‹ Choix de poésiesChapitre 24 sur 81 · STANCES ÉLÉGIAQUES · texte numérisé non relu

STANCES ÉLÉGIAQUES

Ce ruisseau dont l'onde tremblante Réfléchit la clarté des cieux.

Paraît dans sa course brillante Etinceler de mille feux ; Tandis qu'au fond d'un lit paisible.

Où, par une pente insensible Lentement s'écoulent ses flots.

Il entraîne une fange impure Qui d'amertume et de souillure Partout empoisonne ses eaux.

De même un passager délire, Un éclair rapide et joyeux Entr'ouvre ma bouche au sourire.

Et la gaîté brille en mes yeux ; Cependant mon âme est de glace, Et rien n'effacera la trace Des malheurs qui nx'ont terrassé. En vain passera ma jeunesse Toujours l'importune tristesse Gonflera mon cœur oppressé.

Car il est un nuage sombre.

Un souvenir mouillé de pleurs, Qui m'accable et répand son ombre Sur mes plaisirs et mes douleurs.

Dans ma profonde indifférence,

POÉSIES DIVERSES Ifl

De la joie ou de la souflfrance L'aiguillon ne peut in'émouvoir ; Les biens que le vulgaire envie Peut-être enibel'iront ma vie.

Mais rien ne me rendra l'espoir.

Du tronc à demi détachée Par le souffle des noirs autans.

Lorsque la branche desséchée Revoit les beaux jours du printemps Si parfois un raj'on mobile.

Errant sur sa tête stérile.

Vient brillanter ses rameaux nus.

Elle sourit à la lumière ; Mais la verdure printanière Sur son iront ne paraîtra plus.

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