‹ Choix de poèmes;Chapitre 80 sur 95 · HÉLÈNE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE

Et que m'importe, à moi, que tu règnes ou non Sur ce pays funeste et désormais sans nom Dont les eaux des torrents et les eaux des abîmes En vain déborderaient pour effacer ses crimes? Ma volonté est morte et ne tend plus à rien, Ton insolent bonheur me fait haïr le bien ; Tout mon être est brisé jusqu'au fond de mon âme ; Il n'est plus un orgueil, il n'est plus une flamme Dans fnon sein dévasté, ni dans mes yeux déserts,

POLLUX

Tu mérites, ma sœur, ta peine et tes revers. Quand hier tu m'implorais et que tremblait ton âme Au bondissant assaut de deux amours infâmes, Je surprenais en toi, debout, malgré les deuils, La fermeté, l'ardeur, la révolte et l'orgueil Et je te promettais mon secours et mon aide; Aujourd'hui, sans raison, soudain, ta force cède,

HéLÊNE DE SPARTE igi

Tu ne demandes plus mon fraternel appui ;

Tu vas comme une aveujçle au devant de ta nuit;

Plus un cri de fierté ne sonne en ta poitrine ;

Ta beauté se prépare k n'être que ruine ;

Et tout cela t'arrive et tout cela se fait

Parce qu'un homme est mort que tu n'aimas jamais. HÉLÈNE

L'aimer ! Je faisais mieux, je lui vouais ma vie.

Un zèle, une tendresse intime, inassouvie

Encore et que jamais je n'avais découverts

Aux replis de ce cœur que foula l'univers,

Renouvelaient pour moi, jusques au fond, mon être.

Le roi était heureux, rien qu'à me voir paraître A me sentir le soir assise auprès de lui. J'étais le feu paisible incliné sur sa nuit. Et certe, il me sentait tout entière fidèle Tant ma main était calme et presque maternelle

POLLUX Adieu ! tu es vaincue et je ne tente plus De hausser jusqu'au mien ton front irrésolu ; Tu n'es plus rien au monde et tu n'es plus Hélène. Je sépare d'un coup ta fortune incertaine De la mienne, trop belle, et qui court le danger, En s'attardant ici de choir ou de changer : Le malheur est fatal à celui qui l'approche. Dans l'orag-e et le vent la pourpre s'effiloche : J'ai peur de ta présence. Adieu ! Adieu I

HÉLÈNE Va !

LES BLÉS MOUVANTS

A mon ami Alfred Voilette.

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