‹ Choix de poésies de P. de RonsardChapitre 44 sur 85 · VI · texte numérisé non relu

VI

O fontaine Bellerie (**) , Belle fontaine chérie De nos Nymphes, quand ton eau Les cache au creux de ta source Fuyantes le Satyreau Qui les pourchasse à la course , Jusqu'au bord de ton ruisseau.

Tu es la Nymphe étemelle De ma terre paternelle :

Pource en ce pré verdelet, Vois ton poëte qui f orne D'un petit chevreau de lait , A qui Tune et l'autre corne Sortent du front nouvelet.

L'été Je dors ou repose Sur ton herbe , où je compose, Caché sous tes saules verts, Je ne sais quoi qui ta gloire Enverra par l'univers.

Commandant à la mémoire Que tu vives par mes vers.

L'ardeur de la canicule Ton vert rivage ne brûle, Tellement qu'en toutes parts

(*) Ode à llmilaUoD de œUe qn'Horaœ adresse à la fontaioe Bandasie» Od., III, 13.

(**) Fontaine près da village de Ooatore, liea de naissance da Toête.

Ton ombre est épaisse et drue Aux pasteurs venants des pares.

Aux bœufs las de la charrue , £t au bestial épars.

lo ' ! tu seras sans cesse Des fontaines la princesse, Moi célébrant le conduit Du rocher percé qui darde Avec un enroué bruit L'eau de ta source jazarde »

Qui trépillante se suit ^.

' Cri de joie et d'enthousiasme, imité Lympba fagui trepidare rivo.

des Grecs et des Latins. (Hokacb , od. II, 3^

Vowarde: babillarde; de jaaer, jaser.

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