‹ Choix de poésies de P. de RonsardChapitre 39 sur 85 · A SA LYRE · texte numérisé non relu

A SA LYRE

Lyre dorée où Phœbus seulem^t Et les neuf Sœurs ont part également ,. Le seul confort qui mes tristesses tue , Que la danse oit s et toute s'évertue De t'obéir et mesurer ses pas Sous tes fredons accordés par compas^

I Oit : entend. ,

( *) Les seize premiers vers sont ane tradacUon du débat d« U première Pytbiqae de Pindaie.

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Lorsqu'on sonnant ta marques la cadence De l'avant-jeu, le guide de la danse.

Le trait flambant de Jupiter > s'éteint Sous ta chansffî, si ta chanson l'atteint : Et ay caquet de tes cordes bien jointes Son aigte dort sur la foudre à trois pointes ., Abaissant l'aile : adonc tu vas charmant Ses yeux aigus*, et lui, en les fermant, Son dos hérisse et ses plumes repousse^ Flatté du son de ta corde si douce.

Celui ne vit le cher mignon des dieux , A qui déplah ton chant mélodieux, Heureuse lyre, honneur de mon en&nce :

Je te sonnai devant tous en la France De peu à peu : car quand premièrement Je te trouvai, tu sonnais durement.

Tu n'avais fût 3, ni cordes qui valussent, Ni qui répondre aux lois de mon doigt pussent.

Moisi dutemps^ ton bois ne sonnait point; Lors j'eus pitié de te voir mal en point. Toi qui jadis des grands rois les viandes ^ Faisais trouver plus douces et friandes.

Pour te monter de cordes et d'un fût, Voire d'un son qui naturel te fût. Je pillai Thcbe ^ et saccageai la Fouille*, T'enriduBsant de leur belle dépouille.

Lors par la France avec toi je chantai. Et, jeune d'ans, sur le Loir inventai De marier aux cordes les victoires ,

I La fondre. * Mets.

' Jigut : perçants ; da latin aetUtu. ' Patrie de Pindare.

* Fti: bois; dn latin A«^» bâton. • Patrie d'Horace.

^t ^es grands rois les honneurs et les gloires.

Déjà, mon luth, ton loyer tu reçois, Et jà déjà la race des François Me veut nombrer entre ceux qu'elle loue , Et pour son chantre heureusement m'avoue. O Calliope , ô Cloton , ô les sœurs Qui de ma muse animez les douceurs !

Je TOUS salue, et resalue encore.

Par qui mon prince et mon pays j'honore.

Par toi je plais et par toi je sois lu : Cest toi qui fais que Ronsard soit élu Harpeur français, et quand on le rencontre, Qu'avec le doigt par la rue on le montre ; Si je plais donc, si je sais contenter, Si mon renom la France veut chanter.

Si de mon front les étoiles je passe * , \

Certes, mon luth , cela vient de ta grâce.

Sablimi feriam sidéra yertice.

(BoR., Od., I.. I, M.)

LE

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