ÉPAVES
Épaves que le flot emporte, il est des vies Que le flot de la vie emporte on ne sait où Et qui voguent à la dérive, d'un air fou, Loin des havres connus el des routes suivies.
Loques d'espoirs, lambeaux d'âmes inassouvies, Vieilles planches portant la blessure d'un clou, l'allés s'en vont couler à pic dans quelque trou Avec tout ce qui fut leurs vœux ou leurs envies.
On les voit s'agiter au creux des tourbillons, Puis, douloureusement grotesques, ces haillons S'enfoncent, et plus rien ne reste à la surface.
Courages morts, projets défunts, rêves déçus, Tout disparaît : le flot qui passe les efl"ace, Lt le grand flot des jours repasse par-dessus...