‹ Choix de poèmes;Chapitre 36 sur 95 · E8 UEJJIVKS · texte numérisé non relu

E8 UEJJIVKS

Elle ne dit rien d'abord — et je l'écoute ; Et son àme, que j'entends toute, Je la surprends luire et jaillir Et je la baise sur ses yeux.

C'est la bonne heure, où la lampe s'allume.

Où les aveux

De s'être aimés le jour durant,

Du fond du cœur profond mais transparent,

S'exhument.

Et l'on se <lit les simples choses :

Le fruit qu'on a cueilli dans le jardin ;

La fleur qui s'est ouverte.

D'entre les mousses vertes ;

Et la pensée éclose, en des émois soudains.

Au souvenir d'un mot de tendresse fanée

Surpris au fond d'un vieux tii'oir,

Sur un billet de l'autre année.

Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord ; Que notre ardeur claire et belle vainc l'habitude, Mégère à lourde voix, dont les lentes mains rudes Usent l'amour le plus tenace et le plus fort.

Je te regarde, et tous les jours je te découvre. Tant est intime ou ta douceur ou ta fierté : Le temps, certe, obscurcit les yeux de ta beauté, Mais exalte ton cœur dont le fond d'or s'entr'ouvre.

Tu te laisses naïvement approfondir, Et ton âme, toujoui's, paraît fraîche et nouvelle ; Les mAls au clair, comme une ardente caravelle. Notre bonheur parcourt les mers de nos désirs.

irest en nous seuls que nous ancrons notre croyance \ la f'ianchise nue et la simple bonté ; Nous agissons et nous vivons dans la clarté D'une joyeuse et translucide conliance.

Ta force est d'être frôle et pure infiniment, De traverser, le cœur en feu, tous chemins sombres, 3t d'avoir conservé, malgré la brume ou l'ombre, Fous les rayons de l'aube en ton âme d'enfant.

\vec mes sens, avec mon cœur et mon cerveau,

Wec mon être entier tendu comme un flambeau

Veis ta bonté et vers la charité

Sans cesse inassouvies,

Je t'aime et te louange et je te remercie

D'être venue, un jour, si simplement,

Par les chemins du dévouement.

Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,

Je sais, oh ! quel amour

Candide et clair ainsi que la rosée

Tombe de toi sur mon àme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants

Qui rattachent à leur brasier les flajnmes ;

Toute ma chair, toute mon âme

Monte vers ioi, d'un inlassable élan ;

)e ne cesse de longuement me souvenir

De ta ferveur profonde et de ton charme,

Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s'emplir,

Délicieuseineaî, d'inoubliables larmes.

Et je m'en viens vers toi, heureux et recueilli, Avec le désir lier d'être à jamais celui

LFS HKUHRS

Hi

Oui t'est et te sera la plus silre dos joies.

Toute notre tendresse autour de nous flamboie;

Tout écho de mon être à ton appel répond ;

L'heure est unique et d'extase solennisée

Etmesdoig-tssont tremblants, rien qu'à frôler tonftoiit,

Comme s'ils y touchaient l'aile de tes pensées.

Ardeur des sens, ardeur des cœurs, ardeur des âmes. Vains mots créés par ceux qui diminuent l'amour ; Soleil, tu ne disling-uos pas d'entre les flammes Celles du soir, de l'aube ou du raidi des jours.

Tu marches aveuglé par ta propre lumière, Dans le torride azur, sous les grands cieux cintrés, Ne sachant rien, sinon que ta force est plénière Et que ton feu travaille aux mystères sacrés.

Car aimer, c'est agir et s'exalter sans trêve ; 0 toi, dont la douceur baigne mon cœur allier, A quoi bon soupeser l'or pur de notre rêve ? Je t'aime tout entière, avec mon être entier.

Vous m'avez dit, tel soir, des paroles si belles Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous, Soudain nous ont aimés et que l'une d'entre elles. Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.

Vous me parliez des temps prochains où nos années, Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir; Comment éclaterait le glas des destinées, Comment on s'aimerait, en se sentant vieillir.

Votre voix m'enlaçait comme une chère étreinte,

Et votre cœur brûlait si tranquillement beau

Qu'en ce moment, j'aurais pu voir s'ouvrir sans crainte

Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau

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