LE QUATRIÈME LIVRE
DE LA FRANGIADE.
Quand la nouvelle au père fut venue, D*ardeur et d'ire une bouillante nue Pressa son cœur, qui menu sanglottait A poings fermés Testomac se battait.
Et discourait en lui-même la sorte , Comment sa fille en la mer était morte. Il soupirait, et d'un bourbier fangeux Déshonorait sa barbe et ses cheveux :
11 rompt sa robe, et, tout privé de joie, Son fils Orée aux oracles envoie :
Auquel ( cherchant d'un cœur dévotieux Trois jours entiers la volonté des dieux Par mainte offrande en victime inmiolée) Telle voix fut du trépied révélée :
« Que le vieillard éteigne le tison , « Et Tarondelle ôte de sa maison. »
Telle parole, en doute répandue.
Fut aisément de ce prince entendue :
C'est de l'amour éteindre le tisQn , Et l'étranger chasser de sa maison , Qu'il cuidait' traître, infidèle et sans âme. Et du trépas de sa fille le blâme.
« En nul pays la foi n'a plus de lieu , Disait ce prince , et Jupin le grand dieu I9'a plus de soin de l'humaine malice, Et le péché ne craint plus la justice.
* D'an battement précipité. ' Cuidait : croyait.