UN SOIR
Celui qui me lira dans les siècles, un soir, Troublantmes vers,sous leursommeil ou sousieur cendre, Et ranimant leur sens lointain pour mieux comprendre Gomment ceux d'aujoui'd'hui s'étaient armés d'espoir,
Qu'il sache, avec quel violent élan, ma joie
S'est, à travers les cris, les révoltes, les pleurs,
Ruée au combat fier et mâle des douleurs,
Pour en tirer l'amour, comme on conquiert sa proie.
J'aime mes yeux fiévreux, ma cervelle, mes nerfs.
Le sang- dont vit mon cœur, le cœur dont vit mon torse;
J'aime l'homme et le monde et j'adore la force
Que donne et prend ma force à l'homme et l'univers.
Car vivre, c'est prendre et donner avec liesse. Mes pairs, ce sont ceux-là qui s'exaltent autant Que je me sens moi-même avide et haletant Devant la vie intense et sa rouge sag-esse.
Heures de chute ou de g-randeur! — tout se confond Et se transforme en ce brasier qu'est l'existence ; Seul importe que le désir reste en partance. Jusqu'à la mort, devant l'éveil des horizons.
Celui qui trouve est un cerveau qui communie Avec la fourmillante et larg-e humanité. L'esprit plong-e et s'enivre en pleine immensité ; Il faut aimer, pour découvrir avec génie.
Une tendresse énorme emplit l'âpre savoir. Il exalte la force et la beauté des mondes. Il devine les liens et les causes profondes ; 0 Yousqui me lirez, dans les siècles, un soir,
LES FORCES TUMULTUEUSES I sS
Comprenez-vous pourquoi mon vers vous interpelle? C'est qu'en vos temps quelqu'un d'ardent aura tiré Du cœur de la nécessité même, le Vrai, Bloc clair, pour y dresser l'entente universelle.
TOUTE LÀ FLANDRE