‹ Choix de poèmes;Chapitre 11 sur 95 · LE GEL · texte numérisé non relu

LE GEL

Ce soir, un grand ciel clair, surnaturel, abstrait. Froid d'étoiles, infiniment inaccessible A la prière humaine, un g^rand ciel apparaît. Il fige en son miroir l'éternité visible.

Le g"el élreint tout l'horizon d'arafent et d'or,

Le gel étreint les vents, la grève et le silence

Et les plaines et les plaines; et le gel mord

Les lointains bleus, où les beffrois pointent leur lance.

Silencieux, les bois, la mer et ce g-rand ciel. Oh! sa lueur immobile et dardante !

Et rien qui remuera cet ordre essentiel Et ce règne de neige acerbe et corrodante.

Immutabilité totale. On sent du fer

Et de l'acier serrer son cœur morne et candide ;

Et la crainte saisit d'un immortel hiver

Et d'un grand Dieu soudain, glacial et splendide.

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