CHAMBRE DE MARGUERITE
{Marguerite ; seule, à sa quenouille.)
Une amoureuse flamme Consume mes beaux jours ; Ah ! 1« paix de mon âme A donc fui pour toujours !
Son départ, son absence.
Sont pour moi le cercueil ; Et loin de sa ppésence Tout me parait en deuil.
Alors, ma pauvre tête Se dérange bientôt ; Mon faible esprit s'arrête, Puis se glace aussitôt.
Une amoureuse flamme Consume mes beaux jours ; Ah ! la paix de mon âme A donc fui pour toujours !
Je suis à ma fenêtre.
Ou dehors, tout le jour
C'est pour le voir paraître.
Ou hâter son retour.
Sa marche que j'admire, Son port si gracieux.
Sa bouche au doux sourire.
Le charme de ses yeux ;
La voix enchanteresse Dont il sait m'embraser.
De sa main la caresse.
Hélas ! et son baiser...
D'une amoureuse flamme Consumant mes beaux jours ; Ah ! la paix de mon âme A donc fui pour toujours !
Mon cœur bientôt se presse.
Dès qu'il le sent venir ; Au gré de ma tendresse Puis-je le retenir ?
0 caresses de flamme !
Que je voudrais un jour Voir s'exhaler mon âme Dans ses baisers d'amour !