A ALFRED DE VIGNY
Maître au bras fort, géant de bronze et de granit, Cœur taillé dans l'airain, front moulé pour les heaumes, Demi-dieu survenu dans le siècle des gnomes, Près du cercueil ouvert d'un monde qui finit 1
0 poète ! Du fond des ombres où nous sommes, Je taime et te salue avec un respect saint, Toi qui portas la mort dans l'orgueil de ton sein Sans pousser un seul cri d'angoisse vers les hommes.
Tu mis ta large main sur ta poitrine en feu. Emprisonnant ton cœur dans sa torture intime. Et, trop lier pour vouloir un renom de victime, Tu gardas ton secret pour toi seul et pour Dieu.
C'est jusqu'au dernier jour que ta douleur sesttue : Les ans s'accumulaient sur les ans ennemis. Tant qu'à la fin, brisé d'efifort, tu t'endormis, Grave, immobilisant ton calme de statue.
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Tels, ci-ispés de superbe et de rage, hagards, Dans le carcan des rois ou sous le fouet de Fange, Les farouches damnés que sculptait Michel-Ange Arrêtent la pitié sur le hord des regards.
Leur chair se fend ; le fer se tord pour les étreindre : Mais eux, debout, hautains, et sans voir les bourreaux, Songent ; et quand la mort descend sur ces héros, Ils paraissent si grands qu'on n'ose pas les plaindre.
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