vint femmes ou environ. Et alèrent sur les champs jusques à ce qu'ilz trouvèrent et rataingnèrent lesdis six compaignons de la dicte garnison, qui emmenoient aucunes bestes aumailles de ladicte maison, entre les-

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