‹ Choix de poésiesChapitre 92 sur 130 · L'APOTRE EN MARCHE · texte numérisé non relu

L'APOTRE EN MARCHE

Lhomme au manteau brun s'en va dans la neige, Brun dans la blancheur des gouffres alpins, Et les flocons blancs qui tombent des pins Saupoudrent sa cape de beige.

Seul et tout petit, comme un point vivant Suspendu dans les blancheurs de l'espace, Là-bas, puis là-bas, il chemine, il passe. Il tourne, emmené par le vent.

Il s'en vient de Home et va vers la Gaule, Dans les pays longs qu'il ne connaît point, La gourde au côté, le bâton au poing Et la besace sur l'épaule.

Il suR les torrents, longe les forèls.

Descend les coteaux, passe les rivières; Ses pieds courageux saignent sur les pierres Et s'embourbent dans les marais ;

l'espoir du monde 17?

Mais il va quand même et poursuit sa route, Sans peur ni fatigue et droit devant lui, Pour être demain plus loin qu'aujourd'hui Et trouver quelqu'un qui l'écoute.

Pour rencontrer ceux qui ne savent pas Et qui vont mourir avant le baptême, Pour leur dire à temps que Jésus les aime, Il se hâte et marche à grands pas.

Ses yeux de prophète oîi brûlent deux flammes Scrutent le désert des trois horizons, Cherchant près d'un bois le toit des maisons Où vont bientôt fleurir des âmes.

Par delà du gris, par delà du bleu,

C'est encor plus loin, c'est dans l'autre plaine.

Et l'apôtre va, car l'heure et la peine

Sont douces à qui porte un Dieu I

là

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