‹ Choix de poésiesChapitre 23 sur 81 · MELODIE · texte numérisé non relu

MELODIE

Quand le plaisir brille en tes yeux Pleins de douceur et d'espérance ; Quand le charme de l'existence Embellit tes traits gracieux, — Bien souvent alors je soupire En songeant que l'amer chagrin, Aujourd'hui loin de toi, peut t'atteindre demain, Kl de ta bouche aimable effacer le sourire ; ■ ■■ le Temps, tu le sais, entraîne sur ses pas Les illusions dissipées.

Et les feux refroidis, et les amis ingrats, Et les espérances trompées !

Mais crois-moi, mon amour 1 tous ces charmes naissants

Que je contemple avec ivresse S ils s'évanouissaient sous mes bras caressants.

Tu conserverais ma tendresse ! —

Si tes attraits étaient flétris.

Si tu perdais ton doux sourire,

La grâce de tes traits chéris

Et tout ce qu'en toi l'on admire.

Va, mon cœur n'est pas incertain :

De sa sincérité tu pourrais tout attendre. Et mon amour, vainqueur du Temps et du Destin, S'enlacerait à toi, plus ardent et plus tendre !

Oui, si tous tes attraits te quittaient aujourd'hui.

J'en gémirais pour toi ; mais en ce cœur fidèle

Je trouverais peut-être une douceur nouvelle,

Et, lorsque loin de toi les amants auraient fui.

Chassant la jalousie en tourments si féconde,

Une plus vive ardeur me viendrait animer.

♦ Elle est donc à moi seule, dirais-je, puisqu'au monde

H ne reste que moi qui puisse encor l'aimer ! »

Mais qu'osé-je prévoir ? tandis que la jeunesse S'entoure d'un éclat, hélas, bien passager, Tu ne peux te fier à toute la tendresse D'un cœur en qui le temps ne pourra rien changer. Tu le connaîtras mieux : s'accroissant d'âge en âge. L'amour constant ressemble à la fleur du soleil, Qui rend à son déclin, le soir, le même hommage Dont elle a, le matin, salué son réveil !

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