‹ Choix de poésiesChapitre 13 sur 130 · LE SOU · texte numérisé non relu

LE SOU

L'homme, gueux d'une idée, esprit de ruminant.

Rêve, rêve et refait sou rêve, allant, venant :

Chaque conception ramène la première,

Mais il croit, dès qu'il touche un rayon de lumière,

Manier des soleils et brasser rinfini.

Alors, vers ses deux mains, penchant son front jauni,

Il pèse avec amour ses trésors chimériques :

Ainsi l'enfant qui vient sur les marches de briques,

L'enfant pauvre qui vient sur les marches, s'asseoir.

Et qui compte son sou de l'aube jusqu'au soir.

L AME NUE

Le peu de foi que j"ai, ma raison me Tenlève,

Tout ce que j'ai de beau, ma raison me le prend...

Oh ! sois fou si tu peux, pauvre être, atome errant!

Tous nos paradis morts, l'extase nous les rend :

Uève et monte, plus haut toujours, plus haut sans trêve,

Et tu reconnaîtras que ton rêve était grand

Si tu te sens petit au sortir de ton rêve !

ARMA VIRUMQUE

A BAKUHY D AURRVILLY

Orgueil ! Cuirasse d'or, casque d'airain poli ; Armure surhumaine à la taille de Thorame ; Heaume fait de dédains, de pardons et d'oubli ; Flamme qui luitdans l'œil des Fiers, dès qu'on les nomme!

Baudrier de la foi ! Virilité du cœur !

Orgueil, consolateur fraternel du génie.

Qui fis Satan vaincu plus grand que Dieu vainqueur!

Baume dans le combat, chrême dans l'agonie !

Intime avènement des gueux qui sont nés rois! Lumière astrale, aux fronts divins souillés d'insultes ; Nimbe étoile des saints et des martyrs en croix ; Orgueil, bourreau du doute et réconfort des cultes !

Béni sois- tu, péché plus beau que la vertu, Toi qui venges les Forts de la force du nombre : Géant maudit des nains, Orgueil, béni sois-tu, Toi qui pleus des soleils sur l'envie et sur l'ombre I

L AME NUE

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