LA SAGESSE DE L'EUNUQUE
A BBNJAMIN CONSTANT
« Certes, dans les parfums et Tomljre du sérail, J'ai vu des corps choisis pour le baiser des princes : Flots de salin vivant, Heurs (ranibi-eel de corail, Moisson d'amour fauchée au lointain des provinces.
J'ai vn rituloue aux seins bronzés par l'air du ciel, I^aJuiveaux larges yeux,l;iMauresque auxreinssouples, Kt la vierge du Nord blonde comme le miel, Kl les filles d'Ilellas ({iii s'endorment par couples.
Mon oreille a connu le bruit de leurs sanglots, Et j'ai vu se mouiller leurs bouches purpurines l']l mourir leurs regards sous les cils demi-clos, Lorsque le vent du rut secouait leurs poitrines.
Moi, le sage aux yeux froids, l'alTranclii de la chair. Berger de ce troupeau que les hontes lourmentent. Je sais par quel prestige Allah nous le rend cher Et j'ai lu le secret de ses beautés qui mentent.
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Femme ! C'est pour un but que tes flancs sont pétris :
Allah t'a faite utile, Allah te veut féconde,
Mais il a refusé la splendeur des houris
A ton sein déformé par le berceau du monde.
Ton corps est laid, sans force, impur, lent au plaisir; Mais jusqu'à l'heure auguste où l'œuvre se consomme, Le mâle ne te voit qu'à travers son désir : La beauté de la Femme est dans les nerfs de l'Homme !
Parce que, la loi sainte a dit : « Reproduisez, » Ton seigneur croit t'aimer et tu crois être aimée ; Mais c'est le vœu d'en haut qui vous jette aux baisers. Et ta beauté finit quand la chair s'est pâmée.
Qu'importe? Ouvre en riant tes lèvres et les hras : . Femme, ce n'est pas toi, c'est Dieu qui les appelle. Tant que vivront les fils des fils, tu resteras Par l'éternel désir éternellement belle ! »
L AME NUE