SONNET DE JOACHIM DU BELLAY
Comme mi torrent, qui s'enfle et renouvelle Par le dégoût' des hauts sommets chenus. Froissant et ponts et rivages connus, Se fait, hautain une trace nouvelle :
Tes vers, Ronsard, qui par source immortelle Du double mont sont en France venus , Gourent , hardis , par sentiers inconnus , De même audace , et de carrière telle.
Heureuses sont tes nymphes vagabondes, Gastine* sainte , et heureuses tes ondes, O petit Loir, honneur du Vendomois!
Ici le lutfa , qui naguère sur Loire Soûlait^ répondre au mouvoir de mes doigts. Sacre le prix^ de sa plus grande gloire.
' Par le dégoût : par lei eaax qui de Charlei IX.
dégouttent. * SmOait : da latin tolère, avait
' Gaitine : dane le liaat Poitou, fait coatnme.
aojoord'hni partie da département des * Sacre le prix .* le dernier Yen da
Denx«SèTres. C'est dana la forêt de Cas- tercet n'est pas exempt de qaelqae
tine qae se trouvait l'abbaye de Croix- obscarité ; il faut l'entendre : consacre
Va], on Ronsard se retira après la mort ie prix de ta plut grande gloire.
(*) Nous ne pouvons mieux faire que de placer en tète du nouveau choix des œuvres poétiques de Ronsard cette pièce dont Tinspiratioa classique, Tallnre harmonieuse et le style hardi donnent un avant-goût si sincère de l'illustre auteur dont elle célèbre le génie.