‹ Choix de poésies de P. de RonsardChapitre 57 sur 85 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Les Muses lièrent un jour De chaînes de roses Amour, Et pour le garder le donnèrent Aux Grâces et à la Beauté , Qui , voyant sa déloyauté , Sur Parnasse Temprisonnèrent.

Sitôt que Vénus l'entendit.

Son beau ceston'elle vendit A Vulcain , pour la délivrance De son enfant , et tout soudain, Ayant l'argent dedans la main , Fit aux Muses la révérence.

Muses , déesses des chansons.

Quand il faudrait quatre rançons Pour mon enfouit , je les apporte .

Délivrez mon fils prisonnier :

Mais les Muses l'ont fait lier D'une chaîne encore plus forte.

Courage doneques , amoureux , Vous ne serez plus langoureux , Amour est au bout de ses ruses.

Plus n'oserait, ce faux garçon ,

I Cêstom : ceste, ceiotare de Vénaa

(*) Imitée d'AmciéoD.

Vous refuser quelque chanson', Puis qu'il est prisonnier des Muses.

Page 1