‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 47 sur 127 · PREMIER LIVRE DES HYMNES · texte numérisé non relu

PREMIER LIVRE DES HYMNES

À TRÈS-ILLtlSlItB PBINCSSSE MARGUERITE DE FRANCE^ DUCHESSE DE SAVOIE.

HYAINE DE L^ÉTERNITÉ.

Tourmenté d'Apollon, qui m'a Tâme échaufTée, Je veux, plein de fureur ', suivant les pas d'Orphée, Rechercher les secrets de nature et des cieux, Ouvrage d'un esprit qui n'est point ocieux ' : Je veux , s'il m'est possible , atteindre à la louange De celle qui jamais par les ans ne se change : Mais bien qui fait changer les siècles et les temps , Les mois , et les saisons et les jours inconstans : Sans jamais se muer 3, pour n'être point sujette, Gomme reine suprême, à la loi qu'elle a faite.

O grande Éternité !

Tu maintiens l'univers en tranquille unité : De chaînons enlacés les siècles 4 tu attaches , Et couvé sous ton sein tout le monde tu caches , Lui donnant vie et force : autrement il n'aurait Membres, âme, ni vie, et sans forme il mourrait : Mais ta vive vigueur le conserve en son être,

* Faraur poétiqae. 3 Mner : changer ; de muiare,

* Ocieux : purcflsettz ; d*oUoaus. < Les temps et les homm*».

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