XII
Du Grand Turc je n'ai souci, Ni du Grand Tartare aussi ; L'or ne maîtrise ma vie , Aux rois je ne porte envie :
Je n'ai souci que d'aimer Moi-même, et me parfumer D'odeurs, et qu'une couronne De fleurs le chef m'environne.
Je suis, mon Belleau<^^) , celui
(*) CeUe pièce est imitée d'Anacréon.
(**) Voy. Amours, H, 0.
BBS ODES. 366
Qui veut vivre œjourd'hui :
L'homme ne saurait comialtre Si un lendemain doit être.
Vulcain, en faveur de moi.
Jeté prie, dépêche- toi De me tourner une tasse Qui de profondeur surpasse Celle du vieillard Nestor :
Je ne veux qu'elle soit d'or, Sans plus £ads-la-moi de chêne, Ou de lierre ou de frêne.
Ne m'agrave ' point dedans Ces grands panaches pendants.
Plastrons, menons ni armes :
Qu'ai-je souci des alarmes.
Des assauts et des combats?
Aussi , ne m'y grave pas Ni le soleil, ni la lune.
Ni le jour, ni la nuit brune , Ni les astres , ni les Ours* :
Je n'ai soud de leur cours , Encore moins de leur charrette, D'Orion, ni de Boëte'.
Mais peins-moi , je te suppli.
D'une treille le repli 4 Non encore vendangée :
Peins une vigne chargée De grappes et de raisins , Peins-y des fouleurs de vins :
' '^grotte : grave. s BoHê : le BootIct.
' Ovrs : coutcUationt. * Le repli : les rameaax tortueoi.
266 LIVfiE QUATBIEHE
Le nez et la rouge trogne D'un Silène et d'un ivrogne.