‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 99 sur 264 · Une bête à cornes · texte numérisé non relu

Une bête à cornes

quelx estoit ledit suppliant , en leur rescriant et disant tèles paroles : « Rendez vous, faulx traitres, chiens Bourguignons. » Et en disant lesdictes paroles les commencèrent à assaillir , en gectant contre eulx des bastons, pierres et autres choses. Et contre eulx lesdis compaignons se deffendirent. Et en sest (jr/c) estât les poursuivirent les dessusdis de ladicte ville, depuis icelle ville jusques en la ville de Gisencourt *, où il a bien deulx lieues de distance ou environ. En laquèle ville ils se combatirent, tèlement que en y otde navrez d'un costé et d'autre. Ouquel débat ou conflit, ledit Crespin fut féru et navré d'une flesche par l'un desdis six compaignons de ladicte garnison autre que ledit suppliant, tèlement que assez tost après il trespassa et Fen convint emporter mort. Et furent lesdictes bestes rescousses et ramenées. Et si fut prins et emmené par eulx de ladicte ville de Sommereux, l'un desdis six compaignons de ladicte garnison , nommé Willot Seffart, lequel ilz ont depuis renvoyé. Pour occasion de laquèle mort, occision et cas dessusdis, ledit suppliant a naguères esté prins en ladicte ville d'Amiens, et mené prisonnier ou beffroy d'icelle ville, et pour ledit cas interrogué, ou mis à question. Et est en adventure que bien brief il soit exécuté par justice, etc

(La rémission adressée au bailli d'Amiens.)

Paris, juillet 1418.

'Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce 163.)

i. Guisencourt (5''^>w///^).

LU

Pillard tué dans la ville de « Preys » eîi Auxerrois.

Paiis, août 1-418.

Charles, parla grâce de Dieu Roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. INous avoir receu l'humble supplicacion de Thévenin le Mondrat^ et Perrin Bole, poures laboureurs de bras , aagiez , c'est assavoir, ledit Thévenin de xxv à xxx ans, et ledit Eole de xx ans ou environ, demourans en la ville de Prevs * ou pays d'Aucerrois, contenant :

Que lesdis supplians et tous les autres habitans de ladicte ville de Preys ont esté et sont noz bons, vrais et loyaulx subgez, et ont tousjours obéy à noz ordonnances et aus mandemens qui faiz leur ont esté de par nous, en eulx déclarant et adhérant à la saincte poursuite faicte par nostre très chière et très amée couipaigne la Reyne, et par nostre très chier et très amé cousin le duc de Bourgongne, pour la réparacion du mauvais gouvernement de ce Royaume entrepris par feu Bernart d'Armignac au temps qu il vivoit, et ses complices. Et que, ou mois de janvier ou de février derrenièrement passé, une grant quantité de gens d'armes jusques au nombre de nf chevaulx ou environ, eulxdisans estre à nous et soubz le gouvernement ou bien vueillans de nostredit cousin, arrivèrent et se logèrent en ladicte ville de Preys. Et après ce qu'ils y orent séjourné l'espace de vin jours ou environ, se des-

\ . Saint-Prive ? ( Yonne).

partirent et deslogèrent, fors quarente d'iceulx ou environ, gens de petit estât et gouvernement, qui depuis y séjournèrent trois ou quatre jours, pour cuidier faire composer et raençonner à eulx lesdis habitans. Desquelz quarente ou environ ainsi demourez en ladicte ville de Preys après ce qu'ilz s'en furent deslogiez, trois compaignons que l'en disoit estre de leur compaignie, retournèrent incontinent en icelle ville. Et eulx, plains de malvaises et desraisonnables voulentez, boutèrent de fait le feu et brûlèrent un hostel appartenant à Jehan Monnin, habitant d'icelle ville et cousin germain dudit suppliant, en disant que se les villains ne se raençonnoient ou composoient à eulx, ilz mectroient le feu et bruleroient tout le demeurant de ladicte ville. Et ce fait, les deux d'iceulx trois compaignons se partirent incontinent de ladicte ville, et l'autre y demoura depuis ce l'espace de trois ou quatre jours , pour tousjours cuidier iceulx habitans faire composer et raençonner à lui. Durant lequel temps ledit suppliant et un nommé Milon Thieri iot , qui paravant s'estoient retrais assez près d'illec, en une ville nommée Courgy ^ pour doubte d'estre pris ou raenconnez d'icelles gens d'armes , désirans savoir Testât de leurs hostels et mesnages, se partirent d'icelle ville de Courgy, et s'en alèrent en ladicte ville de Preys. Ou ilz trouvèrent ledit compaignon logié en l'ostel desdis supplians, qui tousjours persévéroit en son malvais et dampnable propos, disant que se les villains de de ladicte ville ne se raençonnoient ou composoient à lui, il bruleroit et mectroit en feu et en flembe tout

Page 1