‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 122 sur 135 · A MARGUERITE · texte numérisé non relu

A MARGUERITE

En mon cœur n'est point écrite La rose, ni autre fleur, Cest toi, belle Marguerite, Par qui j'ai cette couleur.

N'es-tu celle dont les yeux

• Ont surpris, Par un regard gracieux

Mes esprits !

Puisque ta sœur de haut prix,

Ta sœur, puoelle d'élite, N'est cause de ma douleur, C'est donc pour toi, Marguerite, Que je pris cette couleur.

Un soir ma fièvre naquit, Quand mon cœur

(*) Pièce conservée pour la singularité du rbythme.

Pour maîtresse te requit :

Mais rigueur D'une amoureuse langueur

Soudain paya mon mérite, Me donnant cette pâleur, Pour t'aimer trop, Marguerite, Et ta vermeille couleur.

Eh ! quel charme pourrait bien

Consumer Le souci qui s'est fait mien,

Pour aimer?

De mon tourment si amer,

La jouissance subite Seule ôterait le malheur Que me donna Marguerite, Par qui j'ai cette couleur.

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