CHANSONS
L'enfant,qui ne connaissait pas Cet oiseau, fut si plein de joie, Que pour prendre une si grand9 proie Tendit sur l'arbre tous ses lacs.
Mais quand il vit qu'il ne pouvait ( Pour quelques gluaux qu'il pût tendre ) Ce eauteleux oiseau surprendre, Qui voletant le décevait ,
Il se prit à se mutiner, Et jetant sa glu de colère, Vint trouver une vieille mère, Qui se mêlait de deviner.
H lui va le fait avouer, Et sur le haut d'un buis, lui montre L'oiseau de mauvaise rencontre, Qui ne faisait que se jouer.
La vieille, en branlant ses cheveux, Qui jà grisonnaient de vieillesse, Lui dit : cesse, mon enfant, cesse, Si bientôt mourir tu ne veux,
De prendre ce fier animal ; Cet oiseau, c'est Amour qui vole, Qui toujours les hommes affole, Et jamais ne fait que du mal.
Oh ! que tu seras bien heureux, Si tu le fuis toute ta vie, Et si jamais tu n'as envie D'être au rôle des amoureux !
Mais j'ai grand doute qu'à l'instant Que d'homme parfait auras l'âge,
516 POÉSIES D1YBBSBS.
Ce malheureux oiseau volage, Qui par ces arbres te fait tant,
Sans y penser te surprendra, • Comme une jeune et tendre quête % Et foulant de ses pieds ta tête, Que c'est que d'aimer f apprendra.
1 Quête : proie.