‹ Choix de poèmes;Chapitre 14 sur 95 · SI MORNE · texte numérisé non relu

SI MORNE

Se replier toujours sur soi-même, si morne !

Gomme un drap lourd, qu'aucun dessin de flelir n'adorue.

Se replier, s'appesantir et se tasser

Et se toujours, en angles noirs et mats, casser.

Si morne! et se toujours interdire l'envie De tailler en drapeaux l'étoffe de sa vie.

Plier et replier ses mauvaises fureurs

Et ses rancœurs et ses douleurs et ses erreurs .

Ni les frissons sojeux, ni les moires. fondantes Mais les pointes en soi des éping-les ardentes.

Oh ! le paquet qu'on pousse et qu'on jette à l'écart, Si morne et lourd, sur un rayon, dans un bazar.

Déjà sentir la bouche acre des moisissures Gluer, et les taches s'étendre en leurs morsures.

Pourrir, immensément emmailloté d'ennui; Etre l'ennui qui se replie en de la nuit.

Tandis que lentement, dans les laines ourdies, De part en part, mordent les vers des maladies.

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